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Zen Bamboo

Grand cru musical

Avec la crise du coronavirus qui bat son plein, il serait trop dommage que le premier album officiel du groupe québécois Zen Bamboo échappe à l’attention de tout amateur de musique. GLU – c’est son titre – est excellent. Entrevue avec le quatuor.

Au moment de notre entrevue virtuelle, Zen Bamboo devait être à Austin, au Texas, au presque mythique festival South by Southwest, pour la sortie de son premier album officiel, GLU. Un album qui susciterait tout le buzz qu’il mérite si ce n’était du satané coronavirus.

Avec tout ce qui se passe, les quatre membres du groupe doivent ronger leur frein… mais restent philosophes.

« C’est frustrant, mais on ne peut pas faire grand-chose », dit Léo Leblanc.

« Pour nous, c’était un rêve d’aller à South by Southwest. Nous sommes déçus, mais, en ce moment, nous avons tous tellement de choses en tête… Les priorités de tout le monde sont recentrées. »

— Simon Larose

Dans la chanson Chimpanzé, Simon Larose chante : « Je voudrais faire des enfants, reste-t-il assez de temps pour qu’ils aient des enfants… » Avec toute la psychose autour du coronavirus, cette chanson touche droit au cœur.

JULIEN MINEAU À LA RÉALISATION

Simon Larose, Léo Leblanc, Xavier Touikan et Charles-Antoine Olivier se connaissent depuis l’école secondaire. Ils ont grandi dans la banlieue tranquille et confortable de Saint-Lambert.

« Avec la musique, on voulait essentiellement se désennuyer », souligne Simon Larose.

Après quatre EP, c’était important pour le quatuor de sortir un premier album officiel. « On voulait prendre le temps, dit Simon Larose. Avec le premier album vient la pression de se définir en tant qu’artiste… J’ai l’impression qu’on peut se défiler avec un EP. Avec un album, on n’a pas le choix de l’assumer. »

Justement, GLU s’avère un pur plaisir auditif où l’on reconnaît la touche du réalisateur Julien Mineau de Malajube.

Pour des mélomanes québécois dans la jeune vingtaine comme les membres de Zen Bamboo, Julien Mineau est le Messie.

« À quel moment la décision de travailler avec lui a-t-elle été prise ?

— Alors que nous avions 12 ans », lance Léo Leblanc en riant.

« Pour nous, il était un mythe. Nous étions intimidés de le rencontrer. Il est tellement doué, motivé… »

— Simon Larose, au sujet du réalisateur Julien Mineau

« Nous étions encore plus impressionnés en le voyant travailler », ajoute Charles-Antoine Olivier.

En studio avec Julien Mineau, les quatre musiciens étaient ouverts à tout.

Alors qu’ils ont songé à faire un album rock « guit’-basse-drum », ils ont finalement plongé à fond dans les claviers. Ralentir le tempo d’un refrain de moitié ? Pourquoi pas ? Des virages à 180 degrés ? Go !

« Il y a eu beaucoup de cas de brain out, lance Xavier Touikan. Les chansons ont été revirées à l’envers », dont Mtl tristesse (LA ballade qui pourrait être à Zen Bamboo ce que La Valérie est à Malajube).

Il fallait que les quatre membres du groupe et Julien Mineau soient d’accord pour que la version d’une chanson soit considérée comme finale. Un résultat obtenu souvent au petit matin. « Mais Julien n’est pas couchable », souligne Simon Larose.

SANS COMPROMIS

Il y a une rage de vivre dans les chansons de Zen Bamboo. « Je veux tout de la vie sans aucun compromis », chante Simon Larose – le parolier du groupe – sur la chanson GLU (Coule sur moi).

Zen Bamboo jouit d’une belle liberté artistique. La preuve : il a choisi une chanson aux arrangements minimalistes comme Dieu en guise de premier extrait. « On trouvait que cette chanson-là méritait cette visibilité », plaide Léo Leblanc.

Les paroles de Dieu sont terrifiantes d’actualité. « Dieu est un père absent », chante Simon Larose en citant des catastrophes ou des malédictions de l’histoire comme Hiroshima, le Prozac et les cartes de crédit.

« Dieu Daddy Dieu dis-moi quoi faire/Dis-moi quoi faire et je vais le faire/Mais pourquoi tu dis rien ?/Pourquoi tu dis jamais rien. »

La chanson Xoxoxo traite de l’avortement et du contraste entre l’hédonisme de l’acte amoureux et l’importance du pouvoir de donner la vie. Le titre de l’album, GLU, fait référence aux tensions entre les pulsions animales de l’humain et sa vie en société. Nous sommes tous des « êtres de sang » et des êtres d’idées, rappelle Zen Bamboo.

Dans ses textes, Simon Larose – qui a étudié en littérature comparée – écrit avec émotivité et engagement. Une poésie « sans morale », dit-il. Avec un instinct parfois « plus sauvage qu’intellectuel ».

« L’art est le dernier lieu où on peut faire tout ce qu’on veut », plaide-t-il.

LA SCÈNE : UNE DROGUE

Zen Bamboo devait lancer son album le 8 avril à Montréal à l’Ausgang Plaza.

« J’ai de la peine… Je ne bois plus, je ne fume plus… La scène, c’est ma dope, dit Simon Larose. Elle me manque tellement… »

« Ce n’est que partie remise », lance-t-il.

Accrochons-nous à ces sages paroles.

ROCK ALTERNATIF

GLU

Zen Bamboo

Simone Records

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Le DJ D-Nice fait danser les confinés

De Michelle Obama à Rihanna, en passant par Bernie Sanders, Joe Biden et Janet Jackson, les soirées Homeschool at Club Quarantine de D-Nice font danser beaucoup de gens dans leur salon. DJ, rappeur et producteur, D-Nice organise de chez lui à Los Angeles des partys virtuels diffusés sur Instagram pour faire danser ceux qui se retrouvent enfermés entre quatre murs pour une période indéterminée. Au début, ils étaient quelques centaines, mais le nombre a rapidement grimpé à quelques milliers, puis à quelques centaines de milliers de personnes. Mercredi soir dernier, il a décidé de joindre l’utile à l’agréable en organisant un « Couch Party » pour soutenir l’organisme When We All Vote créé par l’ex-première dame des États-Unis, Michelle Obama. L’objectif : inciter 50 000 personnes à s’inscrire pour voter aux prochaines élections américaines. À un certain moment durant la soirée, elles étaient 300 000. Les sessions de D-Nice ont lieu tous les soirs vers 18 h 30. Ses listes de lecture sont aussi sur Spotify. — Nathalie Collard, La Presse

Lectures de pièces de théâtre en ligne

Le Centre des auteurs dramatiques (CEAD) offrira au cours de la prochaine semaine une dizaine de lectures en ligne baptisées Monologues intérieurs. Il s’agit de pièces, certaines courtes, et d'extraits lus en direct par leurs auteurs de leurs lieux de confinement, sur Facebook. La série débutera le samedi 28 mars à 20 h avec un extrait du texte Tricoté serré de Michel Duchesne, suivi de Facelift de Nathalie Boisvert. Parmi les autres œuvres qui seront lues en tout ou en partie jusqu’au 3 avril, mentionnons : Le désert, d’Olivier Sylvestre (le 30 mars), ColoniséEs, d’Annick Lefebvre (le 31 mars), Ces regards amoureux de garçons altérés d’Éric Noël (le 2 avril) ou encore La délivrance, de Jennifer Tremblay (le 3 avril).

— Jean Siag, La Presse

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Pour apprendre plein de choses

Inspirée de la bande dessinée du même nom, la websérie La liste des choses qui existent met en scène les dessinatrices Cathon et Iris. Deux filles curieuses et extravagantes qui se questionnent beaucoup sur les objets du quotidien et sur la technologie – qui est au cœur de nos vies en isolement au temps du coronavirus. Comment faisait-on pour communiquer avant l’invention du téléphone  ? Comment était le premier four à micro-ondes ? Quelles sont les origines du pain et des nouilles ? Cette websérie de l’Office national du film (ONF) nous permet de mieux apprécier tout ce que nous tenons pour acquis dans notre quotidien. N’est-ce pas de circonstance ? — Émilie Côté, La Presse

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(Re)voir J'aime Hydro

C’est à voir ou à revoir deux, trois ou de multiples fois… sur scène ou à l’écran ! J’aime Hydro, de la compagnie de théâtre documentaire Porte Parole, met en vedette Christine Beaulieu. Elle nous raconte le fruit de ses recherches pour savoir si Hydro-Québec a besoin de construire d’autres barrages hydroélectriques. À travers sa quête, on en apprend davantage sur la société d’État sans lourdeur didactique. Bien au contraire. Christine Beaulieu montre à merveille comment notre vie personnelle peut s’entremêler à notre engagement citoyen. Dans sa mission de mesurer nos besoins réels d’hydroélectricité, l’actrice et autrice est drôle, curieuse, humble et déterminée. Disons-le, J’aime Hydro a révolutionné le théâtre québécois. La pièce est offerte sur l'Extra de Tou.tv.

— Émilie Côté, La Presse

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