Prix des médicaments

Un peu de perspective, SVP !

Vous est-il déjà arrivé de vous présenter à la pharmacie avec une ordonnance remise par un médecin et de vous faire dire par votre pharmacien que le dosage prescrit est impossible, voire dangereux, ou encore qu’il y a contre-indication avec les autres médicaments que vous prenez ? La chose n’est pas rare, croyez-moi. C’est alors qu’on réalise que les médicaments, contrairement à tous les autres biens vendus au détail, requièrent l’intervention d’un professionnel de la santé bien formé et à jour.

La Presse+ s’interrogeait en début de semaine sur la manière dont sont fixés les prix au détail de certains médicaments au Québec. Ce faisant on était stupéfait de voir que la marge brute imposée par les pharmaciens semblait très élevée, notamment pour les médicaments à faibles coûts. 

Pourtant, lorsque l’on s’y arrête, il n’y a rien de surprenant à ce constat. Le geste professionnel posé par le pharmacien est aussi important pour un médicament à 1 $ que pour un médicament à 100 $. C’est de notre sécurité qu’il est question.

Présentée en pourcentage du prix coûtant du médicament, la marge peut alors sembler abusive pour le médicament à 1 $ alors que le geste, lui, demeure le même. Il en va ainsi pour beaucoup d’autres métiers ou professions. À titre d’exemple, si vous passez un examen de la vue et achetez une paire de lunettes à 50 $, l’examen vous semblera, en pourcentage du coût total à débourser, nettement plus élevé que si vous aviez acheté une paire de lunettes à 1000 $. 

Même les prix de la SAQ, si on les ventile en divers pourcentages, peuvent sembler étonnants. Les marges brutes moyennes sur les bouteilles à bas prix sont, toujours en pourcentage, plus élevées que celles prises sur les bouteilles plus chères. Cela s’explique par le simple fait que manipuler, vendre et expliquer un vin à 20 $ ne coûte pas moins cher que de faire de même pour une bouteille à 100 $. Ce simple phénomène, présenté par le Vérificateur général du Québec, est généralement admis. Pourtant, dans le cas de la SAQ, une erreur dans le service à la clientèle sera moins grave que dans le cas d’un médicament sur ordonnance.

Si vous croyez que la marge brute prise par les pharmaciens sur les médicaments qu’ils vendent est élevée, considérez que dans le cas du livre, cette marge, fixée par le gouvernement du Québec, tourne autour de 40 %, une marge plus élevée que la moyenne prélevée sur les médicaments. Pourtant, le risque d’effets secondaires découlant d’une erreur professionnelle de votre libraire est tout de même moindre que celui pouvant découler de votre pharmacien ou de votre médecin.

Les coûts du système de santé au Québec ne cessent de croître, nul ne pourrait le contester. Il n’est donc pas étonnant de chercher des économies partout où l’on peut. En ce qui a trait aux médicaments, on semble vouloir faire porter aux pharmaciens le poids de leurs coûts. Pourtant, à l’analyse des marges bénéficiaires, soumises à une transparence sans précédent dans le commerce de détail, force est d’admettre que le problème est ailleurs.

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