Donner le goût de la culture

L’éveil culturel, une histoire de partage, à l’école et en famille

La culture : on la sait essentielle à l’épanouissement d’un enfant dans toutes les sphères de son développement. On dit aussi qu’initier tôt un jeune à la culture, c’est lui ouvrir un monde de possibilités. Mais derrière les études et les statistiques qui le prouvent, il y a des parents et des enseignants — en chair et en os — qui provoquent ce déclic. C’est ainsi que tout commence.

Des histoires de parents et d’enseignants qui, un peu au hasard d’occasions et de champs d’intérêt personnels, ont su semer chez les jeunes le goût de la culture, il y en a une foule. En voici une parmi tant d’autres.

Cultiver la fibre musicale

Pour Julien Blais, batteur professionnel, la transmission de son amour de la musique à ses trois enfants allait de soi. Celui qui gagne sa vie en partageant la scène avec des artistes de renom a fait en sorte que Rose, Clémence et Lévi soient initiés dès leur jeune âge au monde de la musique. « Quand ils assistent à un concert de leur papa, mes enfants sont en contact avec la musique, oui, mais aussi avec tout un univers, explique le musicien. Ils voient une multitude d’artisans de la scène à l’œuvre, en plus de découvrir des styles musicaux et des compositeurs. C’est une expérience fascinante pour eux. »

Les échos de cet intérêt résonnent déjà. À six ans, l’aînée de la fratrie, Rose, démontre une grande sensibilité musicale. Quand elle n’écoute pas ses pièces préférées, elle s’exerce sur son piano, à l’harmonica ou gratte les cordes de son ukulélé. Pour ses parents, il ne fait aucun doute que le contact avec la musique lui a ouvert des horizons. Et au-delà de la musique elle-même, l’éveil musical procure de grands bienfaits aux jeunes. En apprivoiser les rudiments, c’est s’entraîner à communiquer, à compter, à s’exprimer, à créer, mais aussi à apprendre, tout simplement.

Un cadeau qui traverse les générations

Dans cette famille, le goût pour la culture et l’amour de la musique remontent à plus loin encore. Depuis plusieurs années, Lucie Gendron, la mère de Julien Blais, enseigne le chant à Rimouski, à l’École de musique du Bas-Saint-Laurent. C’est en allant la rejoindre dans ce lieu consacré à la formation de la relève musicale que Julien tombe par hasard sur une batterie. Le futur musicien professionnel s’assoit derrière la grosse caisse pour la première fois, baguettes à la main. Le déclic se fait. Il a 12 ans et recevra cette année-là de sa mère un cadeau inestimable : une première batterie. La passion de cet instrument n’allait plus le quitter.

« Sans le savoir, venir rejoindre ma mère cette journée-là a été un des moments les plus importants de ma vie. Je me découvrais un talent et une passion ! Ça m’a permis de m’ouvrir l’esprit sur la musique et la place qu’elle occupe dans la culture québécoise et bien au-delà de nos frontières, ainsi que sur les artistes d’ici et d’ailleurs. J’ai littéralement pu parcourir le monde avec mes baguettes. »

La découverte de la musique à une période aussi déterminante de son développement a sans aucun doute tracé le parcours professionnel de l’adolescent, mais elle lui a aussi permis de nouer de solides amitiés autour de cette passion, de voir naître en lui un sentiment d’appartenance à la grande communauté des musiciens.

« Il n’est pas nécessaire d’avoir une mère professeure de chant pour goûter à la culture. L’école est aussi un incubateur important. Les jeunes ont la chance de pouvoir toucher à différents instruments dans les cours de musique ou l’harmonie de l’école : la flûte, le xylophone, le tambour, la trompette, le saxophone, la guitare. Ma fille Rose attend chaque semaine son cours de musique avec impatience. Le soir venu, elle nous parle des chansons qu’elle a apprises et des instruments qu’elle a essayés pour la première fois. C’est beau de la voir découvrir la musique de la sorte. »

La culture, au bénéfice de tous !

Nul besoin d’être issu du milieu culturel pour inspirer un tel intérêt à son enfant. Des parents de tous les horizons le font, à leur mesure et selon les goûts qu’eux-mêmes ont développés au fil du temps. C’est la même chose pour les enseignants : pas besoin d’être professeur en arts ou en musique pour transmettre sa passion de la culture ! Elle se trouve partout ; on peut s’en inspirer !

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