OPINION

COMMERCE INTERNATIONAL
Pour en finir avec Trump

Les Américains sont les seuls responsables de ce gâchis ; ce sont eux qui ont élu ce président

Permettez-moi d’énoncer ici une stratégie à laquelle je pense concernant le commerce international des États-Unis avec le reste du monde. L’objectif visé est d’inverser les rôles d’imputabilité et de responsabilité de cette crise mondiale du commerce. 

L’histoire reconnaît que c’est Trump le « bad guy » qui a créé ce chaos, mais on oublie que ce sont les Américains qui l’ont élu. Il faut réduire la résonance du nom Trump.

Supposons que nos délégations, nos ambassades, l’administration publique et privée, nos politiciens de même que tous les pays concernés par les nouvelles directives économiques américaines se mettent d’accord pour que l’on ne mentionne plus dorénavant le nom « Trump ». Que tous les documents écrits, les vidéos, les communiqués, les rapports de tous les intervenants ne mentionnent nulle part Trump.

Ce nom est évité, banni du vocabulaire, il doit devenir absent, disparaître.

Au lieu de cela, on le remplace par les formules « Monsieur le président américain », « le dirigeant américain », « Monsieur le président des États-Unis d’Amérique », « le commandant en chef américain », « les Américains », « le gouvernent américain », « l’état-major américain »…

Il faut augmenter le volume pour que le nom « Américains » résonne plus fort, démontrant ainsi que ce sont eux maintenant la bête noire de l’histoire. Ils sont les seuls responsables de ce gâchis et de tous les maux ; ce sont eux qui ont élu ce président. Partout, on leur fait mauvaise presse et cela les interpelle comme les « bad guys » de ces nouvelles politiques commerciales.

Ce faisant, le peuple verra avec désagrément son image autant décriée, sa notoriété mondiale ternie, sa réputation perdue de bon peuple américain, accueillant, ouvert, protecteur.

L’hégémonie et la grandeur des Américains sont maintenant ébranlées, et peut-être choses du passé. Ils auront l’impression d’être coupables d’avoir élu un président en train de mettre l’Amérique K.-O.

Comme disait Freud : « La voix de la raison est faible, mais elle finit toujours par se faire entendre. » Espérons que les citoyens américains l’entendront et voudront retrouver leurs belles valeurs et redevenir de bons partenaires commerciaux.

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