Revue boursière

L’affaire Huawei secoue à nouveau les marchés

Wall Street a terminé la semaine sur un plongeon hier, affectée par l’affaire Huawei qui menace Pékin et Washington de crise ouverte alors que les deux capitales sont déjà empêtrées dans des tractations commerciales difficiles.

L’indice-vedette de Wall Street, le Dow Jones, a perdu 2,2 %, à 24 388,95 points, et l’indice NASDAQ, à forte coloration technologique, a lâché 3,1 %, à 6969,25 points.

L’indice élargi S&P 500 a cédé 2,3 %, à 2633,08 points.

Les trois indices ont affiché leur pire semaine depuis mars, le Dow Jones abandonnant 4,5 %, le NASDAQ, 4,9 % et le S&P 500, 4,6 %.

« Le marché est totalement confus » au sujet de l’affaire de justice Huawei qui menace les rapports entre la Chine et les États-Unis, a commenté Tom Cahill, de Ventura Wealth Management.

La directrice financière du géant chinois des télécommunications, arrêtée mercredi au Canada à la demande des États-Unis, est accusée de « fraude » par la justice américaine, a-t-on appris hier lors de sa comparution devant un juge de Vancouver.

Meng Wanzhou est soupçonnée d’avoir menti au sujet d’une filiale de Huawei afin de pouvoir accéder au marché iranien en violation des sanctions américaines, selon les documents lus lors d’une audience de libération conditionnelle au tribunal de Vancouver.

Un contexte de fébrilité

Cette affaire survient au pire moment pour la relation entre Pékin et Washington, embourbée dans de très difficiles tractations commerciales après une trêve de 90 jours concédée par Donald Trump à l’issue d’une réunion du G20 en Argentine, le week-end dernier.

Dans ce contexte de fébrilité, des propos du conseiller de Donald Trump sur le commerce et l’industrie, Peter Navarro, dans une interview à la chaîne CNN hier ont encore moins rassuré les investisseurs.

« Ce faucon a rappelé à tout le monde que le président allait augmenter ses tarifs douaniers à 25 % sur 200 milliards de dollars de biens [chinois importés] si les discussions n’ont pas abouti d’ici les 90 jours de trêve », ont signalé les analystes de Briefing.

La quasi-totalité des 11 sous-secteurs qui composent l’indice S&P 500 ont souffert de cette fin de semaine compliquée, l’énergie parvenant toutefois à limiter ses pertes à la faveur d’un bond des cours du pétrole.

Emplois aux États-Unis

La séance a été également marquée par la publication d’un rapport mensuel sur l’emploi aux États-Unis, montrant des créations de postes moins robustes qu’anticipé.

Mais le rapport a été accueilli de manière assez neutre par le marché car il était « assez bon pour maintenir des perspectives de croissance décentes, mais pas suffisamment bon pour justifier une action vigoureuse de la Fed », la banque centrale américaine, sur les taux, a affirmé Chris Low, de FTN Financial.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a retraité de 141,87 points (- 1 %) pour terminer la journée avec 14 795,13 points, après s’être maintenu en territoire positif plus tôt dans la journée.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 75,19 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 74,60 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a avancé de 1,12 $ US, à 52,61 $US le baril, tandis que celui de l’or a gagné 9,00 $US, à 1252,60 $US l’once. Le prix du cuivre s’est apprécié de près de 0,02 $US, à 2,76 $US la livre.

Acquisition

L’« homme de Marlboro » investit dans le cannabis

L’américain Altria, qui produit notamment l’emblématique cigarette Marlboro, fait un gros pari sur le cannabis en achetant 45 % du groupe canadien Cronos pour 1,8 milliard US. Cet investissement « représente une nouvelle occasion de croissance excitante pour Altria », a indiqué le PDG de l’entreprise, Howard Willard, dans un communiqué diffusé hier. Les activités liées au cannabis sont de fait en plein essor depuis que le Canada est devenu le deuxième pays du monde à en autoriser la consommation récréative, le 17 octobre 2018. L’opération est aussi l’occasion pour Altria d’investir dans des produits « complémentaires » à son cœur de marché, le tabac. — Agence France-Presse

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