Chronique

Se revirer sur un dix sous (et le gratter)

Au tout début du confinement, c’est-à-dire il y a 2741 jours, je me grattais le coco comme François Bellefeuille après avoir subi la tonte du mouton : de quoi allais-je vous jaser dans cette chronique alors que toute l’industrie télévisuelle souffrait de paralysie ?

Tel Jean-Philippe Wauthier sous le puissant éclairage de Bonsoir bonsoir !, j’ai abondamment perlé du front, puis TVA a mis en ondes la docuréalité Si on s’aimait et mes problèmes de contenu ont tous été résolus, d’un seul coup. Je blague. Mais pas tant.

Même si cette expérience « d’accompagnement relationnel » n’a rien de scientifique, et que des candidats ont affirmé avoir été contraints de poursuivre leurs relations qui s’effondraient sous nos yeux, cette émission m’obsède. Est-ce que c’est normal ou est-ce que c’est malsain ? Je ne comprends plus ce qui m’arrive, chanterait sûrement Ariane Moffatt dans ces circonstances d’incertitude.

La quantité de malaises – et de petites humiliations – que subissent les candidats de Si on s’aimait est effrayante. Ça me surprend beaucoup qu’Anne Boyer, une auteure si sensible (L’heure bleue), chapeaute la production de cette série à la fois malaisante et captivante.

Car c’est très rare que des candidats de téléréalité révèlent autant de détails intimes, limite gênants, à propos d’eux-mêmes. Mercredi soir, le côté hyper gratteux de Jonathan, le codépendant, a quasiment torpillé son « couple » avec Marie-Ève.

Vous vous souvenez du week-end de fête que Jonathan avait offert à Marie-Ève dans la chambre d’hôtel la plus laide du Québec ? Bon, Jonathan a demandé à Marie-Ève d’en payer une bonne partie. Voici ton cadeau d’anniversaire, chérie, voudrais-tu le financer ?

Sur Facebook, mardi soir, Marie-Ève a révélé que Jonathan avait aussi réclamé à sa mère Micheline, une fois les caméras éteintes, le prix du cornet de crème glacée qu’il venait de lui offrir. 

Voyons. Séraphin se serait-il réincarné en petit homme trapu et tatoué de banlieue ?

Pas étonnant que Marie-Ève soit sur « le bord de flusher la relation », pour reprendre ses mots. Comment Marie-Ève réussira-t-elle à endurer autant de radinerie et de ciseaux géants pendant encore six semaines ? Ça relève de l’exploit.

La semaine prochaine, Jonathan traînera Marie-Ève dans un évènement de style « grandeur nature médiévale » et ça s’annonce épique. J’ai vraiment hâte.

Du côté de Fanny et d’Anyck, qui n’ont pas encore consommé leur union (oui, oui, la thérapeute Louise Sigouin est allée là), ça se picosse beaucoup, mais attention aux tests de limite de patience. Ça tourne souvent mal. Bien aimé l’emploi de l’expression « parler en lettres attachées » pour désigner quelqu’un (comprendre : Fanny) qui a abusé de la Corona sur un bateau.

Quant à Jennifer et Rémi, ils ont vécu leur moment de poterie à la Ghost (ou à la Maripier Morin dans Occupation double), sans la tension sexuelle, toutefois.

La COVID-19 n’aura pas dégarni complètement la programmation des chaînes d’ici. La plupart se sont même retournées sur un dix sous pour offrir du contenu original, adapté à la pandémie qui nous touche tous. C’est le cas de Vrak, qui a amorcé la diffusion, lundi à 19 h 30, de cinq nouveaux épisodes de Code C (pour confinement, bien sûr), qui réunissent les stars de Code F et de Code G. Tout se rattrape en vidéo sur demande et le service Crave offrira les cinq demi-heures dès samedi.

C’est très rigolo et sans filtre. Les sujets ratissent large : la masturbation, le bonheur de vivre en linge mou, les 5 à 7 virtuels en voie d’extinction (plus personne n’est capable), les cheveux indomptables, la propagation des théories du complot, le malheur des chats ou les parents qui ne maîtrisent pas les technologies de communication.

Et avec Julien Lacroix, Maripier Morin, Pier-Luc Funk, Catherine Éthier, Mehdi Bousaidan, Mariana Mazza et Félix-Antoine Tremblay, nous avons droit à la crème des commentateurs.

Lundi soir, l’épisode familial de la téléréalité Les chefs ! de Radio-Canada a été visionné par 576 000 personnes. C’était vraiment mignon de voir la brigade cuisiner avec papa et maman. Très stressant, également, pour le favori, Sébastien, qui a manqué de temps de cuisson pour sa viande.

Cette heure de télé contenait également une révélation-choc, qui mérite qu’on en reparle : mon juge préféré, Jean-Luc Boulay, n’aime pas le fromage en grains. Attendez une minute. Comment est-ce possible qu’un fin palais comme lui n’apprécie pas le « couic-couic » de ce délice moelleux ?

Arrêtez tout. On demanderait à Élyse Marquis de remettre de l’ordre dans son atelier. On ne tolérera plus ce type de remarques choquantes, merci.

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