L’ apprentissage de Cale Fleury

Tout n’est pas parfait, mais le jeune défenseur trouve ses repères dans la LNH. Et il n’est pas du tout dépassé par les événements.

« Je sais que je peux être meilleur »

— Cale Fleury

Cale Fleury jure qu’il n’a pas encore vécu de moment « bienvenue dans la LNH ». Aucune gaffe, aucun moment loufoque sans le vouloir, aucune insulte majeure de la part d’un adversaire, rien. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne va pas se souvenir de ses deux premiers matchs dans la grande ligue.

Le premier a eu lieu jeudi soir en Caroline, contre les Hurricanes du frangin Haydn. Le deuxième était samedi soir à Toronto, où il a pu goûter à la rivalité que l’on sait entre le Canadien et les Maple Leafs.

Pour un gars de la Saskatchewan, qui jouait au hockey junior il y a deux ans à peine, ça commence à faire pas mal de choses à digérer en même temps.

« Je me serais probablement souvenu de mon premier match pendant toute ma vie de toute façon, mais ce fut encore plus spécial parce que mon frère était juste en face, a expliqué le jeune défenseur hier à Brossard. Ensuite, jouer un match du samedi soir à Toronto, vraiment, on ne peut demander mieux ! »

Il n’y a jamais rien de certain au hockey – et dans la vie en général, d’ailleurs –, mais s’il faut se fier à ces deux premiers matchs, Fleury est avec le Canadien pour de bon. À 20 ans, et après avoir passé la saison précédente à Laval, dans la Ligue américaine, ce choix de troisième tour au repêchage de 2017 ne semble pas du tout dépassé par les événements.

Même si tout n’est pas parfait.

« J’ai parlé aux entraîneurs et je sais qu’il y a des aspects de mon jeu sur lesquels je dois travailler, a-t-il admis. Je sais déjà que je dois travailler sur mon positionnement.

« Mais je dirais que la plus grande différence quand on arrive dans cette ligue, c’est qu’on ne peut pas se permettre de rester trop longtemps sur la glace et de se faire prendre à la fin d’une présence, sans quoi on se retrouve face à des gars frais et dispos qui viennent à peine de sauter sur le jeu. Étirer les présences, on peut s’en tirer dans la Ligue américaine et dans les rangs juniors, mais pas dans la LNH. »

« Je ne trouve pas que ça va si vite. Ça ne va pas plus vite que lors de notre dernier match préparatoire contre les Sénateurs, qui avaient une formation à peu près complète ce soir-là. Le jeu est peut-être un peu plus physique que lors des matchs préparatoires, mais à part ça, ce n’est pas si différent. »

— Cale Fleury

Si vous avez remarqué que Fleury semble inébranlable, flegmatique, le genre à n’être dérangé par rien, dites-vous bien que Brett Kulak, son partenaire de jeu à la ligne bleue, a lui aussi remarqué la même chose.

« Il m’a impressionné lors des deux premiers matchs, a reconnu le défenseur. Il joue bien et il sait se servir de ses forces. Il joue de manière physique et il fait circuler la rondelle. Il est toujours prêt pour la prochaine présence sur la glace. »

Des défis en défense

Dans le camp montréalais, l’émergence de Fleury est assurément une belle surprise, et il faudra que ça dure, parce que la jeune saison permet déjà de constater que le Canadien aura des défis en défense en 2019-2020. On conviendra aussi que cette équipe ne pourra pas toujours faire comme samedi soir et gagner des pétarades de 6-5.

« On a laissé notre gardien à lui-même lors du match à Toronto, a admis Kulak. Ce n’est probablement pas une bonne habitude à prendre… on sait à quel point Carey [Price] est bon, mais il ne faut pas non plus en abuser et trop se fier à lui. Alors nous allons devoir être meilleurs que ça devant lui. »

La bonne nouvelle pour le Canadien et ses partisans, c’est qu’ils sont plusieurs parmi les défenseurs à estimer pouvoir faire mieux. À commencer par le plus vert du groupe.

« Je suis content de mes deux premiers matchs, mais je sais aussi que je peux être meilleur, a ajouté Fleury. Je sais qu’il me reste encore du chemin à faire. »

Prochain match : Canadien c. Sabres, demain (19 h) à Buffalo

Le Canadien

Décryptage de tweet, avec Keith Kinkaid

Après la spectaculaire victoire du Canadien contre les Maple Leafs de Toronto samedi, Keith Kinkaid nous a offert l’un de ses tweets caractéristiques.

On aurait dû le voir venir. Le gardien nous avait prévenus que c’était une question de temps quand il s’est joint à l’équipe le 1er juillet dernier. Il nous avait prévenus que ces tweets faisaient partie intégrante de qui il était, et qu’il se promettait de continuer à surprendre à coups de micromessages.

Pour le plaisir, nous avons déchiffré avec lui cette première missive, qui donne le ton.

Le M dans le cercle est le symbole de « maximum » en ingénierie, et représente Max Domi. « Je donne tout le mérite à ma copine », a reconnu Kinkaid. Cette phrase reviendra souvent, d’ailleurs.

La fleur de lys est Phillip Danault, pour des raisons culturelles évidentes. Le personnage blond avec une moustache est Brendan Gallagher. Kinkaid reconnaît qu’il ne savait pas trop comment représenter son énergique coéquipier.

« Je ne pensais à rien d’autre ! Gallagher a les cheveux blonds et il a parfois une moustache malpropre, avec une barbe. C’était le personnage qui lui ressemblait le plus. »

— Keith Kinkaid

Poursuivons avec la main qui tient un crayon, qui représente Jonathan Drouin. On pourrait penser qu’il s’agit d’un hommage aux habiletés de Drouin, mais il s’agit plutôt d’un subtil jeu de mots. Drouin est surnommé « Dru » (prononcé à l’anglaise, drew), et le verbe anglais draw (dessiner) au passé simple se dit… drew. Donc, la main qui dessine.

« Celui-là est très brillant », a admis le gardien, visiblement fier.

Vient ensuite la boîte de pétri, donc Jeff Petry, évidemment.

« C’était l’idée de ma blonde. Je n’aurais jamais pensé à ça non plus », a encore dit Kinkaid.

Suivent le symbole de fusée, donc Shea Weber, en hommage à son tir foudroyant (« assez évident »), et le drapeau finlandais, pour Artturi Lehkonen. Mais que se passera-t-il quand c’est plutôt Jesperi Kotkaniemi qui obtiendra un point ?

« J’ai en déjà un de prêt pour Kotkaniemi », a assuré le gardien.

Puis il y a le guépard, référence à la vitesse de Paul Byron, et finalement le symbole de dollar pour Carey Price. Logique, pour toutes les raisons.

« Ça fait trois ou quatre ans que je le fais, les partisans aiment ça, ça les fait participer. Ils sont encore plus excités après les victoires, et je m’amuse beaucoup avec ça. Didi Gregorius le fait pour les Yankees, je suis un gros partisan des Yankees. Je lui ai volé l’idée. Allez, les Yankees ! »

Kinkaid est aussi très présent dans les vidéos Instagram de sa conjointe Jaclyn Phillips, entraîneuse de mise en forme et cascadeuse. Pendant qu’elle présente ses conseils de santé et de nutrition à ses 15 000 abonnés, il est généralement derrière à faire le pitre.

« On aime s’amuser et garder l’ambiance légère. Elle a plusieurs clients qui aiment son authenticité. Elle n’est jamais trop sérieuse, et nous sommes des gens assez légers qui aimons avoir du plaisir. »

Un match cette semaine

Plus sérieusement cette fois, Kinkaid jouera au moins un match cette semaine, foi de Claude Julien. Oublions tout de suite celui de jeudi contre les Red Wings de Detroit, le match d’ouverture au Centre Bell. Oublions probablement celui de samedi contre les Blues de St. Louis, champions en titre. Il reste celui de demain, à Buffalo, contre les Sabres.

Kinkaid, évidemment, n’a pas dévoilé le plan. « L’entraîneur n’a rien confirmé encore. J’y vais un jour à la fois. »

« Nous allons devoir jouer trois matchs en quatre jours, et c’est certain que ce ne sera pas le même gardien pendant les trois matchs », s’est limité à dire Claude Julien.

Dans tous les cas, impossible de nier qu’il s’est bien débrouillé en matchs préparatoires. Il a bien fait malgré des mois d’inaction à titre de troisième gardien des Blue Jackets de Columbus. Cette semaine, il aura donc l’occasion de démontrer exactement les raisons pour lesquelles le Canadien est allé le chercher : un, gagner des matchs, et deux, le faire pendant que Carey Price se repose.

L’an dernier, Antti Niemi n’avait gagné que 8 matchs en 17 départs. Son inconstance avait aussi forcé Julien à surutiliser Price, qui n’avait eu qu’un soir de congé entre le 19 février et l’avant-dernier match de la saison (quand le Canadien était officiellement éliminé).

« J’aborde ce premier match comme tout autre match. Je me suis senti très bien en matchs préparatoires, j’essaie de garder mon cardio au sommet et de rester prêt grâce aux entraînements. Je serai là pour l’équipe quand elle aura besoin de moi. »

— Keith Kinkaid

Kinkaid a 151 matchs d’expérience dans la LNH. Il a occupé les fonctions de gardien numéro un au New Jersey durant les nombreuses blessures à Cory Schneider. Il a même trouvé le moyen de se monter une fiche de 26-10-3, avec une efficacité à ,913 en 2017-2018.

C’est cette version de Kinkaid que Marc Bergevin espère être allé chercher. Il devra toutefois atteindre les mêmes standards, mais à titre d’auxiliaire.

« Comme partant, tu dois toujours être prêt et tu as moins de séances d’entraînement. Comme adjoint, tu as plus de moments pour t’entraîner. Si tu aimes moins une partie de ton jeu, tu as le temps d’y travailler. Tu passes plus de temps sur la glace. J’ai fait les deux, et au fond, je suis surtout heureux de faire partie de cette équipe. »

— Avec Richard Labbé, La Presse

Le Canadien

Cousins blessé

Nick Cousins n’aura fait que passer lors de l’entraînement d’hier à Brossard. L’attaquant a dû partir rapidement en raison d’une blessure, dont la nature exacte n’a évidemment pas été dévoilée par l’équipe. Cousins, on le rappelle, a été laissé de côté par l’entraîneur-chef Claude Julien lors des deux premiers matchs de la nouvelle saison.

— Richard Labbé, La Presse

La Presse et le 98,5 lancent une balado de hockey

La Presse, en partenariat avec le 98,5, vous présente une nouvelle émission balado, intitulée Sortie de zone. Tous les lundis et vendredis, les équipes des sports des deux médias croiseront le fer pour discuter de hockey, analyser les plus récentes transactions, décortiquer les enjeux et apporter un regard neuf sur l’actualité de notre sport national.

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