Pakistan

« Elle a été libérée. On m’a dit qu’elle était dans un avion, mais personne ne sait où elle va atterrir. »

— L’avocat Saif Ul-Mulook, à propos de sa cliente, la chrétienne Asia Bibi, acquittée il y a une semaine après huit ans passés dans les couloirs de la mort pour blasphème. Le mari d’Asia Bibi a réclamé samedi l’asile pour sa famille aux États-Unis, en Grande-Bretagne ou au Canada, arguant d’un trop grand danger s’ils restaient au Pakistan. (AFP) 

États-Unis

Le Michigan légalise la marijuana à des fins récréatives

Aux États-Unis, les électeurs du Michigan ont fait de leur État le premier du Midwest à légaliser la marijuana à des fins récréatives en adoptant une mesure qui permettra aux gens âgés de 21 ans ou plus d’acheter et d’utiliser cette drogue. Une mesure similaire a été rejetée dans le Dakota du Nord, ce qui signifie que dix États autorisent désormais l’utilisation récréative du pot. Le Missouri est devenu le 31e État à approuver l’usage thérapeutique de la marijuana, tandis que l’Utah envisage de faire de même. Par ailleurs, les électeurs du Massachusetts ont réaffirmé mardi une loi de 2016 qui protège les personnes transgenres contre la discrimination, notamment en ce qui concerne leur utilisation des toilettes et des vestiaires publics. En tout, 155 initiatives à l’échelle de l’État étaient sur le bulletin de vote à travers le pays. 

— Associated Press

Bangladesh

33 Rohingya secourus à bord d’un bateau de trafiquants

Les gardes-côtes du Bangladesh ont intercepté hier un chalutier de pêche transportant 33 Rohingya à destination de la Malaisie et arrêté six trafiquants d’êtres humains bangladais, a annoncé l’un de leurs responsables. Parmi les personnes secourues figurent 14 hommes, 10 femmes et 9 enfants qui vivaient dans des camps de réfugiés dans le district de Cox Bazar, dans le sud-est du Bangladesh. Plus de 720 000 réfugiés de cette minorité musulmane ont trouvé refuge au Bangladesh depuis août 2017, fuyant ce que l’ONU a qualifié de « nettoyage ethnique » perpétré par l’armée birmane. Ils y ont rejoint quelque 300 000 Rohingya qui vivaient déjà dans les camps de réfugiés de Cox Bazar. Les trafiquants ont au cours des dernières années fait passer des dizaines de milliers de Rohingya des camps du Bangladesh vers la Malaisie, avant que les autorités du Bangladesh ne lancent des opérations pour mettre fin à ce trafic en 2015.

— Agence France-Presse

Pologne

Une marche de l’extrême droite interdite à Varsovie

Le président et le premier ministre de Pologne ont annoncé hier l’organisation d’une marche nationale le 11 novembre, à Varsovie, pour célébrer le centenaire de l’indépendance du pays, quelques heures à peine après l’interdiction par la mairesse de la capitale d’un rassemblement d’extrême droite. L’extrême droite a pour sa part annoncé faire appel de l’interdiction et promis de maintenir sa marche, dimanche. Les virevoltes de la situation hier après-midi reflètent le chaos entourant les préparatifs du gouvernement du parti conservateur Droit et Justice (PiS), à quelques jours des célébrations du centenaire de l’indépendance polonaise. Le porte-parole du président Andrzej Duda a souligné que la marche « aura[it] la priorité sur les autres » événements prévus, ce qui signifie qu’aucune autre manifestation ne pourra être organisée à la même heure et au même endroit dimanche. Quelques heures plus tôt, la mairesse libérale de Varsovie avait interdit la marche annuelle organisée dans la capitale par l’extrême droite en évoquant des raisons de sécurité.

— Agence France-Presse

France

Macron déclenche une polémique en voulant rendre hommage à Pétain

Paris —  — Emmanuel Macron a ravivé hier une polémique, récurrente en France, autour du maréchal Philippe Pétain, dirigeant du régime collaborationniste de Vichy, qu’il a qualifié de « grand soldat » pendant la Première Guerre mondiale et qui fera l’objet d’un hommage avec d’anciens militaires, samedi.

Philippe Pétain, frappé d’indignité nationale pour avoir collaboré avec l’Allemagne nazie, sera célébré samedi à Paris, tout comme les sept autres maréchaux de la Grande Guerre, lors d’une cérémonie à laquelle participeront les responsables militaires français, à l’occasion du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

Un hommage qu’a justifié le président français hier, expliquant que le maréchal Pétain avait été pendant ce conflit « un grand soldat », avant de conduire des « choix funestes » pendant la Seconde Guerre mondiale.

Figure duale, le maréchal Pétain a d’abord fait partie des militaires de premier plan lors de la Première Guerre mondiale.

Mais au cours de la Seconde Guerre mondiale, il a pris le commandement du régime de Vichy, du nom de la ville du centre de la France où il s’était réfugié, assurant de 1940 à 1944 le gouvernement du pays et une collaboration active avec l’occupant allemand, se livrant notamment à des rafles massives dans la population juive. Cette politique a fait de 10 000 à 15 000 morts et 80 000 déportés civils.

Le CRIF « choqué » 

« Il n’y a pas matière à polémique, c’est une cérémonie qui se déroule pour les maréchaux, pas pour Pétain spécifiquement », affirme Pierre Servent, spécialiste des questions de défense et auteur du livre Le mythe Pétain.

« On peut à la fois dire que d’un côté Pétain était extrêmement brillant, lucide et intelligent pendant la Première Guerre mondiale et [de l’autre côté] un personnage qui s’est ensuite fourvoyé complètement dans les fourgons de la collaboration », poursuit-il.

« Peut-on rendre si facilement un hommage public au Pétain de 14-18 sans évoquer aussi son rôle à la tête du régime de Vichy ? Cela me semble plus que discutable », nuance de son côté l’historien Nicolas Offenstadt.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) s’est dit « choqué » et plusieurs élus, surtout de gauche, ont protesté.

« Pétain est un traître et un antisémite. Ses crimes et sa trahison sont imprescriptibles. Macron, cette fois-ci, c’est trop ! L’Histoire de France n’est pas votre jouet », a par exemple tweeté le leader de La France insoumise (gauche radicale), Jean-Luc Mélenchon.

— D'après l’Agence France-Presse

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