États-Unis

3,6 milliards

La justice américaine a autorisé l’administration Trump à puiser dans le budget du Pentagone pour la construction du mur à la frontière avec le Mexique, une promesse de campagne du président qui peine à voir le jour. — Agence France-Presse

Haïti

Le système de santé « au bord du gouffre »

Manque de médicaments, oxygène, sang, carburant, personnel : dix ans après le séisme dévastateur en Haïti, le système de santé du pays caribéen, entré en récession en 2019, est « au bord du gouffre », alerte l’ONG Médecins sans frontières (MSF). En Haïti, miné par une profonde crise politique et économique, « les structures de soins – y compris celles gérées par MSF-peinent à fournir des services de base […] et ce, alors que les besoins médicaux restent importants », selon un communiqué de l’organisation diffusé jeudi. « Le soutien international que le pays a reçu ou qui a été promis à la suite du tremblement de terre ne s’est jamais concrétisé, ou a été arrêté depuis », déplore Hassan Issa, chef de mission pour MSF. Selon lui, l’attention médiatique s’est « détournée » alors que les Haïtiens sont de plus en plus touchés par la précarité et les violences. La crise qui sévit en Haïti a eu un impact dévastateur sur le système de santé haïtien, constate MSF. Dans certaines zones, le transfert de patients dans un état critique peut prendre « cinq heures de route pour trouver un hôpital pouvant les accepter », explique l’organisation. — Agence France-Presse

Liban

La justice interdit à Carlos Ghosn de quitter le territoire

La justice libanaise a interdit jeudi au magnat de l’automobile déchu Carlos Ghosn de quitter le pays à la suite d’une demande d’arrestation d’Interpol, le Japon réclamant l’extradition de l’homme d’affaires accusé de malversations financières. Multipliant les entretiens aux médias français et libanais, l’ancien PDG de Renault-Nissan a qualifié jeudi de « ridicules » des déclarations de la ministre de la Justice japonaise, qui souhaite sa comparution au Japon. Et au lendemain d’une spectaculaire conférence de presse à Beyrouth, première apparition publique depuis qu’il a fui Tokyo fin décembre, l’homme d’affaires de 65 ans s’est dit prêt à « coopérer » avec la justice libanaise. Jeudi matin, sans être vu par les journalistes postés devant le palais de justice de Beyrouth, M. Ghosn s’est rendu discrètement à son interrogatoire au parquet général. Il a été interdit de voyage, son passeport français a été confisqué et les procureurs ont demandé à Tokyo l’envoi de son dossier judiciaire, ont indiqué deux sources judiciaires à l’AFP. « En fonction du contenu du dossier, s’il est avéré que les crimes dont il est accusé au Japon imposent des poursuites judiciaires au Liban, il sera jugé », a précisé l’une des sources. « Si aucune poursuite judiciaire ne s’impose en vertu de la législation libanaise, il sera alors libre », a-t-elle ajouté. — Agence France-Presse

Libye

Haftar rejette l’appel au cessez-le-feu d’Ankara et de Moscou

Le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen, a salué jeudi soir l’appel au cessez-le-feu lancé la veille par Ankara et Moscou, tout en annonçant la poursuite de ses opérations militaires contre les forces loyales au Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU. Dans un communiqué lu par son porte-parole Ahmad al-Mesmari, le maréchal Haftar a estimé que la stabilité ou la relance du processus politique en Libye ne pouvaient être réalisées avant l’« éradication des groupes terroristes », la dissolution et le désarmement des milices qui contrôlent selon lui la capitale libyenne. Khalifa Haftar, soutenu notamment par l’Égypte et les Émirats arabes unis, mène depuis début avril une offensive pour s’emparer de la capitale libyenne, siège du GNA de Fayez al-Sarraj. Le GNA a de son côté salué mercredi soir l’appel à la trêve sans toutefois indiquer s’il allait s’y conformer. Les présidents turc Recep Tayyip Erdoğan et russe Vladimir Poutine ont appelé mercredi à Istanbul à un cessez-le-feu en Libye où leurs intérêts divergent pourtant. La Russie est accusée de soutenir le maréchal Haftar, en lui envoyant notamment des centaines de mercenaires, tandis que la Turquie a annoncé l’envoi de troupes en Libye en soutien au GNA. — Agence France-Presse

États-Unis

Trump veut assouplir une loi environnementale

Le gouvernement de Donald Trump a annoncé jeudi un projet d’affaiblissement de règles de protection de l’environnement afin de faciliter la construction d’autoroutes, d’aéroports ou encore d’oléoducs, une nouvelle salve dans le mouvement de déréglementation engagé par le président américain depuis 2017. « Ce n’est que le début », a lancé le président américain depuis la Maison-Blanche, affichant sa détermination à s’attaquer au « cauchemar de la réglementation ». En vertu d’une loi promulguée en 1970 par Richard Nixon, le National Environmental Policy Act (NEPA), tout projet de construction majeur aux États-Unis doit être précédé d’une étude d’impact environnemental menée par l’agence fédérale compétente, le Congrès ayant à l’époque voulu encourager « une harmonie productive et plaisante entre l’homme et son environnement ». Mais ces études d’impact durent des années, ce dont les entreprises et Donald Trump se plaignent. C’est par exemple avec une telle étude que le projet d’oléoduc Keystone XL fut longtemps retardé sous l’administration de Barack Obama, qui a fini par le rejeter (Donald Trump a ensuite accordé un permis). Le gouvernement Trump ne peut pas changer la loi votée par le Congrès, mais il peut en modifier les règles d’application, et c’est ce qui a été dévoilé jeudi. — Agence France-Presse

Réforme des retraites en France

Des centaines de milliers de personnes dans la rue

Des centaines de milliers de personnes sont descendus dans la rue partout en France jeudi pour la quatrième journée de manifestations interprofessionnelles contre la réforme des retraites, après plus d’un mois de conflit entre syndicats et exécutif.

Au 36e jour de grève, 452 000 manifestants ont été recensés par le ministère de l’Intérieur, dont 56 000 à Paris. Lors de la journée d’action du 17 décembre, 615 000 personnes avaient défilé dont 76 000 à Paris, selon le Ministère.

Le 5 décembre, au premier jour du mouvement, 806 000 personnes avaient défilé, selon la place Beauvau.

Selon la CGT, 370 000 personnes ont manifesté à Paris entre République et Saint-Augustin, où l’atmosphère s’est tendue en tête de cortège en fin d’après-midi. Les forces de l’ordre ont répondu par des charges et des tirs de gaz lacrymogène à des jets de projectiles. À 19 h, la préfecture de police faisait état de 16 blessés parmi les forces de l’ordre, 20 chez les manifestants. La police avait procédé à 27 interpellations à 19 h 30.

On dénombrait également des dizaines de milliers de manifestants ailleurs en France dans différents regroupements.

Transports perturbés

Vendredi, pour le 37e jour de grève à la SNCF – la plus longue de l’histoire –, le trafic sera encore perturbé avec deux tiers des TER et 4 TGV sur 5 en circulation, selon la direction. À Paris, la circulation des métros sera toujours « très perturbée » avec certaines lignes qui ne seront que partiellement ouvertes, notamment aux heures de pointe du matin et du soir, selon la direction de la RATP.

Dans la fonction publique d’État, le taux de grévistes était de 12,03 % contre 16,92 % le 17 décembre. Dans l’Éducation nationale, 18,81 % des personnels étaient en grève en primaire et 16,49 % dans les collèges et lycées selon le ministère (40 et 50 % selon les syndicats).

Les grèves se poursuivent dans d’autres secteurs, notamment chez les avocats avec des robes noires jetées à terre, des tribunaux bloqués et des audiences renvoyées. À Agen, une douzaine d’avocats ont symboliquement donné leur sang : « Quitte à être saignés par cette réforme autant que ça serve à quelque chose », a expliqué Me Laurent Bruneau, du Syndicat des avocats de France.

— Agence France-Presse

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