Opinion : Premier budget de la CAQ

Mes attentes envers ce gouvernement d’entrepreneurs

Jamais n’avons-nous eu au Québec un parti au pouvoir mettant autant l'accent sur l’entrepreneuriat. Lors de la dernière campagne électorale, le mot « entrepreneur » était sur toutes les lèvres. On compte plusieurs entrepreneurs dans la députation et au Conseil des ministres. Même le premier ministre en est un.

Cette nouvelle réalité donnera-t-elle un résultat différent des gouvernements précédents dirigés, bien souvent, par des médecins ou des avocats ? Par définition, un entrepreneur est une personne d’action, qui, grâce à ses mille idées et à son travail acharné, réussit ce que très peu peuvent.

Que l’on parle d’éducation, de santé, d’environnement, d’infrastructure ou de main-d’œuvre, les défis titanesques ne manquent pas. Les attentes envers un « gouvernement d’entrepreneurs » sont tout aussi grandes.

L’élection de la CAQ en octobre dernier a marqué la fin d’un règne de 48 ans sans interruption du Parti libéral et du Parti québécois. De par le résultat du vote, les Québécois ont lancé un message clair et précis : « Nous voulons un réel changement. »

En tant qu’entrepreneur, je m’attends donc à ce que le prochain budget en soit un d’entrepreneurs. Voici donc ce que j’espère y voir !

Environnement

Talon d’Achille de la CAQ, l’environnement ne devrait pas être une option politique, mais plutôt une obligation. Avons-nous oublié qu’avec la création d’Hydro-Québec, le Québec est devenu en quelque sorte, sans même le savoir à l’époque, pionnier de l’énergie verte ? Il est grand temps de déclencher une révolution verte. Je m’attends donc à de grands investissements dans l’électrification des transports, au développement d’un meilleur réseau de transports en commun et à des incitatifs fiscaux pour les entreprises qui, grâce à certains changements, réduisent leur empreinte écologique.

Éducation

Comme entrepreneur, il faut non seulement investir aujourd’hui, il faut aussi investir pour préparer demain. L’éducation, je préfère dire la scolarité, est la base de toute société. C’est le meilleur investissement qu’un gouvernement puisse faire.

Certes, les dépenses se font aujourd’hui et le retour ne se sentira que dans une dizaine d’années, mais il faut de toute urgence investir massivement.

Sans surprise, l’apprentissage expérientiel dès la première année doit être de mise. Quoi de plus important que d'enseigner à nos élèves les connaissances qui leur permettront de rapidement faire leur place sur le marché du travail dans un monde en perpétuel changement. Non seulement une relève mieux scolarisée limitera les problématiques liées au manque de main-d’œuvre, mais elle sera également mieux outillée pour faire face à l’environnement économique de demain. Après tout, comme le disait Abraham Lincoln, « si vous pensez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance ».

PME

Les PME sont le véritable poumon économique du Québec. Grâce à ses centaines de milliers d’entreprises, nous vivons aujourd’hui des années de croissance exceptionnelles. Malheureusement, ce ne sont pas tous les entrepreneurs qui peuvent profiter de cet essor économique. La pénurie de main-d’œuvre, la complexité de la bureaucratie gouvernementale, la difficulté d’obtenir des prêts et le manque flagrant de prise de risque commune décourage bon nombre d’entre eux.

Fini le temps d’aider ceux qui n’en ont pas vraiment besoin, je m’attends à ce que nous redirigions tous nos efforts vers la création de nouveaux fleurons québécois.

Osons, risquons, fonçons. Je m'attends à une baisse d’impôt pour les petites et moyennes entreprises afin de les aider dans leur croissance et de les inciter à investir davantage. J’espère que la refonte annoncée d’Investissement Québec et la nouvelle orientation plus « affaires » des bureaux des délégations du Québec ne seront pas que des paroles pieuses, mais de véritables actions énergisantes pour nos PME.

Un fonds d’investissement (micro-prêt) pour nouvelle entreprise sans garantie afin d’encourager les personnes à oser se lancer en affaires ? Une plus grande prise de risque des institutions privées épaulées par l’État quand vient le temp d’aider des projets dits moins « traditionnels ». Une plus grande facilité de collaboration entre les entreprises des centres urbains et celles des régions ? Plus d’investissements en innovation, en automatisation et en robotisation afin que le manque de main-d’œuvre ne freine pas nos élans ?

La pénurie de main-d’œuvre est assurément l’éléphant dans la pièce. Comment réussir à limiter le seuil d’immigration, tel que le gouvernement le souhaite, tout en s’assurant que la pénurie de travailleurs ne nuise pas au développement de nos entreprises ? L’un ne va pas sans l’autre et vice versa. Bien hâte de voir le plan d’action pour cette situation qui devient de plus en plus critique.

En terminant, j’espère sincèrement que l’entrepreneur en moi sera satisfait de ce premier budget caquiste, le 21 mars, et que nous constaterons que l’intérêt envers une approche de gestion plus entrepreneuriale n'est pas que des paroles en l’air !

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