À ma manière

Comment je me suis relancé après un coup de circuit

Qui ? Daniel Laplante, directeur général et cofondateur de Booxi

Chaque semaine, une personnalité du milieu des affaires nous raconte en ses mots une page de son histoire.

Pendant que mes copains du primaire jouaient sur leur console Atari, j’inventais déjà des logiciels de jeux vidéo que j’écrivais sur papier.

Le jour où j’ai eu mon Commodore 64, j’ai enfin pu programmer mes jeux pour vrai.

Si bien qu’à 12 ans, je maîtrisais la programmation. En 1988, à l’âge de 16 ans, j’ai même pu démarrer ma première entreprise de logiciels. Je travaillais à l’époque sur un ordinateur PC Intel 8088 qui roulait à 8 MHz. Je faisais des logiciels de location pour clubs vidéo, de gestion de portefeuille et de points de vente. Dire qu’aujourd’hui, presque tous les commerces de détail ont un logiciel de points de vente.

Le coup de circuit

Après mon DEC en informatique, j’ai fondé, en 1998, l’entreprise DTI Software dans le sous-sol chez mes parents. Vous connaissez sûrement l’un de mes logiciels les plus populaires. Si vous avez pris l’avion et utilisé l’écran derrière le siège, soit pour choisir un film, un jeu vidéo ou pour commander à manger… Eh bien, c’était mon logiciel. Il était dans 28 langues. On avait 95 % du marché mondial. Pour une entreprise québécoise, c’est pas mal, non ?

Un jour, mes associés ont voulu vendre pour investir dans d’autres projets. En 2008, on a eu un bon prix, une belle offre, et j’ai assuré la transition avec les nouveaux propriétaires allemands jusqu’en 2011.

Après avoir travaillé pendant 10 ans à bâtir DTI Software, tout le monde pensait que j’allais rester dans la même industrie. Les gens du milieu me connaissaient bien après tout.

Ç’aurait été facile. Mais j’avais envie d’un grand défi. Je voulais bâtir quelque chose de nouveau à partir de zéro en m’autofinançant.

Les logiciels dans les avions, c’est cool, mais je n’avais pas le sentiment d’apporter une solution à un problème si important. Même si on me disait : « Pas d’écran au siège, pas d’avion pour moi, j’ai des enfants. »

Un nouveau départ avec Booxi

En tant qu’entrepreneur, j’avais envie de travailler sur un projet qui allait faire une différence.

Je voulais créer un logiciel dont l’expérience serait belle et simple autant pour le client que pour l’utilisateur professionnel. Je voulais que les travailleurs autonomes et les employés d’entreprises puissent apprendre son fonctionnement en deux minutes.

Certains logiciels de gestion destinés aux entreprises sont si complexes qu’il faut compter deux jours de formation, et après six mois, la moitié des employés ne comprend toujours pas comment ça fonctionne…

Faciliter la prise de rendez-vous

Combien de rendez-vous doit-on prendre dans une semaine ? Dans une année ? Au fil de mes expériences, je me suis rendu compte que la simple prise d’un rendez-vous pouvait se transformer en casse-tête, surtout en dehors des heures d’ouverture.

J’ai donc imaginé une plateforme qui automatiserait complètement la gestion de rendez-vous et de réservation avec des notes associées à chaque client.

Avec Booxi, j’ai la satisfaction de changer la vie de femmes et d’hommes qui retrouvent enfin une vie en dehors de leur entreprise. Ils travaillent moins tout en augmentant leurs revenus, parce qu’ils gagnent en efficacité avec notre plateforme. Un résultat qui nous rend heureux et nous motive.

Pour arriver à créer le logiciel le plus simple possible et régler dès le départ toutes les problématiques irritantes pour les utilisateurs, mon équipe a analysé le marché et organisé des groupes de discussion. En cinq ans de travail, on est arrivés avec la solution la plus simple qui existe.

Pour l’instant, on a réussi à séduire des clients importants, ici au Canada, comme Reitmans, Mondou, Décathlon, le CHUM, l’Orchestre symphonique de Québec ainsi que de nombreux travailleurs autonomes.

Le logiciel est déjà offert dans 5 langues et 63 pays. À l’image du succès de mon logiciel pour les écrans d’avion, j’espère que Booxi pourra voyager partout dans le monde.

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