Omnium des États-Unis

Le plus difficile !

Deuxième tournoi majeur de la saison, l’Omnium de golf des États-Unis est souvent considéré comme le plus difficile du calendrier. Ce ne sera pas différent cette année sur le parcours historique du club Shinnecock Hills. Le tournoi couronne habituellement l’un ou l’autre des meilleurs joueurs du moment et ils sont tous là !

Omnium des États-Unis

Un parcours historique pour une page d’histoire

Créé en 1891, le club Shinnecock Hills, à Southampton dans la presqu’île de Long Island, est l’un de ceux qui prétendent au titre de « club le plus ancien des États-Unis ». Le chalet, qui avait été construit en 1892, est toujours debout et l’ensemble du club est inscrit au registre américain des sites historiques.

Le parcours original de 12 trous, conçu par Willie Davis du Royal Montréal, a évidemment beaucoup évolué au cours des décennies et c’est un « monstre » de 7445 verges que devront affronter les golfeurs à compter d’aujourd’hui au 118e Omnium des États-Unis. Tous les meilleurs joueurs du moment sont là, menés par les favoris Dustin Johnson, Justin Thomas et Justin Rose.

Shinnecock Hills est le seul club qui a accueilli l’Omnium dans trois siècles différents et c’est la cinquième fois que le tournoi est disputé sur son parcours. La dernière fois, en 2004, le Sud-Africain Retief Goosen s’était imposé devant Phil Mickelson.

L’Américain, qui aura 48 ans samedi, tente encore de finalement remporter le seul titre majeur qui manque à son palmarès. Ce sera sa 27e participation à l’Omnium des États-Unis, un tournoi où il a terminé 2e six fois ! L’année dernière, il n’avait pu défendre ses chances, car il avait préféré assister à la collation des grades d’une de ses filles en Californie.

Un seul joueur, Julios Boros, a remporté un titre majeur à 48 ans. « Je crois en mes chances, a pourtant estimé Mickelson. D’abord parce que je joue bien, mais aussi parce que j’aime ce parcours et la façon dont il a été préparé cette année. »

« Tout va se jouer autour des verts et cela a toujours été un de mes meilleurs atouts. »

— Phil Mickelson

La « quête » de Mickelson sera évidemment très suivie, mais ce n’est qu’une des multiples péripéties qui devraient permettre à ce tournoi d’écrire une page de l’histoire du golf. Tiger Woods est aussi de retour cette saison et participe au tournoi pour la deuxième fois seulement depuis 2013.

« L’année dernière, à la même époque, je demandais encore à mes médecins si je pourrais faire des activités avec mes enfants bientôt », a rappelé le golfeur de 42 ans, triple vainqueur de l’Omnium, qui a subi deux interventions chirurgicales au dos.

« Être de retour ici, jouer encore dans les grands tournois, c’est un boni que je n’espérais plus. Oh, je veux gagner et je vais vraiment tout essayer pour être compétitif cette semaine. Mais la pression n’est plus la même. »

Les « vrais » favoris

Johnson, Thomas et Rose, qui ont remporté un total de 16 tournois au cours des 18 derniers mois, sont les favoris logiques et ce sont eux qui subiront toute la pression.

Le premier a dû céder la tête du classement mondial ce printemps et cela semble l’avoir aidé à retrouver sa motivation. Il vient de remporter de façon décisive la Classique FedEx St. Jude à Memphis et est de retour au premier rang mondial.

Le long cogneur entretient une relation particulière avec l’Omnium des États-Unis, un tournoi qu’il a souvent failli gagner avant d’y trouver la consécration, en 2016, avec une performance mémorable.

On parle beaucoup de la longueur de ses coups de départ, mais Johnson est aussi précis avec ses coups d’approche. Cela pourrait s’avérer décisif à Shinnecock Hills. « Les verts sont plus grands cette année, mais la véritable zone où on doit frapper la balle est toujours assez petite, minuscule même, selon la position des fanions, a expliqué Johnson en point de presse. Si les verts deviennent plus rapides [et ils risquent de le devenir avec une météo favorable et le vent de la mer, toute proche], ce sera difficile de garder la balle près du trou. »

Thomas, vainqueur du Championnat de la PGA l’été dernier, estime que la pression est maintenant plus forte. « Je crois que c’est plus facile, quand on n’a encore rien gagné en tournoi majeur, d’arriver sur un parcours difficile et d’avoir comme un déclic, un peu comme Brooks [Koepka] l’a fait l’année dernière à l’Omniun. Les champions sont plus attendus et je sais que je m’impose moi-même une pression supplémentaire pour remporter un deuxième titre majeur. »

Champion de l’Omnium en 2013 à Merion, un autre parcours historique (1896), l’Anglais Justin Rose est plus âgé que Thomas, Johnson et la plupart des favoris. Moins flamboyant, plus mature, il aborde toujours les tournois majeurs avec beaucoup de patience, une qualité que devra certainement avoir le vainqueur de l’Omnium des États-Unis encore cette année.

UN CLUB PRÉCURSEUR POUR LES FEMMES

Le club de Shinnecock Hills est l’un des plus anciens aux États-Unis et il a été le premier ouvert aux femmes. En fait, dès sa fondation, en 1891, les femmes ont été autorisées à jouer et à fréquenter le chalet. Un parcours de neuf trous, aménagé en 1893, leur était même réservé jusqu’en 1901, quand on a réaménagé l’ensemble du terrain. L’un des premiers championnats féminins amateurs des États-Unis a d’ailleurs été disputé au club en 1900.

Omnium des États-Unis

Dix joueurs à avoir à l’œil

Avec un trio de solides favoris, au moins cinq prétendants très sérieux et quelques dizaines d'outsiders talentueux, le 118e Omnium des États-Unis s’annonce très disputé. Découvrez les arguments des 10 joueurs qui ont la faveur des parieurs.

DUSTIN JOHNSON

États-Unis, 33 ans, 1er mondial

Un titre majeur

Meilleur résultat à l’Omnium : champion en 2016

Vainqueur dimanche dernier à Memphis, Johnson est un « gagnant en série » et il sera débordant de confiance cette semaine à Shinnecock Hills. Il devra toutefois contrôler son agressivité sur les tertres, car le parcours est sévère quand la balle sort de l’allée. Il sera dur à vaincre s’il est parmi les meneurs dimanche après-midi.

JUSTIN THOMAS

États-Unis, 25 ans, 2e mondial

Un titre majeur

Meilleur résultat à l’Omnium : 9e en 2017

Vainqueur du Championnat de la PGA en 2017, son premier grand titre, Thomas a maintenu un niveau très élevé depuis. Précis, étonnamment puissant pour sa taille, il a égalé un record de l’Omnium l’année dernière à Erin Hills avec une ronde de 63, en devenant le premier à retrancher neuf coups à la normale.

JUSTIN ROSE

Grande-Bretagne, 37 ans, 3e mondial

Un titre majeur

Meilleur résultat à l’Omnium : champion en 2013

Il est rarement loin des meneurs dans les tournois majeurs et connaît encore une saison remarquable, avec notamment une victoire au Texas récemment. Champion de l’Omnium en 2013, il a toutes les qualités pour bien faire sur un parcours classique et exigeant comme celui de Shinnecock Hills.

JORDAN SPIETH

États-Unis, 24 ans, 5e mondial

Trois titres majeurs

Meilleur résultat à l’Omnium : champion en 2015

Spieth sera toujours meilleur au club Augusta National, mais il peut se débrouiller sur tous les parcours difficiles et pourrait profiter de son habileté sur les verts à Shinnecock Hills. Il devra toutefois éviter les « trous désastres » qui l’ont pénalisé dans les tournois majeurs récemment.

RORY McILROY

Irlande du Nord, 29 ans, 6e mondial

Quatre titres majeurs

Meilleur résultat à l’Omnium : champion en 2011

McIlroy a remporté quatre titres majeurs, mais aucun depuis près de quatre ans, et il n’est plus que sixième au classement mondial après avoir été du top 3 de 2011 à 2016. Son jeu est encore très bon, mais il devra retrouver le « feu » qui l’animait il y a quelques années et qui semble éteint actuellement.

RICKIE FOWLER

États-Unis, 29 ans, 7e mondial

Meilleur résultat à l’Omnium : 2e en 2014

Le titre de « meilleur joueur n’ayant jamais remporté un tournoi majeur » commence sans doute à lui peser, mais il n’a encore que 29 ans. Récemment fiancé à sa compagne de longue date, Allison Stoke, Fowler a pris la deuxième place au Tournoi des Maîtres, il y a deux mois, et il a toujours bien fait dans son omnium national.

JASON DAY

Australie, 30 ans, 8e mondial

Un titre majeur

Meilleur résultat à l’Omnium : 2e en 2011 et 2013

Personne n’a oublié ses déboires pendant l’Omnium de 2015 à Chambers Bay quand, victime de vertige, il s’est effondré à la fin de la deuxième ronde. La santé de Day lui a d’ailleurs souvent causé des ennuis, mais il a retrouvé la forme cette saison, avec déjà deux victoires et une deuxième place.

PHIL MICKELSON

États-Unis, 47 ans (48, samedi), 20e mondial

Cinq titres majeurs

Meilleur résultat à l’Omnium : 2e en 1999, 2002, 2004, 2006, 2009 et 2013

Il est probablement déjà trop tard pour Mickelson, mais il aura encore le soutien de la foule. La dernière fois que l’Omnium a été joué à Shinnecock Hills, le vétéran gaucher y avait décroché le troisième de ses six résultats de deuxième place dans ce tournoi. Un septième cette semaine ?

TIGER WOODS

États-Unis, 42 ans, 103e mondial

14 titres majeurs

Meilleur résultat à l’Omnium : champion en 2000, 2002 et 2008

Du tertre au vert, Woods est revenu à un niveau qui n’est pas très loi de celui de ses meilleures années, mais son jeu avec son fer droit est proprement lamentable. Difficile dans ces conditions de penser qu’il puisse briller dans le tournoi où les verts sont toujours diaboliques.

WEBB SIMPSON (un négligé)

États-Unis, 32 ans, 21e mondial

Un titre majeur

Meilleur résultat à l’Omnium : champion en 2012

Récent vainqueur du Championnat des joueurs, Simpson est très constant cette saison et il devrait trouver à Shinnecock Hills un parcours qui convient à son jeu. Pas le plus flamboyant, le joueur de 32 ans sait attendre son heure et il pourrait montrer, six ans après son premier titre à l’Omnium, qu’il n’était pas l’homme d’un seul tournoi.

Omnium des États-Unis

Du nouveau en prolongation

L’Omnium des États-Unis était le dernier des quatre tournois majeurs qui prévoyaient une ronde supplémentaire de 18 trous, le lundi, en cas d’égalité à la fin des quatre rondes réglementaires. L’Association de golf des États-Unis a fini par céder aux pressions des diffuseurs et, à compter de cette année, la prolongation consiste en deux trous au total des coups. Si l’égalité persiste, on continue un trou à la fois. Tiger Woods avait remporté la dernière prolongation à l’Omnium, en 2008, en disposant de Rocco Mediate au 19e trou de la ronde supplémentaire.

Omnium des États-Unis

Tiger, son yacht et les bouchons !

Tiger Woods participe à un troisième Omnium des États-Unis à Shinnecock Hills. En 2004, il n’avait pu faire mieux qu’une 17e place, alors qu’en 1995, invité à titre de champion amateur des États-Unis, il avait dû se retirer pendant la deuxième ronde avec une blessure à un poignet. Le golfeur de 42 ans loge cette semaine sur son yacht Liberty, qui est amarré dans le port de Sag Harbor, à quelques minutes au nord-est du club. « J’avais logé chez des amis de mon père les deux premières fois, a-t-il rappelé. Cette fois, c’est vraiment un avantage de pouvoir retourner calmement sur mon dinghy [canot], pendant que d’autres golfeurs doivent affronter les bouchons ! » Le « canot » en question est évalué à 20 millions et on y trouve un spa, un gymnase et une salle de cinéma…

Un arbitre de hockey dans le peloton !

Trois Canadiens ont obtenu leur place cette année à l’Omnium des États-Unis. Adam Hadwin s’est qualifié en vertu de son 47e rang au classement mondial, alors que Mackenzie Hughes a dû passer par les qualifications.

Le troisième, le joueur amateur Garrett Rank, s’est aussi qualifié, mais son « profil » est très différent.

L’Ontarien de 31 ans est habituellement arbitre dans la LNH et il a travaillé dans 76 matchs cette saison, dont 3 dans les séries éliminatoires de la Coupe Stanley. Plus jeune, il a envisagé une carrière de golfeur, mais un cancer des testicules l’a obligé à revoir ses priorités.

Revenu à la compétition « pour le plaisir » en 2012, il a pris part à plusieurs championnats nationaux au Canada et aux États-Unis, mais ce sera son premier tournoi majeur.

« J’ai la chance de côtoyer régulièrement les meilleurs hockeyeurs du monde [il a reçu un tir du poignet d’Alex Ovechkin au visage cette saison…], j’ai maintenant l’occasion de côtoyer les meilleurs golfeurs », a raconté Rank, cette semaine, en point de presse.

— Michel Marois, La Presse

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