Opinion

Saurons-nous apprendre de nos erreurs ?

L’être humain est une bien curieuse créature ; trop souvent, il doit vivre un grand bouleversement, être mis au pied du mur pour changer ses façons de faire et d’être. La pandémie de COVID-19 n’aura pas été que tragique à mes yeux, en ce sens qu’elle aura permis d’éveiller enfin les consciences face à la réalité des aînés en société, aux conditions des patients en CHSLD et à l’importance de l’unité familiale. L’avenir serait-il prometteur, tout compte fait ?

La COVID-19 a été extrêmement funeste chez les aînés, principalement chez les plus âgés et moins autonomes. Ce véritable drame laisse tout de même poindre l’espoir que ces vies fauchées ne l’aient pas été en vain. Nelson Mandela a un jour dit : « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. » Saurons-nous faire preuve de la même sagesse et identifier avec lucidité les erreurs commises pendant la pandémie afin de ne plus jamais les reproduire ?

La crise sanitaire actuelle a effectivement démontré que l’âgisme existe encore et toujours dans notre société moderne. Selon certains gérontologues, il s’agit de la forme de discrimination la plus tolérée au monde. La présente pandémie a exposé ce non-respect des gens âgés au vu et au su de tous. En effet, pourquoi avoir imposé aux personnes âgées en santé et qui vivent en résidence un confinement extrême, interminable et discriminatoire ? Il aurait certainement été davantage bénéfique de mettre en place plus rapidement des processus d’isolement et des politiques de travail plus strictes et plus rigoureuses pour les employés soignants.

Nous sommes malheureusement pris dans une ornière. Nous confondons constamment vieillesse et maladie, alors que 50 % des gens de plus de 80 ans sont tout aussi lucides que vous et moi. Incidemment, je côtoie très souvent des gens de 90 ans fort inspirants du fait de leur dynamisme et de leur clarté d’esprit.

Nous commettons la grave erreur de les considérer tous comme faibles et vulnérables, de les priver de leur droit d’expression et de leur liberté, ce qui mène à nier leur individualité.

C’est, hélas, le traitement inadmissible que nous réservons trop souvent à nos aînés dans les sociétés occidentales.

Mais malgré les erreurs commises, tant par la Santé publique que par nous tous, je salue, au nom des aînés du Québec, le courage du gouvernement actuel d’écouter les recommandations des experts en matière de vieillissement et de considérer la situation actuelle comme une occasion d’améliorer les conditions de vie des aînés. Je souhaite de tout cœur que, dorénavant, la qualité des logements, le traitement des employés et la qualité des services dédiés aux aînés malades du Québec soient enfin et à jamais corrigés. Je le remercie donc d’être le catalyseur de ce changement de comportement envers les aînés, envers celles et ceux à qui nous devons la vie, rien de moins.

La crise de la COVID-19 n’aura pas eu que de mauvais côtés, aux dires de quelques-uns de nos résidants. Elle aura permis à plusieurs couples de se rapprocher, de mieux comprendre leurs enfants et d’amener ceux-ci à communiquer davantage avec les grands-parents. En somme, cette crise aura permis de valoriser à nouveau la notion de famille, grâce à une prise de conscience collective de son importance ; une victoire dont nous verrons certainement les effets collatéraux positifs perdurer au-delà de la crise, peu importe sa durée. À ce sujet, je demeure très optimiste.

Enfin, grâce au courage des personnes âgées d’aujourd’hui qui ont traversé, encore une fois, une grande épreuve sociétale avec panache, et grâce à la nouvelle vision de notre présent gouvernement, j’ose espérer que les aînés de demain pourront enfin bénéficier de services à la hauteur de leurs mérites, habiter des environnements conçus avec amour et compassion, où le « mieux vieillir » émane de chaque centimètre carré. Car ne l’oublions pas : nous sommes tous l’aîné d’un autre. Que règne notre dignité !

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