Banque Laurentienne

Les employés acceptent l’offre de l’employeur

Les syndiqués de la Banque Laurentienne ont accepté à 81 % l’offre patronale pour le renouvellement de leur convention collective. Cette proposition finale avait été déposée par la direction le 1er mars. Deux jours plus tôt, on annonçait l’abolition de 350 postes, soit environ 10 % de l’effectif, dans le cadre d’un vaste plan de restructuration. Hier, 671 membres ont pris part à l’assemblée tenue au centre-ville de Montréal. « Le syndicat a décidé de ne faire aucune recommandation sur l’offre, a indiqué le SEPB-Québec dans un communiqué. Autrement dit, il n’a conseillé ni son rejet ni son acceptation. La section locale s’en est plutôt remise à la décision de l’assemblée générale. » Environ 1200 employés, représentés par le Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB-Québec), affilié à la FTQ, se trouvaient sans contrat de travail depuis l’échéance de leur convention en décembre 2017. Les négociations avaient été entamées en 2016.

— Marissa Groguhé, La Presse

South by SouthWest

Le patron d’Element AI revendique un meilleur encadrement

Austin, Texas — Il est rare qu’un président d’entreprise lève la main pour inciter les gouvernements à encadrer son secteur d’activité, mais pour le dirigeant de l’entreprise québécoise d’intelligence artificielle Element AI, Jean-François Gagné, cela va plutôt de soi.

Si certains des conférenciers présents cette semaine à South by Southwest (SXSW) ont abordé l’aspect de la réglementation dans le cadre de leur passage à Austin, au Texas, le cofondateur de la jeune pousse ayant vu le jour en 2016 – et qui compte quelque 500 employés – a plutôt profité de sa tribune à ce festival de technologies et d’innovation pour consacrer un atelier complet à cette question.

Alors que les avancées de l’intelligence artificielle et la capacité d’apprentissage des logiciels pour réaliser une multitude de tâches sont souvent citées, plusieurs s’inquiètent des impacts de cette nouvelle technologie sur leur vie, leurs emplois ainsi que sur la protection des données personnelles.

« Je pense que c’est ce qui fait en sorte que la question de l’encadrement y est pour beaucoup, c’est parce que la population voit qu’il peut y avoir des impacts », a expliqué M. Gagné, au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, au terme de sa présentation, évoquant au passage des thèmes comme la voiture autonome et la reconnaissance faciale.

Bien qu’il reconnaisse qu’il est inusité de voir un dirigeant d’entreprise d’intelligence artificielle inciter les gouvernements à agir, le patron d’Element AI estime que ce mouvement prend de l’ampleur et que les lois peuvent aussi donner un coup de pouce au développement des affaires.

« Par exemple, plus ma technologie est explicable, plus mes clients seront meilleurs à l’utiliser. Il y a un bénéfice commercial immédiat. Nous avons un rôle à jouer pour aider les gens à apaiser leurs craintes. »

— Jean-François Gagné

Celui-ci estime également qu’une définition plus précise des règles du jeu pourrait inciter des bailleurs de fonds aux poches profondes – comme des investisseurs institutionnels – à financer des sociétés du secteur, puisqu’il y aura plus de « prévisibilité ».

De longue haleine

M. Gagné milite sur ce thème alors qu’Element AI, qui a réalisé une ronde de financement de plus de 137 millions de dollars en 2017 auprès d’un consortium réunissant notamment Real Ventures, Intel Capital, Microsoft Ventures ainsi que la Banque Nationale, entre dans une année charnière de sa jeune histoire.

Elle est sur le point de mettre en marché certains de ses produits permettant d’éliminer des tâches répétitives grâce à des systèmes informatiques capables de s’améliorer eux-mêmes. Les secteurs visés sont ceux de la cybersécurité, de l’assurance, de la finance ainsi que de la logistique.

« C’est une année au cours de laquelle il nous faudra demeurer concentrés et ne pas perdre de vue notre objectif fondamental en raison de distractions. »

— Jean-François Gagné

Néanmoins, il continuera à s’impliquer dans la promotion de l’éthique dans le secteur de l’intelligence artificielle, étant donné que ce n’est probablement pas demain la veille qu’un gouvernement légiférera sur cette technologie.

À l’heure actuelle, certains gouvernements ont mis de l’avant des stratégies alors que certaines entreprises ont déterminé les limites qu’elles ne voulaient pas franchir. D’autres initiatives ont également été déployées, comme la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’intelligence artificielle, qui a été dévoilée en décembre dernier, après plus d’un an de consultations.

« Nous avons un rôle à jouer comme leader dans ce secteur pour aider les gouvernements à se pencher sur les vrais problèmes, a souligné M. Gagné. Il faut vraiment agir pour résoudre les problèmes à la racine. »

Le président d’Element AI participe, depuis l’automne dernier, à un groupe de 52 experts nommés par la Commission européenne pour réfléchir sur les enjeux entourant l’intelligence artificielle. Parallèlement, l’entreprise se prépare aussi à publier, dès cette semaine, un rapport qui se penchera sur l’utilisation responsable des fiducies de données.

Signe que cette nouvelle industrie continue à soulever beaucoup de questions, un rapport publié en septembre par Forbes Insights relevait qu’en dépit de la réputation du Canada comme pépinière d’intelligence artificielle, le déploiement de cette dernière n’a pas encore été un « véritable succès » pour les entreprises du pays.

Sur une liste de 10 pays, le Canada se classait au dernier rang, avec seulement 31 % des entreprises qui adoptent de la technologie revendiquant un déploiement réussi de l’intelligence artificielle.

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