Chronique

Un spin-off exemplaire

C’est assez rare que le spin-off d’une super bonne émission atteigne ou dépasse la qualité de la série originale dont il dérive.

Better Call Saul n’a pas égalé, selon moi, le niveau de Breaking Bad. Penthouse 5-0 n’a pas insufflé la même fraîcheur dans nos écrans que Les hauts et les bas de Sophie Paquin. Et les fans de Buffy the Vampire Slayer débattent encore pour déterminer si Angel a vraiment surpassé son émission maîtresse.

À l’inverse, la délicieuse sitcom Catherine de Radio-Canada a complètement oblitéré les souvenirs plutôt pénibles de Majeurs et vaccinés. Et Frasier n’a pas à rougir des comparaisons avec Cheers.

Reste que les exemples de spin-off ratés dépassent largement ceux qui ont accompli leur mission (quasi) impossible d’améliorer le matériel de base. Parmi les pires, il y a récemment eu Joey, Ravenswood et The Carrie Diaries. Catastrophe, gâchis, dégât majeur.

Parmi les meilleurs, on retrouve The Good Fight, qui découle de l’excellente série The Good Wife du réseau CBS. L’Extra de Tou.TV, pardon, la section Véro.TV de l’Extra de Tou.TV (ouf !) propose maintenant à ses abonnés la version française de The Good Fight, qui s’intitule Une lutte exemplaire.

Si vous avez adoré The Good Wife (Une femme exemplaire, ça devient mélangeant), vous allez rapidement être aspiré par Une lutte exemplaire, qui ramène une poignée de personnages de notre série chouchou, dont la formidable avocate Diane Lockhart (Christine Baranski).

La première saison ne comporte que 10 épisodes et elle se dévore le temps d’une canicule, enfermé dans une pièce climatisée, si possible.

Une lutte exemplaire reprend un an après le dernier épisode de The Good Wife. Honnêtement, pas besoin d’avoir dégusté The Good Wife pour savourer pleinement Une lutte exemplaire. À part quelques références qui vous échapperont ici et là, l’histoire se tient par elle-même.

Dans le premier épisode, les associés évoquent le nom d’Alicia Florrick (Julianna Margulies), la chic héroïne à escarpins du volet original, mais la caméra ne la montre jamais fouler les corridors du cabinet Lockhart, Decker, Gussman, Lee, Lyman, Gilbert-Lurie, Kagan, Tannenbaum et associés (répétez ça à l’envers, maintenant). Oubliez Alicia. Elle ne reviendra pas.

Les projecteurs suivent plutôt Diane Lockhart, qui fignole les détails de sa retraite de chez Lockhart, Decker et Machin Chouette. Elle songe même à acquérir une magnifique propriété en Provence.

Mais voilà, pouf !, Diane perd toutes ses économies dans un scandale financier à la Bernie Madoff. Le pire ? C’est son vieil ami Henry qui l’a roulée dans la farine. Pauvre Diane.

Son ancien employeur refuse de la reprendre et Diane atterrit dans une firme moins bling-bling, où bosse également l’avocate Lucca Quinn, ancienne partenaire d’Alicia Florrick dans The Good Wife.

La reconstruction de Diane, dont le mariage vacille, commence. Tout comme celle de sa filleule Maia, la fille de Henry qui a floué de nombreux investisseurs. Fraîchement reçue comme avocate, Maia souffrira beaucoup des malversations de son papa. Diane la prendra heureusement sous son aile.

En plus des intrigues classiques d’avocat, comme dans Suits, Une lutte exemplaire touche à des sujets d’actualité chauds comme l’élection de Donald Trump, la brutalité policière, l’âgisme et le terrorisme.

C’est intelligent, comique et touchant. C’est une série pour adultes friands de télévision qui contient des nutriments et de la substance.

Le personnage le plus intéressant demeure celui de l’élégante, brillante et comique Diane Lockhart. Elle est tout simplement géniale.

Et comme Une lutte exemplaire a été conçue pour le service de télé en ligne de CBS, les personnages peuvent sacrer et être moins « vanille » que dans The Good Wife. Une autre bonne raison pour s’y brancher.

En anglais, les épisodes sont présentés sur la chaîne canadienne W. Vous les retrouverez également sur iTunes.

Et le sondage donne ?

Alors, la longueur idéale d’une télésérie, selon vous ? Vous avez été nombreux à réagir à ma chronique d’hier. La réponse qui a été fournie le plus souvent se situe entre 10 et 13 épisodes par année. Vous aimez les émissions plus compactes, exception faite de District 31, bien sûr. Vous n’aimez pas quand une série s’étend sur plus de six saisons.

Dernier truc : non, vous n’avez pas manqué deux heures de la minisérie Olivier à Radio-Canada. L’œuvre s’est étalée sur huit épisodes – et non dix comme je l’ai écrit. Mon erreur !

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