Des exemples québécois

Montréal

Dans la métropole, par exemple, « la température annuelle moyenne était 6,3 °C de 1951 à 1980, alors qu’elle était de 6,9°C pour la période 1981 à 2010, est-il écrit. Selon le scénario d’émissions élevées, la température annuelle moyenne projetée est de 8,9 °C pour la période 2021 et 2050, 10,9 °C pour la période 2051 à 2080 et 12,5 °C pour les trente dernières années de ce siècle. »

Kuujjuaq

À l’extrémité nord du Québec, dans la communauté de Kuujjuaq, les graphiques de DonneesClimatiques.ca illustrent une situation renversante. La moyenne de température annuelle, en 2000, se situait à - 4,3 °C, alors que pour 2050, le scénario pessimiste pointe vers - 1,2 °C, une augmentation de près de trois degrés. La variable « jour de gel », c’est-à-dire le nombre de jours où on passe sous 0, passe de 233 jours en à 217 jours, soit une quinzaine de jours de moins au cours de la période 2000-2050.

Saguenay

En 2000, la température la plus chaude enregistrée dans la région du Saguenay a été de 33 °C. En 2050, le scénario du « laissez-faire » indique que la température pourrait atteindre 35,9 °C. Inversement, dans le même intervalle, le nombre de journées passées sous la barre de - 15 °C passerait de 62 jours à 46 jours, une chute de 16 jours.

Environnement

Ottawa lance sa plateforme de prévisions climatiques

Des petites collectivités aux grands centres urbains, une nouvelle plateforme rendra plus accessibles que jamais les prévisions climatiques, afin de permettre aux Canadiens à travers le pays d’entrevoir l’avenir qui guette leur région et leur municipalité.

Le site DonneesClimatiques.ca, mis sur pied par le gouvernement fédéral, est le fruit d’une collaboration entre plusieurs institutions de recherche. Il donnera un accès inédit aux meilleures informations disponibles dans un environnement numérique simplifié.

L’annonce a été faite hier matin par la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, dans les bureaux du Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM), là où s’est principalement construite la plateforme.

La ministre a souligné le caractère accessible du site, qui permettra aussi de combattre le discours antiscience, selon elle.

« Cet outil est très important, car il y a toujours une disparité entre ce que les scientifiques savent et ce que sait le grand public à ce sujet. Cet outil devient une ressource pour ceux qui auraient des doutes sur l’importance des changements climatiques. »

— Catherine McKenna, ministre de l’Environnement 

Pour les sceptiques, la possibilité de vérifier les scénarios climatiques futurs de leur propre coin de pays pourrait les aider à comprendre l’ampleur du défi que posent les changements climatiques. 

Le Canada se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde, selon un rapport gouvernemental publié plus tôt cette année. Dans le Grand Nord, c’est jusqu’à trois fois. « Les impacts des changements climatiques ont coûté plus de 2 milliards de dollars de dommages aux Canadiens l’an dernier, a déclaré la ministre McKenna. C’est une hausse de 500 % en 20 ans. »

Le site permet de comprendre les changements climatiques, ses effets actuels et attendus, sous de nombreuses facettes. Les options de recherches se divisent par emplacements, par variables et par secteurs.

Scénario de Montréal

Il est possible d’observer l’évolution de la température depuis les années 1950 et de suivre les tendances jusqu’à la fin du XXIe siècle, à travers trois scénarios de réchauffement. Un texte d’accompagnement est généré pour dresser un portrait de la situation.

Précipitations, jours de gel, degrés-jours de climatisation : les données peuvent aussi être explorées à travers une série de variables précises. Pour Montréal, par exemple, la température du jour le plus chaud en 2000 était de 33,5 °C. Selon un scénario de laissez-faire en matière de réduction de GES, la température du jour le plus chaud de 2050 pourrait atteindre 37,1 °C.

La variable « nuits tropicales » est particulièrement révélatrice. Selon ce même scénario, la fréquence des « nuits tropicales », définies comme les nuits où la température dépasse les 20 °C, augmente substantiellement : alors qu’en 2000 il y en a eu 10, on arriverait à 34 nuits au-dessus de 20 °C en 2050.

Polyvalence avant tout

Avec son interface simple et léchée, DonneesClimatiques.ca se veut la ressource par excellence pour les décideurs qui désirent intégrer les dernières informations sur le climat dans leurs orientations politiques. Des conseillers de Longueuil et de Laval étaient sur place pour s’enquérir des meilleures façons de tirer profit de la plateforme.

De la même façon, les élus d’un océan à l’autre, des régions rurales aux centres urbains, pourront trouver des informations sur leur municipalité et leur région. La ministre McKenna a dit espérer que les décideurs s’approprieront ces données.

La science du climat pourrait être intégrée plus facilement dans une foule d’autres secteurs, comme celui de la construction ou encore celui de la santé. D’ailleurs, une attention particulière a été donnée aux impacts des changements climatiques sur la santé, domaine qui a servi de pilote pour le lancement du projet. Les données peuvent être téléchargées et intégrées dans d’autres travaux, selon les besoins des utilisateurs.

Une plateforme « durable »

« Le plus grand défi, c’était d’intégrer autant de données pertinentes dans une interface qui soit le plus accessible possible », a déclaré Daniel Granger, membre du conseil d’administration du CRIM.

Alain Bourque, PDG d’Ouranos, consortium de recherche sur les changements climatiques établi à Montréal, s’est réjoui de la création d’une plateforme « durable », sur laquelle un travail en continu sera porté. « Ça répond à une foule de besoins », a-t-il déclaré.

DonneesClimatiques.ca est le fruit de 14 mois de collaboration entre Environnement et Changement climatique Canada, le Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM), Ouranos, le Pacific Climate Impacts Consortium (PCIC), le Centre climatique des Prairies (CCP) et HabitatSeven.

Climat

Juillet a été le mois le plus chaud jamais mesuré

Le mois de juillet 2019 a été le plus chaud jamais mesuré dans le monde, a indiqué jeudi l'Agence océanique et atmosphérique américaine NOAA, confirmant des observations émises par l'Union européenne il y a quelques jours. L'agence américaine a aussi précisé que la chaleur record avait également « réduit la banquise dans l'Arctique et l'Antarctique à des niveaux historiquement bas ». Selon la NOAA, la température moyenne de la planète en juillet était 0,95 degré Celsius au-dessus de la moyenne du 20e siècle, de 15,8 degrés Celsius, ce qui en fait le mois le plus chaud jamais enregistré, pour des mesures remontant à 1880. Le mois le plus chaud précédemment enregistré était juillet 2016. « Neuf des dix mois de juillet les plus chauds ont eu lieu depuis 2005, les cinq dernières années ayant été les cinq plus chaudes », a affirmé l'agence.

— Agence France-Presse

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