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« Des inondations catastrophiques et historiques »

Sally a touché terre en Alabama, mercredi, avant de souffler le nord-ouest de la Floride

Le sud de l’Alabama et le nord-ouest de la Floride ont été particulièrement frappés mercredi par les fortes pluies de Sally, qui ont provoqué des inondations jugées « catastrophiques » et de forts vents dans plusieurs secteurs. Plus de 550 000 foyers ont momentanément perdu l’électricité.

C’est vers 4 h 45, heure locale, que l’ouragan a touché terre à Gulf Shores, une petite ville de l’Alabama. Il était alors de catégorie 2, mais a été rétrogradé en tempête tropicale peu après. Comme Sally se déplace lentement, à près de 11 km/h, les pluies continues sur les mêmes zones pendant une période prolongée pourraient intensifier la montée des eaux.

« J’ai des amis là-bas qui ont des chalets d’été. Leur bateau a été renversé, il y a eu de forts vents », témoigne le Québécois Dannick Bérubé-Gélinas. Chez lui, à Birmingham – ville située dans le nord de l’Alabama –, la situation est toutefois maîtrisée. « J’ai déjà vu des tempêtes de neige pires que ça. Pour nous, c’est vraiment juste de la pluie qui ne s’arrête pas », illustre-t-il.

Plus au sud, des images ont en effet montré la marina de la ville balnéaire d’Orange Beach balayée, avec des bateaux de plaisance déplacés par les vents jusque sur les quais, au milieu de débris. L’ouragan a aussi provoqué des dommages importants autour de la ville de Mobile ; des vitrines ont été brisées et les rues étaient jonchées de branches d’arbres.

Idem à Pensacola, dans l’extrême nord-ouest de la Floride, où le passage de l’ouragan a eu des effets « dévastateurs », les rues étant notamment transformées en torrents, selon des images qui ont circulé abondamment sur le Web.

« Nous anticipons des évacuations qui se compteront en milliers. »

— David Morgan, shérif du comté d’Escambia, où se trouve Pensacola

Une portion du pont de cette ville d’environ 50 000 habitants s’est même effondrée. L’opération de nettoyage prendra un « temps considérable » dans le secteur, disent les autorités. « Personne n’était préparé. Moi et une centaine de voisins, nous n’avons pas mis de planches en bois ou de volets sur nos habitations », a notamment expliqué David Triana, 57 ans, résidant de Navarre, près de Pensacola.

« Des inondations catastrophiques et historiques sont en cours », avait notamment averti le Centre national des ouragans en début de journée. Des refuges temporaires ont été ouverts dans les zones sinistrées.

Des Québécois prêts à toute éventualité

Jusqu’ici, le sud de la Floride semble avoir été relativement épargné. À Davie, près de Fort Lauderdale, la Québécoise Denise Dumont demeure toutefois sur le qui-vive. « Cette semaine, il y a plusieurs systèmes qui tournent sur l’Atlantique. L’un d’eux, qui n’est pas encore nommé, aurait une trajectoire propice à venir par ici. On surveille la situation de près », confie celle qui est rédactrice au Soleil de la Floride, un journal local.

Si la saison des ouragans est préoccupante, elle demeure bien gérée en Floride, selon elle.

« Pendant qu’au Québec, on se prépare à l’hiver, ici, on s’organise pour résister aux ouragans. On prépare nos denrées, de l’eau, des piles. Ça devient une habitude pour nous. »

— Denise Dumont

Même son de cloche pour le résidant d’Hollywood Michel Séguin, lui aussi peu touché par l’ouragan pour l’instant. « Il y a un côté pernicieux de vivre dans un secteur avec autant de danger ; c’est qu’on l’oublie. C’est souvent quand on ne s’y attend pas que ça devient sérieux », dit celui qui a vécu Katrina et Irma, en 2005 et en 2017. Lui aussi demeure sur ses gardes. « C’est plus une tempête tropicale pour nous qu’un ouragan, mais on ne peut jamais vraiment prévoir la trajectoire finale », dit M. Séguin.

Andréanne Desaulniers, pour sa part, demeure au nord de Miami. Elle dit faire confiance aux outils en place. « On a des alertes constantes sur nos téléphones, nos télévisions. C’est sûr, par contre, que deux ou trois jours avant l’arrivée d’un système, les gens sont plus agressifs, plus tendus. Avec la COVID-19, il y a plusieurs autres enjeux sur la table en ce moment », dit-elle.

Plus d’ouragans à venir ?

Avec le réchauffement de la surface des océans, les ouragans deviennent plus forts, selon les scientifiques, qui prévoient ainsi une augmentation de la proportion d’ouragans de catégories 4 et 5. Paulette, René, Teddy et Vicky : avec Sally, pas moins de cinq tempêtes se sont déclarées simultanément au-dessus de l’Atlantique en ce début de septembre, un record depuis 1971.

Il y aurait tellement eu de tempêtes tropicales dans l’Atlantique cette année que l’ONU, qui les baptise, est en voie de se trouver à court de prénoms, pour la deuxième fois seulement de l’histoire. Si elle manque de prénoms, l’ONU pourrait notamment devoir se rabattre sur les lettres de l’alphabet grec : alpha, bêta, gamma, delta.

Le président américain Donald Trump, de son côté, a appelé mercredi les populations touchées à « suivre les instructions » des dirigeants fédéraux sur place. « On travaille très fort, mais il semble que ça sera sécuritaire dans la plupart des cas », a-t-il dit. « C’est beaucoup », a toutefois ajouté le républicain, en parlant des 35 pouces de pluie reçus dans certaines régions, promettant que des centaines de premiers répondants seraient sur place dans les prochains jours.

— Avec l’Agence France-Presse

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