Critique  Fugazzi

Sortir à Pointe-Saint-Charles

Fugazzi Pizza

Pour une soirée animée entre amis (et manger de la pizza) dans le quartier Pointe-Saint-Charles

Le saviez-vous ? Pointe-Saint-Charles est le nouveau quartier en vue. Même l’événement C2 Montréal a décidé de s’y installer, la semaine prochaine. Pas étonnant qu’on voit de plus en plus de restaurants, cafés et bars s’y pointer le nez. Ouvert en janvier dernier, le Fugazzi Pizza incarne bien l’effervescence de ce quartier en transformation.

C’est vendredi soir, et ça grouille de monde au Fugazzi, la nouvelle pizzeria de Pointe-Saint-Charles. Au téléphone, on nous avertit : n’arrivez pas en retard, car au-delà de 15 minutes, votre place sera donnée. Un bon indicateur du degré de popularité de l’endroit, mené par le groupe Barroco (Barroco, Foeigwa, Atwater Cocktail Club).

On s’y rend comme destination finale ou de passage, pour terminer la soirée au superbe bar à cocktails le Milky Way, à la voûte vitrée, situé à l’étage. Pour y entrer, il faut s’armer de patience, car la liste d’attente s’allonge vite, surtout en ce vendredi soir à la température clémente.

Petit truc : donnez votre nom au gentil mais imposant monsieur qui garde la porte du bar en arrivant au restaurant. Avec un peu de chance, une fois votre repas terminé, vous pourrez vous faufiler dans les très « instagramables » escaliers ornés d’inscriptions de néon, qui donnent accès au bar et à sa liste impressionnante de cocktails créatifs.

Pizza, pasta, etc.

Au restaurant, le menu d’inspiration italienne met évidemment la pizza à l’honneur. Nous le parcourons en sirotant un cocktail promptement commandé dès notre arrivée – un Revitalift, à base de gin, vermouth, xérès, ananas et prosecco, un peu trop porté sur l’ananas à notre goût, et un Colomba, celui-là bien équilibré, avec tequila, mezcal, amaro, pamplemousse, thym et tonic. Côté pizza, à la napolitaine (croûte mince), les propositions vont de la minimaliste « La Rossa », avec tomates, ail et origan, à la roborative « Rocco », avec saucisse italienne et béchamel au fromage.

Quelques choix de pâtes maison, d’entrées (boulettes, burrata, bâtonnets de mozzarella…) et de légumes complètent l’offre. Après quelques tergiversations, nous arrêtons notre choix sur l’entrée de pieuvre, qui nous fait de l’œil, accompagnée d’un légume, le chou-fleur César. Gnocchis et pizza suivront. Est-ce assez ? Amplement, nous assure notre sympathique et dégourdie serveuse, en nous versant en carafe le vin de macération (Sylvaner, Weingut Schmitt 2016) sur lequel nous avons jeté notre dévolu ce soir. Et elle aura bien raison !

Notre coup de cœur de la soirée va sans contredit au poulpe, parfaitement cuit. Son mariage avec la sobrasada, une saucisse espagnole à la texture molle tartinée au fond de l’assiette, est gagnant. Ajoutez à cela des patates grelots et des rondelles d’oignons doux finement tranchées et voici le résultat : l’assiette est engloutie en deux temps, trois mouvements.

Le chou-fleur ne laisse pas d’impérissables souvenirs. La demi-crucifère, aux fleurons grillés, quelque peu noircis, est servie avec une sauce de style César et des croûtons. L’accord, sans être mauvais, n’est pas renversant.

Notre plat de gnocchis de ricotta au four ne réinvente pas la roue non plus avec sa sauce tomate et son fromage gorgonzola. Mais pourquoi changer une formule gagnante ? Le plat, bien gratiné, est hautement satisfaisant avec ses gnocchis moelleux comme tout. Divin !

La pâte de la pizza est tout aussi moelleuse. Nous avons choisi la « Mush Pit » avec d'alléchants champignons sauvages et du fromage Douanier. La combinaison d’ingrédients tient la route, mais petite déception : la garniture, rassemblée au centre de la pizza, est un peu chiche. Surtout que la même pizza, à la table voisine, est beaucoup plus généreusement garnie.

Normalement, nous aurions voulu goûter au tiramisu maison, ou même au calzone de ricotta à la tartinade choco-noisette, mais notre appétit s’est rétréci comme peau de chagrin. Nous optons donc pour la crème glacée du moment, à l’orange sanguine, servie en « tourbillon » avec une crème molle à la vanille. Parfait pour terminer en fraîcheur un repas bien copieux !

Notre verdict

On paie : Un prix raisonnable, entre 7 $ et 19,50 $ pour les entrées et légumes, une vingtaine de dollars en moyenne pour les pâtes, entre 9 $ et 25 $ pour les pizzas, et environ 10 $ pour un dessert. L’endroit sert aussi désormais le midi !

On boit :  De beaux cocktails classiques revisités ou aux accents exotiques ; des vins parmi lesquels de belles trouvailles, dont plusieurs vins nature.

On se sent : Bien accueillis, assis sur une des banquettes, en contemplant la déco éclatée, colorée et urbaine, un écrin bien pensé par les Gauley Brothers pour recevoir la faune, assez jeune, qui fréquente l’endroit.

On aime : Les plats simples, mais généralement bien réussis, l’ambiance et le décor, le service, le bar à l’étage pour poursuivre la soirée.

On aime moins : Un manque de constance dans l’exécution de certains plats.

On y retourne : La prochaine fois qu’on veut sortir dans Pointe-Saint-Charles, certainement !

Bouchées choisies

Quoi de neuf dans le monde de la restauration ?

Le Festif ! met le vin québécois à l’honneur

Le populaire festival de Baie-Saint-Paul Le Festif ! continue dans la voie locavore déjà empruntée depuis quelques années en s’associant avec Le Charlevoyou, la division vins et spiritueux de la Famille Migneron de Charlevoix. Non seulement une partie de la récolte 2018 du vignoble biologique a été mise de côté pour les festivaliers cette année, mais les vins Rosé et Vandal Cliche, un blanc, seront aussi servis en fût, dans des tonneaux en inox spécialement adaptés pour le vin, au bar de la scène principale. Une première pour un festival québécois ! « On est vraiment contents que cela se concrétise ! On espère que ce n’est qu’un début, et peut-être que l’an prochain nous pourrons mettre encore davantage de vin en kegs pour le festival », a réagi Madeleine Dufour, de la Famille Migneron. Une initiative qui permettra d’éviter que 500 bouteilles en verre se retrouvent aux déchets, en plus de donner au vin québécois une belle visibilité. Le Festif ! se déroulera du 18 au 21 juillet.

— Iris Gagnon-Paradis, La Presse

Escondite dans le Vieux-Montréal

Le groupe derrière le populaire Escondite – qui compte aujourd’hui trois adresses, dont la plus récente à Laval – n’a jamais caché son ambition de poursuivre l’expansion de la chaîne qui se spécialise dans les tacos et les délices inspirés de la cuisine mexicaine. Voici qu’une nouvelle étape est franchie, avec l’ouverture imminente d’une première franchise dans le Vieux-Montréal, angle Saint-Paul et Saint-Laurent, prévue d’ici le 1er juin. « Nous espérons ouvrir plusieurs franchises, car nous croyons au potentiel de notre produit, du “fast casual” qui offre une bouffe, un service et un décor 5 étoiles, mais à un prix 3 étoiles », lance Benjamin Bitton, copropriétaire, évoquant le désir de « traverser la frontière » et d’ouvrir des succursales à Toronto, Ottawa et même en Floride. C’est l’équipe derrière le Seasalt & Ceviche, un établissement du Vieux-Montréal, qui a été choisie pour cette première franchise, qui s’installe dans un local comptant 75 places en plus d’une grande terrasse pouvant accueillir 80 personnes. Une deuxième franchise doit ouvrir au cours de l’été dans l’Ouest-de-l’Île.

12, rue Saint-Paul Ouest

— Iris Gagnon-Paradis, La Presse

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