Longueuil

Un feu de cuisine à l’origine de l’incendie qui a rendu un garçon orphelin

C’est un feu de cuisine qui a causé l’incendie ayant détruit un immeuble à logements de Longueuil dans la nuit de vendredi à samedi. Le sinistre a laissé un enfant de 11 ans orphelin. Le garçon souffrant d’un trouble du spectre de l’autisme a dû sauter du troisième étage du bâtiment de 16 unités de la rue Toulouse pour survivre. Il s’en est sorti avec des blessures légères et une fracture à un pied, a confirmé le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL).

Sa mère, une femme souffrant de troubles de la vision, est restée derrière pour encourager son fils à sauter du balcon. Elle est morte dans l’incendie avec le père. Le couple était dans la quarantaine. Une troisième victime, la grand-mère du garçon, une dame de près de 70 ans, n’a pas réussi à évacuer à temps le logement. Des manœuvres de réanimation ont été entreprises par les secouristes, mais leurs décès ont été confirmés à l’hôpital.

Hier après-midi, le porte-parole du SPAL, Ghislain Vallières, a confirmé qu’un incendie de cuisine dans une unité du sous-sol était à l’origine de l’incendie, qui s’est rapidement propagé aux étages. Ce serait « non intentionnel », a précisé le sergent.

Selon les derniers rapports, les flammes ont pris naissance vers 1 h 15, samedi matin, au sous-sol de l’immeuble de trois étages, situé au 240-246 rue Toulouse, près de la rue Plessis, à Longueuil. Au moins 80 pompiers ont été appelés sur les lieux. Les forts vents ont compliqué leur travail. Au total, 11 personnes ont été transportées à l’hôpital.

13 familles à la rue

Hier, des badauds du quartier s’arrêtaient de temps en temps pour constater les vestiges de l’incendie. Sur les lieux du drame, il ne reste aujourd’hui qu’un amoncellement de débris et de matériaux recouverts de glace après la démolition de l’immeuble, dont la structure menaçait de s’effondrer. Un matelas, un sapin de Noël, une tête de lit gisent dans les décombres.

Au cours de la soirée, samedi, le bilan des familles à la rue s’est alourdi. On parle d’une quarantaine de personnes qui ont tout perdu. Au total, la Croix-Rouge a pris sous son aile 13 familles, dont 23 adultes et 15 enfants.

Ce matin, l’Office municipal d’habitation de Longueuil se mettra en branle pour trouver de nouveaux logis aux sinistrés. Le propriétaire du bâtiment détruit par l’incendie, Omar Guillet, a transmis ses condoléances à la famille et aux proches des victimes par l’entremise des réseaux sociaux, en assurant qu’il ferait tout en son possible pour les aider à se reloger.

Élan de solidarité

En après-midi hier, une passante en voiture, Yassoda Chattoor, amenait avec elle un grand sac rempli de vêtements d’hiver qu’elle cherchait à donner aux rescapés du brasier. « J’ai vu ce qui s’est passé à la télévision et j’ai vu une fille qui racontait que son frère et elle ont sauté par la fenêtre, a-t-elle raconté. Ça m’a touché. »

Elle aussi habitait avant dans un immeuble « comme celui-là ». Elle a une fille de l’âge de celle qu’elle a vu aux nouvelles, s’est sentie interpellée, et souhaite faire sa part pour aider les sinistrés. Mme Chattoor compte s’organiser, avec ses amis, pour récolter vêtements et nourriture à leur donner.

« Un grand réseau d’entraide se mobilise actuellement pour recueillir les dons des citoyens à qui nous demandons à la fois d’être généreux et prudents », a écrit l’organisme L’entraide chez nous, qui prévoit donner vêtements, meubles et articles de maisons aux sinistrés dès qu’ils seront relogés.

À la Ville de Longueuil, où on s’attend d’ailleurs à un grand élan de générosité, on demande aux résidants qui veulent apporter leur aide de bien vouloir contacter le 311 pour expliquer la nature de l’aide proposée.

Parmi les sinistrés, on compte une responsable en sécurité alimentaire de l’organisme Carrefour Mousseau, Janick Laroche, et sa famille.

« Dans le feu, une employée [de notre organisme] a été affectée et son appartement est une perte totale. Rien ne pourra être récupéré. Heureusement, la famille avait des assurances. Ce n’est pas le cas de tous les autres locataires », a indiqué Suzie Bélanger, du conseil d’administration de Carrefour Mousseau, lançant un appel à la générosité sur les réseaux sociaux.

ACTUALITÉS

Des cyclistes réclament un accès au pont Jacques-Cartier pendant l’hiver

Une douzaine de cyclistes et quelques piétons ont enjambé les panneaux d’interdiction du pont Jacques-Cartier, hier en matinée, pour traverser du nord au sud la piste et le trottoir fermés durant l’hiver. Des voitures de patrouille de la Sûreté du Québec (SQ) ont eu tôt fait de les escorter en retranchant une voie de circulation sur le pont. Les manifestants ont ensuite été interceptés par des agents pour non-respect du Code de la sécurité routière. Ils recevront un constat d’infraction de 48 $ par la poste.

L’Association des piétons et cyclistes du pont Jacques-Cartier avait donné rendez-vous à ses membres hier matin pour mettre de la pression sur la société d’État Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée (PJCCI) afin de faire lever l’interdiction de marcher ou de rouler durant la période hivernale. Mike Muchnik, porte-parole de l’Association, a rappelé que ça fait 25 ans que des usagers réclament le droit de traverser autrement qu’à bord d’un véhicule.

« On commence à en avoir ras le bol, dit-il. Le fédéral a mis sur pied un comité consultatif, mais ce n’est pas vraiment consultatif, c’est informatif. En ce moment, 85 % de la chaussée est sèche. L’argumentaire sécuritaire, que c’est dangereux, ne tient pas la route. Le fédéral a tout simplement peur des poursuites civiles des usagers. »

Comme d’autres cyclistes, M. Muchnik admet qu’il a traversé une bonne centaine de fois le pont Jacques-Cartier en « hors-la-loi ». De la région de Valleyfield à Québec, il n’existe aucun lien piéton ou cyclable pour traverser entre les deux rives, plaide-t-il. Et les vélos sont interdits à la station de métro Longueuil aux heures de pointe.

Selon Daniel Lambert, porte-parole de la Coalition vélo de Montréal, environ 4000 cyclistes et piétons traversent le pont Jacques-Cartier durant la saison estivale. Ce chiffre est appelé à grimper avec les incitatifs en environnement, estime-t-il.

Délits sexuels par des entraîneurs

Une enquête de CBC dévoile un portrait « dérangeant »

Plus de 200 entraîneurs de sport amateur au Canada ont été condamnés pour des délits sexuels contre des mineurs au cours des 20 dernières années, a révélé hier une enquête de la chaîne publique CBC.

Selon ce vaste coup de sonde portant sur la période 1998-2018, 340 entraîneurs de jeunes ont fait l’objet d’accusations de délits sexuels, qui ont donné lieu à 222 condamnations pour des agressions contre plus de 600 jeunes de moins de 18 ans.

La chaîne ajoute que 34 cas supplémentaires font l’objet de procédures encore en cours.

Pour constituer sa base de données, CBC/Radio-Canada indique avoir épluché des milliers de dossiers judiciaires et visité de nombreux tribunaux dans l’ensemble du pays, ce qui a permis à la chaîne de brosser un « portrait dérangeant de l’ampleur des délits sexuels commis par des entraîneurs ou des personnes en position de pouvoir dans le sport amateur canadien depuis 20 ans ».

Pour Sandra Kirby, ancienne sportive olympique, professeure de sociologie à l’Université de Winnipeg et experte en matière d’agressions sexuelles dans le sport, les chiffres compilés par CBC pourraient n’être que la « partie émergée de l’iceberg », car tous les cas d’agressions ne font pas l’objet de dénonciations.

Elle estime que les organisations sportives du pays ne peuvent ignorer ces résultats et qu’une « réforme massive » est nécessaire pour que tous les enfants s’adonnant à une activité sportive puissent le faire en toute sécurité.

Interrogée par CBC, Lorraine Lafrenière, dirigeante de l’Association canadienne des entraîneurs, a de son côté jugé « déchirants » ces résultats, notant qu’ils montrent que les « parents ont un sentiment de sécurité trompeur lorsqu’ils laissent leurs enfants dans un club sportif ».

Tous les sports concernés

Selon CBC, les délits portent sur des agressions sexuelles, de l’exploitation sexuelle et la fabrication ou possession de pornographie juvénile.

Les condamnations concernent très majoritairement des hommes, 213 sur 222, mais les victimes sont autant des jeunes garçons que des jeunes filles.

Le hockey compte le plus grand nombre d’entraîneurs accusés avec 86 cas, dont 59 ont donné lieu à des condamnations.

Le soccer, qui compte le plus de pratiquants au Canada, arrive en deuxième position avec 40 personnes accusées et 27 d’entre elles condamnées, mais tous les sports sont concernés, souligne l’enquête de CBC.

De son côté, la ministre déléguée à l’Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, dit que le gouvernement québécois prend « très au sérieux » les enjeux liés à la violence, au harcèlement et à l’intimidation dans le sport. 

« En tant que ministre, ma priorité sera toujours que les athlètes puissent pratiquer leur sport dans un environnement sain et sécuritaire. Le Québec est un leader au Canada en ce qui a trait aux moyens mis en place pour assurer leur sécurité. Nous pouvons toujours faire plus. À ce titre, nous poursuivons nos efforts avec nos partenaires, et tout le milieu sportif partage nos préoccupations. Il faut saluer les efforts passés et futurs qui nous permettront de bâtir un environnement sportif toujours plus accessible et sécuritaire », a-t-elle déclaré par voie de communiqué.

— Avec La Presse canadienne

Froid et soleil pour la fin de la Fête des neiges

La 36e édition de la Fête des neiges de Montréal, perturbée au début de l’hiver par les conditions météorologiques, a pris fin hier. La dernière fin de semaine d’activités s’est déroulée en présence de joueurs des Alouettes, du groupe QWARTZ et du chanteur Alexis Arbour. L’événement, qui attire annuellement environ 100 000 visiteurs sur quatre fins de semaine, proposait notamment des descentes sur toboggans sur glace, des ateliers de sculptures sur neige, des tours de traîneau à chiens, des courses de trottinettes et plusieurs autres activités. — Marissa Groguhé, La Presse

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