Royaume-Uni

Non à un Brexit sans accord

Pas de sortie de l’Union européenne avant d’avoir trouvé un accord, ont dit préféré hier les députés britanniques. La date du divorce, initialement prévu le 29 mars, sera donc vraisemblablement reportée. Les députés se prononceront aujourd’hui sur une demande de report « limité » du Brexit. Explications.

312 députés contre, 308 députés pour

Près de trois ans après avoir voté, en juin 2016, pour quitter l’Union européenne, le Royaume-Uni, profondément divisé, ne parvient pas à se décider sur la manière de partir. Chose certaine, les élus préfèrent conclure un accord de divorce avec l’UE avant de rompre les liens. Hier, les députés britanniques ont rejeté d’extrême justesse l’option d’une sortie de l’Union européenne sans accord : 312 députés ont voté contre cette possibilité, tandis que 308 ont voté pour.

Que veut le Royaume-Uni ?

Les députés doivent à présent se prononcer aujourd’hui, dans leur troisième vote de la semaine, sur une demande de report « limité » du Brexit. Celle-ci devra cependant obtenir l’aval de l’Union européenne, qui presse le Royaume-Uni de préciser ce qu’il veut. Les députés britanniques ont repoussé une seconde fois mardi l’accord de retrait de l’Union européenne, laborieusement négocié pendant 17 mois entre Theresa May et les dirigeants de l’UE. Comme l’a résumé le ministre de l’Environnement Michael Gove hier, « jusqu’à présent, la Chambre des communes a été très bonne pour dire non », mais « elle doit désormais décider ce qu’elle veut ».

L’Europe s’impatiente

Le rejet d’une sortie sans accord n’a pas non plus éloigné « le nuage d’incertitude » décrit par le chancelier de l’Échiquier, Philip Hammond, hier quant à l’avenir du pays. L’Union européenne serait « prête à envisager » l’octroi d’un délai si le Royaume-Uni présentait une requête « motivée », a fait savoir la Commission européenne. Les 27 pays de l’UE devront donner leur accord à l’unanimité. Mais « prolonger cette négociation pour quoi faire ? La négociation, elle est terminée », s’est agacé Michel Barnier. « Ce traité est et restera le seul traité disponible », a-t-il affirmé en brandissant un exemplaire de l’accord de divorce de près de 600 pages devant les députés européens à Strasbourg. « Si un délai additionnel était demandé, il faudrait alors qu’on nous explique pour quoi faire […] Ce ne peut être pour renégocier un accord que nous avons négocié durant de nombreux mois et dont nous avons dit qu’il n’était pas renégociable », a déclaré en écho hier le président français Emmanuel Macron.

Se préparer au pire

Malgré le vote, le risque d’une rupture brutale plane toujours si Londres ne parvient pas à s’entendre avec Bruxelles. Côté Royaume-Uni comme côté UE, on accélère les préparatifs en cas de « no deal ». L’Irlande aussi a voté une loi hier pour amortir le choc en cas de sortie sans accord. Toutefois, Londres comme Bruxelles ont répété qu’ils ne souhaitaient pas ce scénario. Et la chancelière Angela Merkel a estimé qu’un Brexit « ordonné » était dans l’intérêt de tous et restait l’« objectif ». Il est « important » également pour les Européens de « parvenir à un résultat raisonnable », a ajouté la chancelière, laissant entendre qu’elle était disposée à continuer les discussions avec Londres sur une formule de compromis qui satisfasse les deux parties.

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