Indonésie

Un nouveau séisme fait au moins 82 morts à Lombok

Le puissant séisme d’une magnitude de 6,9 qui a secoué l’île touristique de Lombok, en Indonésie, hier, a tué au moins 82 personnes, une semaine après qu’un autre tremblement de terre a fait une quinzaine de morts dans la même région.

Le bilan n’a cessé de s’alourdir au cours de la journée d’hier. Les dernières informations communiquées en soirée faisaient état de 82 morts. La plupart des victimes ont été ensevelies sous leurs maisons. Plusieurs centaines de personnes ont également été blessées.

Le tremblement de terre a aussi endommagé des milliers de bâtiments, selon le témoignage d’un porte-parole de l’agence indonésienne de gestion des catastrophes à l’Agence France-Presse. Une alerte au tsunami, levée par la suite, a suscité la panique, les habitants se précipitant pour trouver un lieu sûr, a expliqué le porte-parole. 

« Il y a eu un énorme mouvement de foule », raconte le Montréalais Louis-Philippe Grégoire, qui se trouvait dans la ville de Mataram, dans l’ouest de l’île.

L’électricité a manqué dans de nombreuses villes de la petite île volcanique à la suite du séisme, ce qui a compliqué la tâche des secouristes.

Une autre secousse, qui a donné lieu à une brève alerte au tsunami, a aussi été ressentie dans l’île de Bali et pourrait y avoir fait des dommages. Il y a tout juste une semaine, un tremblement de terre d’une magnitude de 6,4 avait fait 16 morts dans l’île de Lombok.

« C’était terrifiant »

En vacances en Indonésie depuis deux semaines, Ariane Bissonnette et Coralie Laflamme-Lefebvre se dirigeaient vers une fête au centre-ville de Kuta Lombok lorsque le sol s’est mis à trembler, aux alentours de 19 h 45, heure locale.

« Sentir le sol, l’asphalte, se lever sous nos pieds, voir les bâtiments trembler et les poteaux électriques bouger comme des spaghettis, entendre les gens crier, la vaisselle se casser au sol… c’était terrifiant », a raconté Ariane Bissonnette à La Presse.

En scooter, les deux amies de Laval et de Montréal ont tenté de trouver un refuge en hauteur. Il leur fallait s’éloigner des immeubles risquant de s’écrouler et d’un éventuel tsunami.

« Je n’avais qu’une idée en tête : fuir. »

— Ariane Bissonnette, Québécoise en vacances en Indonésie

Le village où se trouvent les deux Québécoises est situé tout au sud de l’île. Selon les autorités indonésiennes, la plupart des victimes de la catastrophe étaient dans le district de Lombok-Nord, la zone la plus touchée par le séisme. L’épicentre était situé à environ 2 km à l’est-sud-est de Loloan, à l’extrême nord.

Alerte au tsunami levée

À Kuta Lombok, « le tremblement de terre a semblé durer une éternité », a lancé Ariane Bissonnette. Puis, le chaos. « Sur la route, il y avait des familles de quatre ou cinq par scooter, des camions de construction à benne remplis de locaux et de touristes, des gens qui pleuraient, qui criaient. »

Loin de la ville, les jeunes femmes se sont réfugiées en montagne. La police est finalement arrivée, leur a dit que l’alerte au tsunami était levée, qu’il n’y avait plus de danger. « Avec beaucoup de crainte, nous sommes redescendues dans une ville quasi déserte. »

Plus à l’ouest, dans la ville de Mataram, le Montréalais Louis-Philippe Grégoire était en pleine rue durant le séisme.

Il a d’abord vu la foule s’agiter, sans comprendre ce qui se passait. Puis, il a senti le sol bouger lui aussi, le faisant basculer de gauche à droite, durant ce qui lui a paru quelques secondes seulement.

Il a ensuite rejoint sa conjointe, puis le couple s’est dirigé vers un terrain vague, sur le bord d’une route. Une famille de Français s’est arrêtée et les a amenés à l’hôpital, situé à 10 km à l’intérieur des terres, une structure assez solide et assez haute pour se réfugier à l’étage en cas de montée des eaux.

« Manque d’information »

Louis-Philippe Grégoire a noté l’inquiétude chez les Lombokois, pour qui il ne s’agissait pas d’une « situation habituelle » non plus. « On sentait la crainte et la panique », a-t-il dit. Quant aux voyageurs, la plupart de ceux qu’il a croisés ont essayé de retourner vers l’île de Bali, indique-t-il.

« Nous, on n’a pas encore décidé », a-t-il ajouté. Ce qui rend les décisions plus difficiles à prendre, dit le Québécois, c’est le manque d’information. Les autorités locales n’ont pas fait de déclarations officielles. Louis-Philippe Grégoire consulte le site du gouvernement canadien ponctuellement, tout comme Ariane Bissonnette, à Kuta Lombok, qui est en contact avec l’ambassade au cas où il faudrait évacuer.

Pendant ce temps, la vie reprend son cours dans les zones moins touchées de l’île, pendant que le Nord doit se relever. À Mataram, « la ville est active », a raconté Louis-Philippe Grégoire. Au moment de parler avec La Presse, vers 9 h, heure de Lombok, le marché battait son plein devant ses yeux.

— Avec l’Agence France-Presse

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.