Coupe du monde de soccer

La fête va bientôt commencer

Moscou — Le rendez-vous a été donné à la station Kropotkinskaïa, à environ deux kilomètres de la place Rouge.

Alors que l’on redoutait une heure de pointe infernale, les rames du métro sont franchement vides, lundi matin. Dehors, les larges avenues sont tout aussi désertes tandis que la pluie se met de la partie. Les passants se font rares, mis à part une file qui se forme tranquillement, un peu plus loin, devant l’incontournable Kremlin.

« C’est normal, on est au milieu d’une longue fête. Bien des gens sont à leur datcha [NDLR : l’équivalent d’un chalet]. Il y aura plus de monde mardi puisque c’est la fête nationale, la Journée de la Russie », avait prédit Anton, qui nous fait découvrir les environs. Il avait bien raison même si la capitale était encore loin de son rythme habituel, hier.

Au cœur de Moscou, il faut également chercher un certain temps pour se mettre dans l’ambiance de la Coupe du monde. Quelques souvenirs ici et là, de petits drapeaux sur des ponts, des émissions à la télévision, mais rien qui n’atteigne la folie aperçue, il y a quatre ans, au Brésil. Même le principal centre d’information, tout près de la cathédrale Saint-Basile, était fermé lors de notre passage.

L’inauguration du « Fan Fest », lieu de rassemblement officiel situé près du bâtiment principal de l’Université d’État de Moscou Lomonosov, a tout de même attiré une foule estimée à 25 000 personnes dimanche. Les partisans étrangers commencent d’ailleurs à arriver par grappes. Au cours de nos déambulations lors des deux derniers jours, nous avons croisé des partisans mexicains – avec des sombreros, évidemment –, des Uruguayens, des Colombiens, des Péruviens et des Américains toujours en deuil de l’absence de leur équipe nationale.

Cela n’est qu’un début puisque les matchs vont rapidement s’enchaîner à partir de demain. Le stade Loujniki et celui du Spartak vont respectivement accueillir sept et cinq rencontres. L’ambiance se rapprochera alors de ce qu’a été la Coupe des Confédérations, l’an dernier, croit Anton.

« C’était beau à voir. Tout autour de Moscou, il y avait des partisans de plusieurs pays : des Chiliens avec leurs drapeaux, des Allemands. Il n’y avait pas de hooligans, c’était une compétition que j’ai appréciée et j’espère que ça va être la même chose cette fois-ci. »

« Les Russes sentent que la Coupe du monde est un événement important. Avec les Jeux olympiques [d’hiver] de Sotchi, la fierté était plus locale, alors que le Mondial a lieu dans plusieurs villes du pays. Nous sommes fiers de montrer au monde que nous sommes des gens bien. »

— Anton, guide et interprète russe

La fierté d’organiser une telle épreuve va-t-elle être décuplée par les bonnes performances de l’équipe nationale russe ? Voilà l’une des grandes questions de la phase de groupes, même si, à Moscou, le sentiment est le même qu’à l’étranger : le pessimisme règne. Les blessures qui ont diminué un effectif en manque de qualité et les résultats des derniers matchs ne plaident pas pour un long parcours.

« Nous n’avons pas gagné lors de nos sept derniers matchs, analyse Anton. Nous avons le pire classement parmi les participants [au moment du tirage au sort], mais c’est parce que nous n’avons pas participé aux matchs de qualifications. Il n’y a pas une grande confiance, mais c’est O.K. C’est la Coupe du monde, il y a 32 équipes. Je vais aussi suivre l’Islande, l’Australie qui joue toujours dur et les pays latino-américains. »

En anglais

La visite de Moscou se poursuit devant le musée des beaux-arts Pouchkine, la cathédrale du Christ-Sauveur, puis direction l’île Bolotny où les bars, petits cafés et clubs ont redynamisé ce secteur industriel. Elle se termine par la cathédrale Saint-Basile, qui nous souffle par sa beauté.

Comme partout en ville, la police est omniprésente, mais guère plus que d’habitude, selon Anton. Elle serait surtout là pour rassurer les visiteurs étrangers.

Plusieurs ajustements ont d’ailleurs été apportés pour faciliter le déplacement des touristes. Des panneaux « we speak English » ont été posés sur la vitre de certains guichets de métro. Sous leur nom d’origine, le nom des stations a aussi été traduit sur l’ensemble du réseau.

« Ils ont mis les panneaux en anglais dans toutes les lignes [dimanche]. Mais dans les dernières années, c’était seulement sur les lignes les plus centrales, distingue Anton. Historiquement, Moscou n’a jamais été une destination touristique, mais on peut sentir que ça change et que les touristes affluent du monde entier. »

Oui, la fête va bientôt commencer.

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