Peur, pas peur, j’y vais !

Petit lexique des phobies

Vous craignez les serpents, le tonnerre, les hauteurs ? La peur est une réaction saine qui avertit d’un danger potentiel. Mais si votre frisson prend la forme d’une angoisse déraisonnable, un obstacle invisible – mais réel – limite alors votre audace. Voici certaines phobies qui empêchent de foncer pour vrai.

La glossophobie

La peur de parler en public

La glossophobie peut mettre tout un frein à une carrière. Bouche sèche, gorge nouée, visage écarlate, mains qui tremblent… Pas génial pour convaincre un auditoire ! Devant l’obligation absolue de prendre la parole, certains phobiques perdent conscience pour se soustraire à leur terreur. Des techniques de mémorisation et de concentration, alliées à une très bonne connaissance du discours qu’on souhaite livrer, peuvent aider à combattre la glossophobie.

L’haptophobie

La peur d’être touché

L’haptophobie se manifeste par une crainte irraisonnée d’entrer en contact avec le corps d’une autre personne. Le spectre va de la peur d’être frôlé involontairement en public à l’angoisse d’un toucher volontaire et plus intime. L’haptophobe évite systématiquement les transports en commun, les expositions achalandées ou les fêtes populaires, et il demeure prudent dans les soirées mondaines ou les rassemblements publics. Cette phobie nuit considérablement aux relations personnelles, sociales et professionnelles. Outre la thérapie, la pratique du yoga, de la méditation ou de n’importe quelle technique de relaxation peut s’avérer bénéfique.

L’amaxophobie

La peur de conduire une voiture

L’amaxophobie frappe bien plus fort qu’on le croit. Le conducteur ne peut s’empêcher d’imaginer des accidents terribles une fois au volant. Il sue, tremble et panique à la vue d’obstacles routiers inattendus – imaginons un Montréalais amaxophobe au milieu des cônes orange ! Si l’on vit à l’extérieur des grands centres, le simple fait de se rendre au travail ou de jouer les « parents taxis » avec ses ados représente un défi quotidien vraiment complexe. Certains cours de conduite personnalisés peuvent faire une différence.

La néophobie

La peur de la nouveauté

La néophobie force celui qui en souffre à se limiter à ce qu’il connaît déjà… ce qui n’est pas le meilleur moteur pour qui souhaite foncer pour vrai. Déménager, changer d’emploi et adopter un nouveau trajet représentent autant de découvertes bannies de la vie du néophobe. C’est la néophobie alimentaire qui serait la plus répandue. Jumeler des aliments (un qu’on aime et un autre qu’on appréhende, mais qui sont servis ensemble) ou en changer la forme peuvent aider. Chez les enfants, la participation à la préparation des repas peut s’avérer être une stratégie gagnante.

L’hypégiaphobie

La peur des responsabilités

De toutes les anxiétés sociales, c’est peut-être celle qui apparaît le moins comme une peur et qui se déguise plutôt en trait de caractère. On parle d’hypégiaphobie quand cette peur devient un frein systématique à l’évolution, que ce soit au travail ou dans la vie de couple. L’hypégiaphobe refuse d’avancer, prenant de moins en moins de décisions dans sa vie.

La katagélophobie

La peur du ridicule

On en souffre tous plus ou moins, mais quand elle se mue en panique, la katagélophobie peut pousser la personne qui en est atteinte à changer de personnalité. Cette phobie rend le sujet tellement mal à l’aise en société qu’il devient, avec le temps, complètement introverti. Éventuellement, des choses aussi anodines que demander au serveur une précision sur le menu ou porter un nouveau vêtement provoquent un stress intolérable. En affrontant le plus souvent possible la situation sociale qu’on craint de vivre, on se concentre sur les réactions réelles de l’entourage plutôt que sur nos appréhensions.

La xénoglossophobie

La peur des langues étrangères

Voilà toute une contrainte pour qui a envie de voyager ! La personne xénoglossophobe qui entend une langue étrangère se sent menacée, et ce, même si sa raison lui souffle qu’il n’y a aucun danger. Son rythme cardiaque s’accélère, ses muscles se tendent et sa respiration se fait courte. De quoi se couper du monde !

La thalassophobie

La peur de la mer

Un thalassophobe gagne un voyage à Bora Bora dans un hôtel 5 étoiles sur pilotis… et dira : « Non, merci ! » Cette peur panique des grands plans d’eau bousille les vacances à la mer, les séjours en chalet au bord du lac et même les parties de pêche entre amis. Le sujet craint la sensation de vide, la distance avec la terre ferme ou parfois même l’apparition de créatures marines légendaires.

Pour en finir avec la peur

Vous vous reconnaissez dans l’une ou l’autre de ces descriptions ? Sachez qu’il existe différentes psychothérapies pour vous débarrasser de vos phobies. Thérapie émotivo-rationnelle, désensibilisation systématique, hypnose, thérapies utilisant la réalité virtuelle… Un groupe d’entraide sera en mesure de vous orienter.

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