COVID-19

Le rêve de vacances sous le soleil américain s’éloigne à nouveau

La fermeture de la frontière entre le Canada et les États-Unis est prolongée d’un mois

Ottawa — Plus ça va, plus le rêve de vacances au soleil sur les plages de Wildwood ou de Cape Cod disparaît, comme un mirage. Car pour la deuxième fois, la fermeture de la frontière canado-américaine a été prolongée d’un mois, ce qui signifie que les voyages non essentiels seront interdits au moins jusqu’au 21 juin. Et François Legault espère que cela restera en vigueur au moins un mois de plus.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé mardi ce à quoi il préparait le terrain dans ses conférences de presse des derniers jours : la frontière entre le Canada et les États-Unis ne sera pas rouverte aux voyages non essentiels avant le 21 juin prochain. « C’est une décision importante qui va protéger les gens des deux côtés de la frontière », a-t-il déclaré.

Il a noté que les provinces plaidaient en faveur d’une telle prolongation à l’entente intervenue le 21 mars dernier entre Ottawa et Washington. « Il y avait un désir clair de continuer avec les mesures, a-t-il argué en conférence de presse à Rideau Cottage. Vous savez que c’est une vulnérabilité que nous ressentons tous [concernant] les cas de COVID qui pourraient arriver de l’extérieur. […] Et les Américains ont été très ouverts à [prolonger] pour un autre 30 jours. »

L’administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, a ensuite rappelé en conférence de presse que la « réduction massive » du nombre de visiteurs étrangers au pays avait « permis au Canada de gérer cette première vague de la pandémie ».

Ainsi, il faut avant tout retirer « lentement » les mesures de confinement à l’intérieur du pays, et observer le résultat d’un point de vue épidémiologique, avant de rouvrir les frontières internationales, selon elle.

Trump sème le doute

Mais peu après, au sud de la frontière, où l’on recense le plus grand nombre d’infections et de décès liés à la COVID-19, le président américain Donald Trump a semé la confusion en laissant entendre que la frontière pourrait être déverrouillée avant le 21 juin. Au bureau de Justin Trudeau, on a signalé que les propos formulés par le premier ministre étaient « toujours de mise ».

Du côté de Québec, le premier ministre François Legault a exprimé le souhait de voir la frontière demeurer scellée pendant encore plusieurs semaines. « Je voudrais que ce soit prolongé d’un autre mois, jusqu’en juillet », a-t-il affirmé.

« Tant que la situation ne sera vraiment pas en contrôle, je pense que la dernière chose que nous voulons, c’est d’avoir par exemple des gens de New York qui viennent à Montréal et y ravivent le virus. »

— François Legault

Selon des données fournies par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), les passages à la frontière terrestre ont baissé de 88 %, et les arrivées de voyageurs aériens des États-Unis ont dégringolé de 98 % entre le 11 et le 17 mai 2020 comparativement à la même période l’an dernier. Et bien que l’entente intervenue n’entrave aucunement le commerce entre les deux partenaires, l’ASFC a constaté une baisse de 31 % du nombre de camionneurs entrant au Canada, toujours pour la même période.

Dispositions sur les migrants

L’accord Ottawa-Washington prévoit aussi que les migrants irréguliers qui entrent sur le sol canadien pour faire une demande d’asile sont refoulés aux États-Unis. Justin Trudeau a été évasif lorsqu’on lui a demandé s’il voudrait pérenniser cette mesure, que plusieurs groupes humanitaires ont critiquée.

Dans une lettre ouverte qui lui a été envoyée la semaine passée et qui est notamment signée par l’ancienne haute commissaire des Nations unies Louise Arbour, on fait valoir qu’« étant donné les nombreuses failles de la protection des personnes réfugiées aux États-Unis – qui ne respectent pas leurs obligations internationales – il est important que le Canada ouvre ses frontières à celles et ceux qui ne peuvent trouver de protection et faire respecter leurs droits ».

Depuis l’entrée en vigueur de cette entente, seule une poignée de demandeurs d’asile irréguliers ont tenté de pénétrer au Canada et ont été renvoyés vers le sud. En date du 12 mai, 14 ont été interceptés par voie terrestre entre les points d’entrée qui se trouvent sur le sol québécois – dont le chemin Roxham, à Saint-Bernard-de-Lacolle –, puis refoulés.

Élargissement du compte d’urgence pour les entreprises

Le premier ministre a annoncé mardi l’élargissement du Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes, sans toutefois en préciser l’entrée en vigueur. « Si vous êtes l’unique propriétaire et employé d’une entreprise, si votre entreprise dépend de travailleurs sous contrat ou si vous avez une entreprise familiale et vous payez vos employés avec des dividendes, vous allez être admissibles », a-t-il affirmé. « Par exemple, si vous avez un salon de coiffure où vos stylistes louent des fauteuils, si vous êtes un physio qui travaille à son compte, ou si vous êtes propriétaire d’un gym qui emploie des entraîneurs sous contrat, le programme sera là pour vous », a illustré Justin Trudeau. Le programme de crédit visait initialement les entreprises ayant une masse salariale de 50 000 $ à 1 million en 2019, avant d’être étendu aux entreprises ayant de 20 000 $ à 1,5 million en masse salariale l’an dernier. « On s’est aperçus que des petites entreprises n’étaient pas capables d’aller chercher un prêt d’urgence. […] L’objectif est à nouveau de s’assurer que nos petites entreprises puissent nous permettre de relancer pleinement l’économie », a réagi Jean-Yves Duclos, président du Conseil du Trésor. 

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