Testé MacBook Pro 16 po

La perfection par petites touches

Parce qu’Apple a pris bonne note des critiques et promis de donner « plus de ce que vous aimez », le MacBook Pro 16 po mis en marché à la fin de 2019 est tout simplement le meilleur ordinateur portable jamais conçu par l’entreprise. Son clavier amélioré, son écran superbe et sa puissance font pardonner son prix élevé et l’absence de ports USB-A.

On aime

Après avoir suscité de nombreuses plaintes depuis 2015, année où on l’a implanté pour la première fois sur un ordinateur portable Apple, le clavier « papillon » a disparu du MacBook Pro 2019. Ce système de touches en V a été remplacé par un mécanisme plus classique appelé « en ciseaux ». Il s’agit en fait du mécanisme Magic Keyboard qu’utilisent les iMac.

Le résultat est qu’il est particulièrement agréable de taper sur ce clavier rétroéclairé dont les touches ont un rebond de 1 mm, deux fois plus qu’avec le modèle papillon. On retrouve par ailleurs avec joie la Touch Bar, ce mini-écran tactile tout en haut du clavier qui se transforme selon les applications ouvertes, permettant notamment le contrôle du son et des actions rapides comme copier-coller.

L’autre grande nouveauté, c’est l’écran de 16 pouces, le plus grand offert sur un écran Retina de MacBook, avec une résolution de 226 ppp, pour un total de 3072 sur 1920. L’image obtenue est d’une netteté parfaite, lumineuse et aux couleurs riches.

Les haut-parleurs sont plutôt impressionnants pour une machine si mince, à peine 1,49 cm d’épaisseur. On n’a pas lésiné avec six haut-parleurs, quatre pour les fréquences moyennes et deux pour les hautes, qui réussissent à donner un son naturel et bien calibré.

On a redessiné le système de refroidissement, maintenant moins bruyant et plus efficace, ce qui permet d’utiliser des processeurs plus puissants. On peut ainsi monter jusqu’à un Intel Core i9 à huit cœurs de 2,4 GHz, livré avec 16 Go de RAM qu’on peut étendre à 64 Go. La carte graphique AMD Radeon Pro 5500M vient avec 4 Go de RAM, et peut être augmentée à 8 Go.

En bon français, on a entre les mains une machine qui dévore les données, qui s’allume en quelques secondes et qui gère sans à-coups des tâches ardues comme le montage vidéo. Nous nous sommes amusés à faire jouer plusieurs vidéos simultanément, avec du 4K de Netflix et de YouTube ; ce n’est qu’au huitième flux que nous avons constaté un petit ralentissement.

Et même si ce n’est pas la spécialité de la maison, notre MacBook Pro a parfaitement géré les jeux vidéo costauds – plus rares sur MacOS – que nous lui avons soumis, notamment Shadow of the Tomb Raider.

On a par ailleurs doté ce MacBook d’une batterie imbattable de 100 Wh, capable de fournir 11 heures de lecture vidéo et 30 jours d’autonomie en veille. Le Bluetooth est de cinquième génération, plus rapide et capable d’être connecté à deux appareils audio en même temps. Côté branchements, on a une prise pour écouteurs et quatre ports Thunderbolt 3, avec entrée USB-C, capables de livrer jusqu’à 40 Gb/s.

Le modèle que nous a prêté Apple est doté de 1 To de stockage SSD, qui peut être étendu en théorie à 8 To.

On aime moins

Au risque de passer pour un dinosaure, beaucoup de nos appareils ont une bonne vieille prise USB-A, totalement absente ici du MacBook Pro.

On ne peut passer à côté du reproche habituel qu’on fait à tous les produits Apple, soit leur prix élevé. Notons toutefois qu’à 2999,99 $ pour le modèle de base, soit le prix du MacBook Pro 15 po de l’an dernier pour un appareil considérablement amélioré, on note un effort louable pour garder la facture somme toute raisonnable. La nouvelle gamme de MacBook Pro comprend également des modèles de 13 po avec configuration plus modeste, à un prix de départ de 1699 $.

On achète ?

Le MacBook Pro 16 po est un ordinateur portable doté de capacités énormes, au design léché qui conviendra à un utilisateur exigeant qui aime l’environnement Mac. Le rapport qualité-prix, ici, est tout à fait respectable.

L’utilisateur plus léger, lui, se retrouverait avec un appareil nettement trop performant et coûteux pour ses besoins. L’équivalent, disons, d’acheter une sacoche Hermès pour faire son épicerie. Un MacBook Pro plus minimal, s’il tient à l’environnement Apple, ou un bon portable PC à moins de 1000 $ serait plus indiqué.

MacBook Pro 16 po

Fabricant : Apple

Prix : de 2999 $ (Intel Core i7, 512 Go SSD) à 3499 $ (Intel Core i9, 1 To SSD)

Note : 4,5 sur 5

Clins d’œil technologiques

Montréal et l’App Store

De toute évidence, Apple aime bien Montréal, d’où proviennent 4 applications sur les 40 mises en vedette en ce début d’année dans l’App Store. Dans la catégorie des « 20 jeux favoris des 20 dernières années », on retrouve ainsi Lara Croft Go (Square Enix) et RollerCoaster Tycoon Touch (Nvizzio). « Chacun de ces titres a réinventé sur mobile un classique bien-aimé », précise Apple. Parmi les « 20 apps à découvrir en 2020 », les représentants montréalais sont Ipnos (Relax Melodies) et Transit App (Transit). L’App Store est une affaire de gros sous depuis 2008, alors qu’on a reversé plus de 202 milliards aux développeurs. Pour la seule période des Fêtes 2019, entre Noël et le jour de l’An, Apple rapporte des revenus record de 1,9 milliard.

Enfants youtubeurs

Connaissez-vous Ryan Kaji, 8 ans, et Anastasia Radzinskaya, 5 ans ? Vous devriez. Selon le magazine Forbes, il s’agit de deux des youtubeurs qui ont gagné le plus d’argent entre juin 2018 et juin 2019, avec des « salaires » respectifs de 26 millions US et 18 millions US qui leur assurent les première et troisième positions du palmarès. Ryan a essentiellement commencé sa carrière à 3 ans en déballant ses jouets devant la caméra et présente des expériences scientifiques, tandis qu’Anastasia, qui est atteinte de paralysie cérébrale, publie des vidéos de sa vie quotidienne. Les cinq adultes du groupe Dude Perfect, spécialisés en cascades et sports extrêmes, héritent de la deuxième position avec des revenus de 20 millions US.

La vie sans Google

De BlackBerry au Windows Phone en passant par le système Tizen de Samsung, aucun fabricant de téléphones intelligents n’a réellement réussi à menacer le duopole Apple-Google. D’où l’intérêt du dernier-né des téléphones Huawei, le Mate 30 Pro, le premier depuis que le fabricant chinois a été banni du Google Play Store. Le verdict des critiques : un excellent appareil du point de vue technique, aux photos remarquables et doté d’un système de reconnaissance faciale très performant. Mais également un casse-tête pour le consommateur occidental qui voudrait installer les applications les plus populaires comme Facebook, Spotify et, évidemment, Google Maps. Les contorsions techniques pour y arriver sont dangereuses et déconseillées. Le lancement du Mate 30 Pro au Canada est « toujours en discussion », indique-t-on chez Huawei.

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