La Planète économique

Envie de faire des affaires à l’étranger ? Visez l’Orient

Vous voulez faire des affaires à l’étranger ? Pour y établir une entreprise, construire une usine et obtenir du financement sans se buter à un mur bureaucratique, mieux vaut mettre le cap sur l’Orient, recommande une nouvelle étude dont les résultats sont à la fois surprenants et décevants… pour le Canada.

Sur les cinq premiers pays du monde où il est « le plus facile de conduire des affaires », quatre sont en effet situés en Asie et en Océanie, indique le palmarès Doing Business 2019 de la Banque mondiale (BM), dont le rapport exhaustif est très suivi par la communauté d’affaires internationale.

La Nouvelle-Zélande vient au premier rang du nouveau classement de l’organisme établi à Washington. Concrètement, il ne faut que « quelques heures » pour enregistrer son entreprise dans ce pays, dit la BM à titre d’exemple.

Suivent Singapour (2e), Hong Kong (4e) et la Corée du Sud (5e). Seul pays occidental à se hisser dans le top 5, le Danemark s’installe au 3e rang.

Le Canada dégringole

Ce rapport fera cependant grincer des dents chez nous puisque le Canada, dont les résultats sont basés sur la ville de Toronto, dégringole de quatre rangs pour se retrouver à la 22e position mondiale. C’est notre plus mauvais bulletin depuis que la BM a commencé à faire ce classement, il y a 15 ans.

Il est d’ailleurs plus facile de faire des affaires en Géorgie (6e), aux Émirats arabes unis (11e), en Malaisie (15e) ou même à l’île Maurice (20e) qu’au pays de Justin Trudeau.

Le Canada obtient une bonne note pour la facilité de créer une entreprise (3e), mais échoue lamentablement sur les temps/coûts de branchement à l’électricité, la protection légale des contrats (96e) et l’obtention des permis de construction (63e).

Mince consolation, le Canada n’est pas le seul pays « riche » à obtenir une note aussi moche puisqu’il devance l’Allemagne (24e), la France (32e) et le Japon (39e).

La première économie mondiale, les États-Unis, glisse de deux rangs, à la 8e position. À l’opposé, la Chine récolte les fruits de ses réformes économiques et administratives et grimpe 30 marches pour se retrouver à la 46e position.

Vivement des réformes

L’indice de la BM sur la facilité de conduire des affaires mesure dans 190 pays les réformes menées dans 11 domaines, dont la création d’entreprises, l’obtention d’un permis de construire, le transfert de propriété et l’obtention de prêts.

La réforme la plus courante est celle qui vise à faciliter la création d’entreprises. La bonne nouvelle, c’est que la plupart des pays font des efforts dans ce domaine.

Plus d’un quart des économies de la planète ont entrepris cette réforme en 2017 et en 2018.

La procédure de création d’une entreprise ne dure désormais en moyenne que 20 jours et coûte 23 % du revenu par habitant, contre 47 jours et 76 % du revenu par habitant en 2006. 

13 des 20 plus grandes économies du monde ont mis en place au moins une procédure qui peut être mise en œuvre en ligne en une petite demi-journée.

« Les États ont la lourde tâche de créer un environnement propice à l’essor des entrepreneurs et des PME », affirme dans le rapport le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim.

« Pour promouvoir l’entrepreneuriat et favoriser le développement du secteur privé, il faut absolument des réglementations rationnelles et efficaces. […] Faute de quoi nous n’avons aucune chance de mettre fin à l’extrême pauvreté et de stimuler une prospérité partagée dans le monde entier. »

Il est à souligner que l’Afghanistan et la Turquie figurent pour la première fois parmi les pays les plus réformateurs pour les affaires, ayant introduit un nombre record de réformes en un an seulement (respectivement cinq et sept).

« Depuis le premier rapport Doing Business, en 2003, plus de 3500 réformes de l’environnement des affaires ont été engagées dans 186 des 190 économies » analysées, souligne la BM.

L’exemple de Diego

Confronté aux coûts élevés du démarrage de sa porcherie à Bogotá, en Colombie, Diego Bedoya a suivi les conseils de son créancier. Il a mis en gage son bétail et les aliments et médicaments destinés à ce dernier, ainsi que ses outils de travail pour commencer à produire.

« Et comment est-ce que je rembourse le crédit alors ? Eh bien, j’utilise ce que je produis », raconte l’entrepreneur dans le rapport de la Banque mondiale.

Cet éleveur bénéficie du registre de garanties établi en Colombie, qui permet aux entreprises de consigner des actifs mobiliers tels que l’outillage ou même leurs propres produits à titre de garantie.

Plus de 1,3 million d’actifs de cette nature ont été enregistrés entre mars 2014 et octobre 2016 au titre du nantissement des créanciers. Un quart de ces actifs ont servi de garantie pour des crédits accordés aux très petites, petites et moyennes entreprises.

La Colombie fait partie des pays qui ont entrepris de réformer leur réglementation régissant les entreprises afin de stimuler la croissance économique.

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