Sports dans les parcs

La passion de la balle-molle

Louis Tessier
Âge : 56 ans
Position sur le terrain : champ
Où joue-t-il ? Dans les parcs Père-Marquette et Jeanne-Mance, puis à Ville-Émard

L’été venu, de nombreuses personnes envahissent les grands parcs urbains pour pratiquer leur sport favori. Pause est allé à leur rencontre.

Quand avez-vous commencé à jouer à la balle-molle ?

Je n’ai pratiquement pas joué quand j’étais petit. Je n’étais pas très sportif, j’avais toujours le nez dans les livres. J’ai toutefois commencé à nager, à jouer au water-polo. Puis, j’ai aussi commencé à jouer à la balle-molle avec des amis, à quatre contre quatre. Nous avons ainsi joué pendant des années. C’est alors que je suis tombé sur une ligue qui existait depuis 35 ans, créée par des gars du Lac-Saint-Jean, à Montréal, les Mangeux de sable. J’ai alors commencé à jouer avec eux le mardi soir au parc Père-Marquette.

Est-ce que vous jouez souvent ?

Je suis rendu à jouer quatre à cinq jours par semaine. En plus de jouer les mardis soir, je vais au parc Jeanne-Mance une ou deux fois par semaine. J’ai aussi une autre ligue le dimanche à Ville-Émard. Et j’ai une certaine réputation : on sait que si on a besoin de quelqu’un pour jouer, je suis prêt !

Pourquoi est-ce que vous aimez la balle-molle ?

Pour moi, la camaraderie est très importante. C’est un sport qui permet de socialiser. Le rythme est lent, on peut se parler entre les manches. J’ai pu rencontrer des gens que je n’aurais pas rencontrés autrement, notamment des gens plus jeunes, qui sont devenus des amis. J’aime aussi le fait que c’est dehors : je passe mes étés à l’extérieur. C’est aussi un sport qui peut être athlétique, même si les gens ont parfois en tête l’image de messieurs bedonnants. J’aime beaucoup courir, sprinter, et à ma position, dans le champ, c’est très important de pouvoir sprinter.

Est-ce que la balle-molle présente des défis particuliers ?

Il y a évidemment la météo. S’il pleut trop, ça peut devenir dangereux. L’autre problème, c’est la possibilité de se blesser. Les joueurs courent vers le même point et risquent donc d’entrer en collision. Il y a aussi la balle. Même si on l’appelle “balle molle”, elle peut être assez dure.

Mais le plus grand défi, c’est encore la disponibilité des terrains, trouver des plages horaires pour jouer. Il y a de moins en moins de terrains. Un bon exemple, c’est ce qui se passe au parc Jeanne-Mance. L’année dernière, les autorités ont fermé le terrain nord [du côté de l’avenue du Mont-Royal] parce qu’elles refaisaient les courts de tennis et qu’elles voulaient y entreposer la terre. On pensait que les autorités allaient le rouvrir cette année, mais elles ont fini par le fermer définitivement pour des raisons de sécurité. Le manque de terrain, c’est devenu un problème. Et pourtant, toutes les études montrent que du monde actif, c’est ce qui est bon pour la société.

La balle-molle en bref

La balle-molle peut être jouée à la bonne franquette ou dans une ligue. Deux équipes de 9 à 12 joueurs s’affrontent. Comme au baseball, les équipes se succèdent à l’attaque (au bâton) et à la défense. Il faut progresser le long de trois buts et croiser le marbre pour marquer un point. Lorsque trois joueurs sont retirés, les équipes changent de place.

Un tour au bâton pour chacune des équipes constitue une manche. Il y a sept manches par match. La balle est plus grosse qu’au baseball. Contrairement au baseball, le lanceur lance la balle par en dessous.

Il existe des formes différentes de jeu, comme la balle rapide (moulinet), la balle lente et la balle orthodoxe. Pour des parties amicales, le lanceur peut appartenir à l’équipe qui est au bâton (balle donnée).

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