Alyson Charles

À la recherche de la vitesse supérieure

En l’absence de Kim Boutin, qui soigne une tendinite à un genou, d’autres patineuses canadiennes auront l’occasion de rayonner aux Championnats ISU des Quatre Continents, qui ont lieu samedi et et dimanche à l’aréna Maurice-Richard, à Montréal. Alyson Charles a l’intention de se « donner à 100 % ».

Fraîchement auréolée de son record mondial au 500 m, Kim Boutin avait pris toute la lumière à la dernière Coupe du monde de patinage de vitesse courte piste de Montréal, en novembre.

Après une victoire au 1000 m le samedi, la vedette de l’équipe canadienne avait récidivé le lendemain au 500 m, devançant une Sud-Coréenne et une Chinoise.

Alyson Charles, l’autre membre de cette finale, avait dû se contenter du quatrième rang. Dixième la veille au 1000 m, elle venait de connaître un excellent week-end après une expérience plus difficile à la Coupe du monde de Salt Lake City une semaine plus tôt (27e et 12e). Sans compter une deuxième médaille de bronze au relais.

Mais la Montréalaise de 21 ans n’était pas entièrement satisfaite. À pareille date un an plus tôt, elle avait réussi des débuts fracassants sur le circuit, gagnant trois fois le bronze à son baptême à Calgary avant d’arracher l’or sur 1000 m à Salt Lake City. En fin de saison, elle a ajouté à sa récolte une médaille de bronze sur 1000 m à Turin et le bronze au relais à ses premiers Mondiaux en Bulgarie.

Alors une quatrième place… « Je comparais ça à l’année passée, a reconnu Charles plus tôt cette semaine. J’étais capable de franchir ce pas et d’avoir les podiums. C’était un peu plus difficile de me dire : les résultats sont là même si je n’ai pas de médaille. Je suis quand même très proche. Je dois repartir comme si c’était à zéro, pas sur les attentes de l’année passée. »

Son entraîneur Frédéric Blackburn l’a aidée à mettre les choses en perspective, lui démontrant que le calibre de compétition était plus relevé en cette deuxième année du cycle olympique. Les Chinoises, entre autres, « ont pris une grosse coche ».

Plus forte physiquement, Charles, spécialiste du 500 m, doit en revanche composer avec de nouvelles exigences techniques. Depuis l’intersaison, elle s’attarde particulièrement à ses sorties de virage, où elle a tendance à se relever et à perdre un peu de son élan.

« On a vu que ça vient peut-être d’une crainte de la vitesse. C’est quand même un travail de longue haleine pour moi. De plus en plus, je vois les améliorations. »

— Alyson Charles

Blackburn compare cela à une voiture qui ralentirait toujours à la fin d’une courbe. La perte de vitesse s’accompagne d’une dépense énergétique pour la reprendre. Kim Boutin a beaucoup travaillé sur cet élément technique, avec grand succès.

« Ça arrive après l’apex, a détaillé Blackburn. [Pour Alyson], il y a encore toujours un moment d’attente, comme si elle ralentissait. On a des outils pour voir ça concrètement ; on peut le chiffrer. »

Pour l’instant, l’amélioration est marginale. Le coach s’attend à ce que ça débloque de façon marquée, peut-être la saison prochaine. Chose certaine, sa jeune protégée est déjà une véritable « professionnelle » dans sa préparation. Elle ne craint pasles remises en question.

« Son état d’esprit, c’est : “moi, j’ai ça à apprendre, quand je vais l’avoir appris, je vais m’améliorer”, a exposé Blackburn. C’est une travaillante. Elle a une grosse caisse aussi. Elle est capable d’en prendre mentalement et physiquement. »

Aux Coupes du monde de Nagoya et de Shanghai, le mois dernier, Charles a terminé respectivement cinquième et sixième du 1000 m. En Chine, elle a contribué à la médaille d’or au relais, une première pour les Canadiennes depuis 2015.

Pour les Championnats ISU des Quatre Continents, samedi et dimanche à Montréal, elle n’aura qu’une idée en tête chaque fois qu’elle posera les lames sur la ligne de départ : patiner le plus vite possible, sans se soucier des enjeux et des attentes. L’athlète issue du club Montréal–Saint-Michel a appris d’une mauvaise expérience aux Mondiaux juniors de 2017, où elle avait mal composé avec son statut de championne nationale.

« Ce qui marche tout le temps pour moi, c’est de me donner à 100 % à chaque course, a dit Alyson Charles. J’y vais simplement, et c’est comme ça que je réussis le mieux. »

C’est aussi la meilleure façon d’attirer les projecteurs.

Un poste à l’enjeu

Des contre-performances conjointes des recrues Alyson Charles et Courtney Sarault aux derniers Mondiaux de Sofia ont eu une conséquence en vue des prochains, à Séoul, en mars : l’équipe canadienne ne pourra compter que sur deux partantes plutôt que trois dans les épreuves individuelles.

Si le poste de Kim Boutin est déjà acquis, les mêmes Charles et Sarault sont les mieux positionnées pour pourvoir le deuxième. Les Championnats des Quatre Continents représentent une occasion de les départager avant les Coupes du monde de Dresde et de Dordrecht (Pays-Bas), le mois prochain, qui seront déterminantes.

La Montréalaise Camille De Serres-Rainville, qui revient d’une opération à une cheville subie au printemps, sera l’autre représentante canadienne dans les distances individuelles. Claudia Gagnon et Danaé Blais sont en lice pour le relais.

Comme son homologue Sébastien Cros chez les hommes, l’entraîneur Frédéric Blackburn n’a pas ajusté la préparation de sa troupe en fonction de ce nouvel évènement au calendrier. « Elles vont arriver peut-être un peu plus fatiguées que pour d’autres compétitions qu’on a faites dans la saison, a-t-il prévenu. Je m’attends à ce qu’elles veuillent gagner dans des états différents d’entraînement. Si elles ne gagnent pas, ce n’est pas la fin du monde pour moi. »

Horaire 

– Samedi, de 14 h à 18 h : 1500 m, 500 m

– Dimanche, de 14 h à 18 h : 1000 m, 3000 m super finale, relais

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