Chronique

On veut des épisodes de Noël !

C’est encore le temps de quémander des cadeaux au père Noël, alors voici ma seule et unique demande, super simple. J’aimerais, cher père Noël, que les téléséries québécoises contiennent des épisodes spécialement écrits pour les Fêtes. Exactement comme l’a fait la comédie Boomerang de TVA. Merci.

Aux États-Unis, il existe des palmarès complets des meilleurs épisodes de Noël qui rassemblent des séries comme Mad Men, Friends, Black Mirror, Downton Abbey et même Lost. Chez nous, dresser une telle liste relèverait de l’impossible.

Car nos téléséries et téléromans ne célèbrent plus le temps des Fêtes. Pourquoi ? Très simple. Les tournages québécois se déroulent majoritairement au printemps ou à l’été. À part dans District 31, (feu) Série noire et (feu) Lance et compte, l’hiver n’existe pas dans les productions québécoises.

Les personnages n’enfilent jamais de bottes chaudes ou de manteaux de format bonhomme de neige. Que ce soit dans O’, L’échappée, Ruptures ou Les Simone, la température ne descend jamais sous les 15 °C.

Et comme les séries raccourcissent, elles s’arrêtent souvent à la fin novembre, sans jamais atteindre la mi-décembre. C’est vraiment dommage.

Imaginez tout le potentiel dramatique que contiendrait un épisode de Noël à Lietteville. Comment les détenues d’Unité 9 vivent-elles la solitude de cette période chargée en émotions et en souvenirs ? Imaginez si Demain des hommes avait célébré le 25 décembre ; on aurait vu le clivage des célébrations entre les familles riches de Montferrand et les plus démunies.

Même chose en comédie. Imaginez un Noël catastrophiquement drôle dans Lâcher prise. Imaginez un Noël malaisant dans En tout cas ou dans Trop. Comme téléspectateur, je regarderais ça volontiers, les deux pieds sur la bavette du poêle.

Avec l’alcool qui délie les langues, les rencontres familiales forcées et la météo capricieuse qui favorise les huis clos, les Fêtes regorgent de matière à explorer pour les scénaristes. Pourquoi ne pas leur permettre d’écrire des émissions emballées de ruban rouge et saucées dans le lait de poule ?

Boomerang a consacré une heure complète à Noël dimanche soir et le résultat a été très chouette. Vous pouvez rattraper gratuitement cet épisode sur le site web TVA.ca ou en vidéo sur demande.

Construit comme une comédie romantique classique, ce Boomerang festif a raconté la première rencontre entre Patrick (Antoine Bertrand) et Karine (Catherine-Anne Toupin). Leur histoire jamais simple a débuté en 2010, pendant la période des Fêtes.

C’était franchement amusant de voir Stéphanie (Magalie Lépine-Blondeau) et Richard (Émile Proulx-Cloutier) encore follement amoureux et se donner du chouchou et de la chouchoune à tour de bras. Leur relation a solidement dégénéré depuis.

Quiproquos loufoques, rendez-vous ratés et une rasade de moments touchants, Boomerang : Noël chez les Bernier vous fera passer une excellente heure, en cette période télévisuelle plus creuse.

Souffle de jeunesse chez les dragons

Bye-bye Christiane Germain, Caroline Néron et Martin-Luc Archambault pour la prochaine édition de Dans l’œil du dragon. Seul Dominique Brown survit à cette vague de jeunesse qui souffle sur la populaire téléréalité d’affaires de Radio-Canada, dont la moyenne des cotes d’écoute a atteint 731 000 téléspectateurs ce printemps.

Dans les fauteuils des dragons, vous verrez Marie-Josée Richer, cofondatrice de Prana (noix, fruits séchés), Isabèle Chevalier, PDG de Bio-K+, ainsi que Nicolas Duvernois, de Pur Vodka et Romeo’s Gin, qui a déjà participé de façon ponctuelle à l’émission. L’âge des quatre dragons permanents oscille maintenant entre 38 et 42 ans.

La huitième saison de Dans l’œil du dragon démarrera en avril. Comme l’an passé, le cinquième fauteuil sera chauffé en alternance par un entrepreneur différent.

Selon Radio-Canada, Caroline Néron, Christiane Germain et Martin-Luc Archambault ont choisi eux-mêmes de se retirer et n’ont donc pas été écartés. C’est la version officielle, du moins. Les producteurs exigent que chacun des dragons dispose d’un minimum de 200 000 $ à investir.

Après les récentes révélations de La Presse à propos d’un logiciel de publicités intempestives commercialisé par Martin-Luc Archambault, ç’aurait été étonnant qu’il poursuive son flirt avec la télévision.

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