Grand Prix du Canada

« J’ai toujours aimé le circuit Gilles-Villeneuve »

En 2008, le pilote polonais Robert Kubica vivait les plus beaux moments de sa carrière sur le circuit de l’île Notre-Dame, à l’endroit où il avait pourtant frôlé la mort un an plus tôt.

On parle beaucoup, et avec raison, du 40e anniversaire de la victoire de Gilles Villeneuve cette semaine au Grand Prix du Canada, mais cette année marque aussi les 10 ans de l’étonnante victoire de Robert Kubica.

Le Polonais, qui a aujourd’hui 33 ans, est de retour dans les paddocks de l’île Notre-Dame cette semaine, une autre étape dans une carrière particulièrement mouvementée.

Arrivé en F1 en 2006 à 21 ans, en remplacement de Jacques Villeneuve avec l’équipe BMW-Sauber, Kubica s’est vite fait remarquer avec une troisième place en Italie lors de son troisième Grand Prix en carrière.

La saison suivante, il a été victime d’un très grave accident au Grand Prix du Canada, et c’est un peu par miracle qu’il a échappé à la mort cette fois-là. Victime d’une commotion cérébrale – il a encaissé un choc de 75 G – et d’une foulure à une cheville, il est vite revenu à la compétition.

En 2008, il disposait d’une voiture compétitive. Qualifié sur la première ligne au Grand Prix du Canada, il a profité d’une collision dans la ligne des puits entre Lewis Hamilton et Kimi Räikkönen pour se sauver vers ce qui reste aujourd’hui sa seule victoire en F1.

Passé chez Renault en 2010, il a été victime la saison suivante d’un autre accident, encore plus grave celui-ci, dans un… rallye, sa deuxième passion. Coincé dans sa voiture, évacué avec des fractures aux jambes et aux bras, Kubica sera longtemps entre la vie et la mort. Sauvé après plus de sept heures sur la table d’opération, il va toutefois perdre une grande partie de la mobilité de son bras et de sa main droits.

Revenu avec succès au rallye, ce n’est qu’en 2016 que le Polonais va tenter un retour sur les circuits. Approché par Renault la saison suivante, il va finalement s’entendre avec Williams pour un poste de pilote de réserve, ce qui lui permet cette saison de retrouver les paddocks de F1.

Nous l’avons croisé à Monaco pour évoquer ses souvenirs du Grand Prix du Canada.

« Je réalise avoir été très chanceux en 2007 quand j’ai eu mon accident, a-t-il avoué. Cela ne m’a toutefois pas intimidé et je me souviens être revenu très confiant la saison suivante. »

« J’ai toujours aimé le circuit Gilles-Villeneuve et je m’y suis toujours senti à l’aise. Et les Canadiens m’ont toujours soutenu, peut-être encore plus en 2008, alors que je revenais pour la première fois après l’accident. Gagner la course a évidemment été fantastique. »

— Robert Kubica

Kubica regrette toutefois plusieurs choses de cette journée mémorable. Il se souvient d’abord d’avoir quitté le circuit rapidement pour ne pas manquer un vol vers l’Europe, ratant ainsi les célébrations avec tous les membres de son équipe. Il déplore aussi ne pas avoir le trophée du vainqueur, ou une copie, l’équipe Sauber ayant toujours gardé l’original.

Le pilote aurait aussi aimé pouvoir acquérir une BMW-Sauber F1-08, la voiture au volant de laquelle il a gagné le Grand Prix, mais l’équipe n’est pas disposée à vendre celles qu’elle garde dans sa collection.

Un dernier regret concerne le Français Jean Alési, un autre pilote très populaire au Canada, qui lui avait dit après sa victoire de ne pas l’imiter : « Je lui avais demandé pourquoi, et il m’avait répondu qu’il n’avait gagné qu’un seul Grand Prix, au Canada justement », a rappelé Kubica.

« Je sais qu’il ne voulait pas me jeter un mauvais sort, mais c’est curieux de constater que c’est ce qui est arrivé. C’est la vie, mais j’aime penser que j’aurai d’autres occasions de corriger la situation un jour. »

Pour l’instant, le vétéran pilote joue un peu un rôle de mentor auprès de Lance Stroll et Sergey Sirotkin, tout en appuyant les ingénieurs de l’équipe Williams. Plus rapide que ses jeunes équipiers chaque fois qu’il en a l’occasion, il espère obtenir bientôt la chance de prouver qu’il n’a rien perdu de son talent.

UN TOUR AVEC KUBICA !

Robert Kubica connaît bien le circuit Gilles-Villeneuve où il a remporté sa seule victoire en carrière en Grand Prix.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.