Télévision

Le retour de Victor Lessard

Êtes-vous du genre à dévorer une série d’un trait ? Ou, comme moi, à retenir votre appétit et à vous en garder pour plus tard, question de faire durer le plaisir le plus longtemps possible ? C’est ce que je risque de faire avec Victor Lessard, une des meilleures séries québécoises des dernières années, dont la deuxième saison est offerte à partir d’aujourd’hui sur le Club illico.

La première saison avait généré 3 millions de visionnements l’an dernier, dont le tiers en seulement une semaine. On peut parler d’un grand succès au Club pour l’adaptation télévisuelle de l’œuvre de Martin Michaud, reprise récemment sur AddikTV.

Dans Victor Lessard : violence à l’origine, on retrouve notre duo d’enquêteurs des crimes majeurs, drôlement assortis, mais d’une redoutable efficacité, Victor et Jacinthe (Patrice Robitaille et Julie Le Breton), quelques semaines à peine après la fin de la première saison. Et un an après une opération policière qui a mal tourné, ce qui a coûté la vie à deux collègues de Victor. Le pas très sympathique commandant Maurice Tanguay (Paul Doucet) le tient responsable des deux morts, même s’il n’a aucune preuve de ce qu’il avance. Et il compte le lui faire payer.

Nouvelle enquête

Comme on se lance dans une toute nouvelle enquête, ce n’est pas absolument nécessaire d’avoir vu la première saison pour entrer dans la deuxième, quoique ça aide pour comprendre les personnages. Le père de Victor, un homme défiguré incarné par Germain Houde et apparu dans la dernière scène de la première série, revient dans la deuxième. Si vous vous souvenez de la machine de torture de l’an dernier, sachez que les méthodes du tueur de cette année, qui agit en portant un masque à gaz, sont tout aussi sordides. Victor et Jacinthe ont 10 épisodes pour dénouer cette nouvelle enquête, marquée par la découverte d’une tête humaine dans un conteneur à déchets.

Une histoire parallèle concerne un centre d’aide pour jeunes en difficulté, l’Accueil Ici Maintenant, que Victor a lui-même fréquenté dans sa jeunesse. Benoît McGinnis y interprète un intervenant, adepte de photographie, aux comportements étranges. La disparition de deux jeunes femmes, jouées par Marianne Fortier et Laurie Babin, suscitera l’inquiétude. Attendez de voir Gilles Renaud dans un rôle complètement flyé, un homme beaucoup trop gentil, qui vit dans une magnifique maison, et qui prend l’une des deux disparues sous son aile. À sa place, j’aurais peur.

Une œuvre de calibre international

Alors que le romancier Martin Michaud et l’auteur Frédéric Ouellet avaient dû réduire l’histoire du troisième roman pour la première saison, le duo a dû au contraire étoffer le scénario pour ce nouvel opus, le roman Violence à l’origine ayant 200 pages de moins que le précédent. Mathieu Baron, qu’on voit de plus en plus comme comédien, incarne un sympathisant d’un gang criminel qui risque d’avoir de très gros problèmes. Antoine Pilon, qu’on voit dans plusieurs séries, est le fils handicapé du commandant Tanguay, et Luc Guérin, le directeur de la police. Encore une fois, les images de Montréal sont splendides, et le réalisateur Patrice Sauvé offre une œuvre de calibre international. Pixcom, qui produit la série en 4K, travaille actuellement à une adaptation anglaise de Victor Lessard.

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