DÉCRYPTAGE

Et si les républicains triomphaient ?

NEW YORK — Skip Daniels et Erica Theophile utilisent le même mot pour décrire comment ils se sentiraient demain si les alliés républicains de Donald Trump déjouaient les prévisions et restaient majoritaires au Congrès américain, tant au Sénat qu’à la Chambre des représentants, enjeu principal des élections de mi-mandat aux États-Unis.

« Je serais anéanti », dit Skip Daniels, magicien et humoriste de 51 ans.

« Je serais anéantie », dit Erica Theophile, auditrice financière de 29 ans. « Je crois que je pleurerais. »

L’un vit à New Bedford, au Massachusetts, l’autre à Brooklyn. Tous deux démocrates, ils partagent avec Cindy Holton, électrice indépendante de Stamford, au Connecticut, l’opinion qu’un verdict électoral favorisant les républicains serait encore plus difficile à accepter que la défaite inattendue d’Hillary Clinton, leur choix lors de l’élection présidentielle de 2016.

« Quand le président Trump a été assermenté, j’espérais qu’il trouverait une façon de faire des compromis », explique Cindy Holton, retraitée de 60 ans qui vient de terminer une longue carrière dans le commerce international. « Ma théorie était qu’il se mettrait à agir comme un homme d’affaires, qu’il ne serait pas hostile à tout le monde et à toute chose. Mais il est hostile à tout le monde et à toute chose, exception faite de sa base. Et si les républicains gagnent les deux chambres du Congrès, ce sera pire encore. D’une certaine manière, ce serait pire que la défaite d’Hillary Clinton. »

Pour autant, plusieurs pronostiqueurs réputés donnent aux démocrates de bonnes chances de remporter la Chambre des représentants et d’infliger ainsi à Donald Trump une sorte de sanction. Nate Silver, gourou de la prédiction politique, établit par exemple à près de 85 % les probabilités qu’un tel scénario soit confirmé au cours de la soirée électorale de demain.

Mais il suffit de parler aux électeurs démocrates des quatre coins des États-Unis pour comprendre que les pronostics et sondages favorables à leur parti n’ont plus rien de rassurant pour eux après le résultat imprévu de 2016.

C’est du moins le constat que La Presse a pu faire en tâtant le pouls des visiteurs qui profitaient d’une chaude journée d’automne, vendredi dernier, pour flâner dans Times Square, dont le surnom – « carrefour du monde » – ne se dément pas.

« Les Blancs d’un certain âge vont tous voter pour Trump, sauf moi », ironise Joe Lahatte, avocat de 66 ans qui habite La Nouvelle-Orléans, en Louisiane. « C’est la raison pour laquelle nous avons besoin d’une forte participation des jeunes, des femmes et des Hispaniques. »

Les démocrates doivent réaliser un gain net de 23 sièges pour devenir majoritaires à la Chambre. Suivant les analystes, ils sont d’ores et déjà assurés d’ajouter de 15 à 18 sièges à leur total actuel. Le reste devra venir de quelque 30 circonscriptions républicaines où la course est très serrée. Or, si les indécis finissent par voter majoritairement pour le parti de Donald Trump, il n’est pas impossible de penser que les démocrates arrivent à un, deux ou même trois sièges de la majorité dont ils rêvent.

« Après ce qui est arrivé en 2016, je pense que c’est très certainement une possibilité », dit Skip Daniels, le magicien et humoriste du Massachusetts. « Si cela se produisait, je pense que plusieurs personnes diraient : ‟J’en ai assez.” Les gens sont fatigués. Depuis deux ans, ils hochent la tête en disant : ‟Ce n’est pas notre pays. Qu’est-ce qui se passe ?” Je ne sais pas s’ils auraient l’énergie de se battre pendant deux autres années contre les républicains. Je pense qu’il y aurait un désengagement. »

Évidemment, Skip Daniels ne vit pas dans le Missouri, où Bill Howard, homme d’affaires de 48 ans, n’est sans doute pas le seul républicain à craindre une majorité démocrate à la Chambre des représentants ou, ce qui est beaucoup moins probable, au Sénat.

« Nous avons une bonne économie », dit-il en buvant une bière à une terrasse de Times Square. « La meilleure façon de la prolonger est de continuer les politiques de croissance appuyées par le président et le Congrès républicain. »

Et si cette bonne économie contribuait à un triomphe des républicains demain ?

Erica Theophile, l’auditrice financière de Brooklyn, aurait peut-être des raisons matérielles de s’en réjouir. Mais elle craint surtout l’effet qu’un tel verdict aurait sur les membres de sa famille élargie.

« Je suis née à New York, mais plusieurs membres de ma parenté sont nés en Haïti et pourraient être affectés de façon négative par une réforme éventuelle de l’immigration, dit-elle. Sans compter que Donald Trump a déjà dit des choses dégoûtantes à propos d’Haïti. Je suis très consciente que les conditions là-bas sont mauvaises. Mais ce n’est pas comme s’il avait fait quelque chose pour aider. »

Et si les républicains triomphaient demain ?

Non loin de Times Square, dans la salle de rédaction du New York Times, le chroniqueur David Leonhardt a énuméré récemment les conséquences que pourrait avoir un tel verdict électoral : « La fin de l’enquête de Robert Mueller. La perte de couverture médicale pour des millions de personnes. De nouvelles lois pour compliquer l’exercice du droit de vote. De nouvelles baisses d’impôts pour les riches. Plus de dommages à l’environnement. Un Parti républicain façonné encore plus à l’image du président Trump. »

Pas étonnant que certains démocrates dorment encore plus mal aujourd’hui qu’à la veille de l’élection présidentielle de 2016.

ÉLECTIONS DE MI-MANDAT

« De l’électricité dans l’air », dit Trump

Le président américain Donald Trump s’affichait confiant avant les élections de mi-mandat de demain. « Allez voter ! », a lancé le chef républicain, hier soir, dans son quatrième meeting du week-end, à Chattanooga, dans le Tennessee. Il en fera trois autres aujourd’hui dans trois États du Midwest. Multipliant les déplacements, comme à la fin de sa campagne victorieuse de 2016, Donald Trump a répété plusieurs fois qu’il sentait « de l’électricité dans l’air comme jamais depuis 2016 ». « On n’entend plus vraiment parler de la grande vague bleue », a-t-il dit en parlant du raz de marée démocrate que certains sondages dessinaient il y a quelques mois. « Les démocrates veulent inviter caravane après caravane de clandestins à déferler sur notre pays, a-t-il dit. C’est une invasion. Je me fiche de ce que disent les faux médias, c’est une invasion de notre pays. »

— Agence France-Presse

« De l’électricité dans l’air », dit Trump

Le président américain Donald Trump s’affichait confiant avant les élections de mi-mandat de demain. « Allez voter ! », a lancé le chef républicain, hier soir, dans son quatrième rassemblement du week-end, à Chattanooga, au Tennessee. Il en fera trois autres aujourd’hui dans trois États du Midwest. Multipliant les déplacements, comme à la fin de sa campagne victorieuse de 2016, Donald Trump a répété plusieurs fois qu’il sentait « de l’électricité dans l’air comme jamais depuis 2016 ». « On n’entend plus vraiment parler de la grande vague bleue », a-t-il dit en parlant du raz-de-marée démocrate que certains sondages dessinaient il y a quelques mois. « Les démocrates veulent inviter caravane après caravane de clandestins à déferler sur notre pays, a-t-il dit. C’est une invasion. Je me fiche de ce que disent les faux médias, c’est une invasion de notre pays. » — Agence France-Presse

Les républicains « mentent », selon Obama

Les démocrates ont fait campagne sur la défense du système de santé réformé sous Barack Obama, mais parient aussi sur le rejet de Donald Trump, qu’ils sont nombreux à qualifier ouvertement de menteur et de catalyseur des violences racistes et antisémites qui ont endeuillé le pays. Ils comptent sur les voix d’électeurs de zones périurbaines et de républicains modérés regrettant leur vote de 2016. C’est Barack Obama qui fut le plus recherché par les candidats démocrates, sans leader naturel depuis la défaite d’Hillary Clinton. « Ces républicains mentent de façon flagrante, répétée, audacieuse, éhontée. Ils inventent n’importe quoi », a lancé l’ancien président hier dans l’Indiana. « Il faut des conséquences quand les gens ne disent pas la vérité », a-t-il poursuivi. — Agence France-Presse

Des signes d’ingérence de la part de la Russie

Alors que les Américains se préparent à voter aux élections de mi-mandat demain, des fauteurs de troubles russes essaieraient de nouveau d’exacerber les divisions entre les électeurs. L’activité semble centrée sur l’utilisation abusive des médias sociaux par le biais de publications et de sites qui semblent être d’origine américaine plutôt que sur des cyberattaques de grande ampleur. La portée serait moindre que la campagne que la Russie est accusée d’avoir menée en 2016, et Moscou ne serait qu’une source parmi d’autres de manipulations en ligne en vue du scrutin. Le gouvernement russe nie toute ingérence. Les autorités américaines ont accusé une Russe d’ingérence dans la campagne électorale de 2018 : Elena Khusyaynova, comptable de l’Internet Research Agency (IRA), une organisation soupçonnée d’être l’« usine à trolls » qui a manipulé la campagne américaine de 2016. — Associated Press

Pompeo rencontrera le bras droit de Kim Jong-un

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo rencontrera cette semaine à New York son « homologue » nord-coréen, le bras droit de Kim Jong-un, dans l’optique de relancer des discussions devant aboutir à un nouveau sommet entre l’homme fort de Pyongyang et Donald Trump. Sur la chaîne Fox News, Mike Pompeo a expliqué hier qu’il s’entretiendrait « cette semaine » à New York avec le général Kim Yong Chol, un des plus proches collaborateurs de Kim Jong-un. Kim Yong Chol est un interlocuteur régulier de Washington depuis la reprise du dialogue entre les deux pays. Le secrétaire d’État américain n’a pas précisé le jour exact de la rencontre, mais cette dernière devrait se tenir en milieu de semaine. — Agence France-Presse

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Alors que les Américains se préparent à voter aux élections de mi-mandat demain, des fauteurs de troubles russes essaieraient de nouveau d’exacerber les divisions entre les électeurs. L’activité semble centrée sur l’utilisation abusive des médias sociaux par le biais de publications et de sites qui semblent être d’origine américaine plutôt que sur des cyberattaques de grande ampleur ou des perturbations du système de vote. La portée serait moindre que la campagne d’influence que la Russie est accusée d’avoir menée en 2016, et Moscou ne serait qu’une source parmi d’autres de manipulations en ligne en vue du scrutin. Le gouvernement russe nie toute ingérence. Jusqu’à présent, les autorités américaines ont accusé une Russe d’ingérence dans la campagne électorale de 2018 : Elena Khusyaynova, comptable de l’Internet Research Agency (IRA), une organisation soupçonnée d’être l’« usine à trolls » qui a manipulé la campagne américaine de 2016.

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