Finances personnelles

Le lâcher-prise pour moins dépenser

Depuis une dizaine d’années, le niveau d’endettement des consommateurs canadiens continue d’atteindre de nouveaux sommets. Selon un rapport publié par Equifax le 5 mars dernier, la dette moyenne des Canadiens se chiffrerait à 23 520 $ par personne, excluant le prêt hypothécaire. Réflexion sur ce qui nous motive à vivre au-dessus de nos moyens et quelques pistes de solutions pour éviter de surconsommer.

Les dédales du crédit

L’accès au crédit n’a jamais été aussi facile. On consomme aujourd’hui (des vêtements, des voyages, des meubles, etc.) avant d’avoir accumulé les liquidités nécessaires. Les banques ne sont plus les seules à proposer des cartes de crédit; la plupart des grands détaillants et compagnies de télécommunications en offrent. Résultat  ? Les cartes se multiplient dans notre portefeuille, et non sans risque. Notre capacité d’endettement est, par le fait même, décuplée à son tour. Il est préférable de réduire le nombre de cartes que nous possédons, de mieux les choisir et de respecter notre capacité de payer.

Les points de récompense sont aussi un incitatif à la surconsommation. Seulement 58 % des Canadiens paient la totalité du solde de leur carte de crédit chaque mois et profitent ainsi vraiment du système de points. Pour les autres, il serait important de se demander si ces points sont réellement avantageux une fois les intérêts et les frais annuels déduits. Une carte sans récompenses, mais à faible taux d’intérêt, serait probablement une option plus profitable.

Le pouvoir du marketing

Plusieurs stratégies sont utilisées par les détaillants pour nous pousser à consommer. C’est normal. Là où ce l’est moins, c’est lorsqu’on achète ce dont on n’a pas réellement besoin, simplement parce qu’on ne pouvait passer à côté d’un rabais alléchant. Les stratégies marketing sont nombreuses et insidieuses. Si l’on profite d’un solde pour un besoin réel, on est gagnant. Si l’on surconsomme, on est perdant à tout coup, tant sur le plan financier qu’environnemental.

Attention donc à ces infolettres quotidiennes qui nous présentent des offres à ne pas manquer. Attention aussi à ces récompenses valables seulement pour une période précise : la notion de « durée limitée » est un incitatif à «  en profiter  ». On se dit plutôt ceci : chaque fois qu’on achète quelque chose dont on n’a pas besoin, c’est comme si on se volait soi-même. Et des offres alléchantes, il y en aura encore lorsque ce sera opportun pour nous.

L’achat en gros

Nul doute que d’acheter en grosse quantité nous permet d’économiser. Il faut cependant être attentif à deux facteurs : l’économie réelle et le risque de gaspillage.

Pour profiter pleinement de l’achat en gros, il faut au préalable bien connaître la valeur des produits et comparer les quantités. En effet, quelques soldes ciblés sur des plus petites quantités s’avèrent quelquefois plus avantageux.

Enfin, gare au gaspillage  ! Le produit acheté en gros risque-t-il d’être perdu  ? Notre vitesse d’utilisation nous permettra-t-elle de consommer le produit dans sa totalité avant sa date de péremption  ? Tout produit gaspillé équivaut à des économies jetées à la poubelle.

5 pistes de solutions pour nous éviter de trop dépenser : 

Refuser le crédit. Ce n’est pas parce qu’on nous offre une carte de crédit qu’on doit la prendre. Même si on obtient 15 % de rabais sur nos achats le jour même. Même si les intérêts sont avantageux pour les trois premiers mois. Le risque d’endettement est plus nuisible que les avantages de cette promotion spontanée.

Dormir là-dessus. L’achat en ligne est tellement simple qu’on est porté à acheter compulsivement. Lorsqu’on met des articles dans notre panier virtuel, attendons au lendemain pour faire la transaction. Ces souliers «  dont on a absolument besoin  » nous paraîtront peut-être moins nécessaires le matin venu.

Se désabonner. De nombreux détaillants envoient des infolettres quotidiennement ou hebdomadairement, ce qui nous incite à consommer. On ajuste les réglages pour des envois mensuels ou on se désabonne tout simplement.

S’informer. On reste informé de la valeur des produits qu’on achète régulièrement, au prix ramené à l’unité ou sur une plus petite quantité (par exemple, 100 grammes). Cela nous permettra de mieux évaluer si ce prix réduit est réellement réduit.

Budgéter. C’est la base d’une bonne santé financière. On fait un budget, on analyse mensuellement nos principales sources de dépenses et on s’assure que nos revenus nous permettent de tout couvrir… sans avoir recours au crédit.

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