L’Ouest enfin conquis ?

La balance du pouvoir dans la LNH penche-t-elle officiellement à l’Est ? Chicago, Los Angeles ou Anaheim, jadis des puissances qui rendaient l’Ouest si intimidant, ne font plus peur à grand monde. Les données des dernières années – et de cette saison – laissent croire que la domination de l’Est sur l’Ouest est bel et bien établie.

Méconnaissable

Les amateurs de hockey de Montréal sont bien placés pour se rendre compte du changement dans le rapport de force, puisque le Canadien est méconnaissable contre l’Ouest. D’ordinaire brouillons contre l’autre association, voilà que les hommes de Claude Julien présentent une fiche de 15-9-0 contre l’ancienne conférence Clarence-Campbell. Le Tricolore a d’ailleurs battu les quatre dernières équipes de l’Ouest qu’il a affrontées (Winnipeg, Anaheim, Edmonton, Arizona) et a perdu ses trois derniers duels contre son association (Toronto, New Jersey et Philadelphie).

La vitesse

Depuis le lock-out de 2012, c’est la première fois que le Canadien connaît plus de succès contre l’Ouest que contre l’Est (voir tableau). Jordie Benn, qui a passé le début de sa carrière à Dallas, y voit un autre bénéfice de la nouvelle vitesse des Montréalais. « Plusieurs équipes dans l’Ouest sont plus costaudes. Contre ces équipes, on aime utiliser notre rapidité. Après notre match à Dallas [le 31 décembre], je parlais à des gars des Stars et ils étaient impressionnés par la vitesse à laquelle nous jouons. Tout le monde sait que notre rythme est rapide, mais tant que tu ne le constates pas sur la patinoire, tu ne le réalises pas. Je pense que c’est un de nos avantages contre ces équipes. »

,574

Avant les matchs d’hier, les équipes de l’Est présentaient une fiche de ,574 contre celles de l’Ouest, c’est-à-dire qu’elles avaient récolté 57,4 % des points à l’enjeu dans les matchs inter-association. De son côté, l’Ouest jouait pour ,536 contre l’Est. (Note : le total dépasse 1,000, en raison des matchs en bris d’égalité qui valent un point au perdant.) Si la tendance se maintient, l’Est aura l’avantage dans les duels contre l’Ouest pour la troisième fois au cours des quatre dernières saisons. Tout ça après des campagnes 2013-2014 et 2014-2015 largement dominées par les équipes occidentales.

C’est chaud !

Un autre indice de la puissance de l’Est : la dernière place disponible en séries éliminatoires. À l’heure actuelle, les Penguins de Pittsburgh, dernière équipe de l’Est repêchée pour les séries, sont en voie d’amasser 94 points. Dans l’Ouest ? Au rythme actuel, les Blues de St. Louis concluront le calendrier avec 88 points. Ce serait la quatrième saison de suite où le huitième club qualifié dans l’Est serait plus fort que son équivalent dans l’Ouest. Souvenons-nous qu’en 2016, le Wild du Minnesota s’était faufilé en séries avec seulement 87 points. Ça s’était terminé au premier tour.

Le trophée qui compte

Mine de rien, c’est aussi dans l’Est que les trois dernières Coupes Stanley ont été remportées, avec le triomphe des Capitals de Washington précédé du doublé des Penguins. Avant cela ? Sept champions de l’Ouest en neuf ans, avec Boston et Pittsburgh pour briser le monopole (les Red Wings de Detroit jouaient encore dans l’Ouest quand ils ont triomphé en 2008). Et avant cela ? Trois victoires de suite de l’Est (Caroline en 2006, Tampa Bay en 2004, New Jersey en 2003), un rappel que ces changements dans le centre de gravité sont souvent bien cycliques.

Les vedettes dans l’Ouest

Reste toutefois une catégorie où l’Ouest demeure supérieur à l’Est : les vedettes offensives. Avant les matchs d’hier, six des dix premiers compteurs du circuit étaient établis dans l’Ouest. Derrière ce top 10, les joueurs en 11e, 12e et 13e places jouent également dans l’Ouest. Dans les six saisons depuis 2013 (en incluant la présente campagne), le top 10 des marqueurs de chaque année est composé à 57 % de joueurs de l’Ouest. Messieurs McDavid, Kane, Benn et Seguin y sont pour beaucoup.

Canadien c. Predators, jeudi (20 h) à Nashville

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