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Le cachemire dans la mire

Complice de nos matins frileux, le cachemire s’invite avec grâce dans nos garde-robes dès que le mercure descend. On l’aime pour sa douce légèreté, mais aussi pour sa grande durabilité. D’où vient-il  ? Comment bien le choisir  ? Quels sont les meilleurs conseils d’entretien  ? Zoom sur le cachemire.

Son origine

Le cachemire provient d’une chèvre aux cornes torsadées originaire du Cachemire, une région montagneuse du sous-continent indien. Recouverte de longs poils, l’épaisse toison laineuse de l’animal protège ce dernier contre les conditions climatiques extrêmes des plateaux himalayens. La fibre du cachemire provient de ce duvet que l’on récupère par peignage au moment de la mue au printemps.

Un peu de vocabulaire

M i c r o n  Unité de mesure équivalant à un millième de millimètre et utilisée pour mesurer le diamètre de la fibre.

F i l e u r   Personne qui transforme la pelote de poils en fils de cachemire.

B o u l o c h a g e  Formation de petites boules de fibres à la surface d’un vêtement.

F i b r e d e s r o i s :  Surnom donné autrefois au cachemire.

Bien choisir son cachemire

Plusieurs facteurs nous permettent de déterminer la qualité d’un cachemire. Pour y voir clair, on s’intéresse d’abord au micron. Celui-ci nous indique le choix de la laine qui compose le fil. Comme ce sont les couches les plus près de la peau de la chèvre qui possèdent le plus de propriétés thermiques, un cachemire de qualité est obtenu à partir du sous-poil long, fin et soyeux. En ce sens, le diamètre de la fibre ne devrait jamais dépasser 14,5 microns.

Les conditions dans lesquelles sont élevés les troupeaux de chèvres jouent également un rôle dans la qualité de la fibre. Le climat, l’alimentation des chèvres, les pratiques de l’éleveur et les techniques de transformation sont des facteurs déterminants. On n’hésite donc pas à poser des questions au commerçant. Comme consommateur, on mérite de connaître la provenance des produits et des matières premières. Enfin, on se méfie des prix trop abordables qui peuvent cacher des dessous peu reluisants.

Conseils d’experte

1. On évite à tout prix le nettoyage à sec.

Gabrielle Nasri, directrice des ventes à la boutique Ça va de soi, recommande nettement « le lavage à la main dans une eau tiède, donc qui n’est ni trop chaude ni trop froide  ». Dans un monde idéal, la température devrait se situer à 35o Celsius. Mme Nasri conseille également d’utiliser un savon doux exempt de produits chimiques, comme le savon de marque Eucalan, conçu spécialement pour le lainage et enrichi de lanoline. Ensuite, on essore le vêtement dans une serviette, on lui redonne sa forme et on le fait sécher à plat.

2. On privilégie les chandails amples sous les aisselles.

« Je conseille de laver le cachemire une ou deux fois par saison, car cette matière a naturellement des propriétés antibactériennes », explique Mme Nasri. Pour cette raison, une coupe trop serrée aux aisselles est peu souhaitable. « Le déodorant va s’accumuler dans la fibre, et à un moment donné, ça peut ne plus partir », prévient-elle.

3. On ne panique pas si le vêtement bouloche.

« Un cachemire qui va boulocher n’est pas un signe de mauvaise qualité, bien au contraire. Plus c’est un beau cachemire, plus ça va boulocher », précise la spécialiste. Au fil des frottements, les excès de fibres ressortent et forment des petites boules. Pour lui redonner ses airs de star, on le peigne avec un rasoir de type Gleener. « Avec un bon entretien, le boulochage finit par s’estomper », note-t-elle.

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