Boxe

Dicaire réussit sa défense

Marie-Ève Dicaire a conservé sa ceinture de championne du monde IBF des poids super-mi-moyens en l’emportant par décision unanime (97-93, 98-92, 99-91) face à Mikaela Laurén, hier soir au Casino de Montréal.

Contre la puissante Suédoise, invaincue jusque-là chez les 154 lb, la boxeuse québécoise a passé, sans réelles difficultés, le test le plus important de sa carrière.

« Je viens de battre mon aspirante numéro 1, a lancé Dicaire, tout sourire. Avant le combat, il y en a beaucoup qui ne donnaient pas cher de ma peau parce que j’avais juste 14 combats. [Laurén] disait qu’elle avait plus de knock-out que moi de victoires, mais je viens d’infliger une défaite à sa fiche et, moi, la mienne est toujours immaculée. »

Dicaire a intelligemment géré ce combat qui offrait une opposition de styles. La Québécoise est davantage reconnue pour sa technique, tandis que Laurén est réputée pour sa puissance. À plusieurs reprises, Dicaire a d’ailleurs encaissé quelques coups solides – crochet de la gauche, main droite –, sans toutefois se laisser impressionner.

« J’avais peut-être anticipé une victoire plus facile, mais il faut donner crédit à Laurén. C’est une fille tough, mais avec la stratégie qui avait été établie, je pensais même qu’on aurait pu l’arrêter [avant la fin]. Ça fait partie de l’apprentissage et, chaque fois, Marie-Ève réussit à s’adapter », a commenté son entraîneur, Stéphane Harnois.

Très tôt dans le combat – au deuxième round –, le clan de Dicaire a dû revoir son plan après un choc de tête qui a laissé une vilaine coupure à l’arcade sourcilière gauche de la Québécoise. Son entraîneur l’a alors exhorté à se déplacer vers sa droite pour éviter d’autres coups de tête.

« On savait que, si elle frappait dans la coupure, l’arbitre allait arrêter le combat. La stratégie a donc été établie pour éviter de recevoir des coups. On a été un peu plus conservateur, j’ai accroché à l’intérieur pour éviter les coups et j’ai boxé à distance. Ça fait des fois des combats moins spectaculaires, mais c’est la victoire qui compte. »

— Marie-Ève Dicaire

Laurén, âgée de 43 ans, effectuait un retour sur le ring après avoir pris sa retraite en juin dernier. L’ancienne championne WBC (2014-2016) espère maintenant avoir un combat revanche tout en ayant plus que trois semaines pour se préparer. Hier, on l’a d’ailleurs sentie de plus en plus fatiguée au fil des rounds et incapable d’atteindre Dicaire, bien plus agile et rapide.

« Je ne vois pas l’intérêt d’aller chercher une revanche, a répliqué Dicaire. Elle n’a aucune ceinture à mettre en jeu. Moi, j’ai fait ma défense de titre, je suis prête à passer à autre chose et à aller chercher d’autres ceintures. S’il y a une revanche, on va la faire, mais je ne vois pas l’intérêt de faire ça. »

Selon le plan dévoilé en début d’année, Dicaire devrait se battre en juin, en septembre et en décembre dans le cadre d’un combat d’unification chez les 154 lb. Elle rêve ensuite de descendre chez les 147 lb afin d’affronter Cecilia Brækhus.

Hier, en tout cas, elle a signé la victoire la plus significative de sa carrière contre un nom bien connu dans le monde de la boxe féminine.

« Garder le focus »

Le combat d’hier comportait un défi supplémentaire pour Dicaire, dont le camp d’entraînement avait dû être prolongé de trois semaines. Rappelons que son combat précédent avait été annulé à la dernière minute. « Ma plus grande fierté est d’avoir su retrouver mon focus. Je boxe parce que j’aime ça et, si je n’avais plus envie de faire ce combat-là, je ne l’aurais pas fait. Je suis passée par toute la gamme des émotions et j’ai réussi à trouver la motivation. »

Victoire pour Théroux

Cinq autres combats étaient au programme, hier soir, au Casino de Montréal. En demi-finale, le poids mi-moyen David Théroux a dû se rendre à la limite face au coriace Mexicain Juan Daniel Bedolla Orozco. Il l’a finalement emporté par décision unanime (80-72, 80-72, 80-72).

Le poids super-léger Mazlum Akdeniz a obtenu une neuvième victoire en neuf combats en l’emportant également par décision unanime (80-72, 80-72, 80-72) face au Mexicain José Guillermo García. Opposé à Juan Cruz Correa, Terry Osias a, de son côté, ajouté une victoire par K.-O technique à sa fiche (8-0-0, 4 K.-O.), tandis que Yann Pellerin a vaincu Eduardo Valencia Aguilar par décision unanime (39-36, 40-35, 40-35).

Finalement, Diizon Belfon avait lancé la soirée avec une victoire par K.-O. technique, lors du deuxième round, aux dépens de Gerardo Aldama.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.