Wimbledon

Jusqu’où ira Raonic ?

Voilà Milos Raonic en quart de finale à Wimbledon pour la quatrième fois de sa carrière, la troisième d’affilée, et il n’entend pas s’arrêter là.

Celui qui avait défait Roger Federer en 2016 pour accéder à la finale n’est plus qu’à un match de possibles retrouvailles avec le Suisse. Raonic a battu hier l’Américain Mackenzie McDonald, un des invités surprises du quatrième tour, en quatre manches de 6-3, 6-4, 6-7 (5) et 6-2, et seul l’Américain John Isner barre sa route vers une demi-finale contre le gagnant du match entre Federer et le Sud-Africain Kevin Anderson.

Isner, un géant de 6 pi 10 po, sera toutefois un adversaire redoutable, même si c’est la première fois qu’il se rend si loin à Wimbledon. « Nous avons le même style de jeu, avec les mêmes armes, a rappelé Raonic en conférence de presse. L’affronter n’est pas plaisant, car c’est impossible de trouver un rythme et ça devient vite un peu frustrant. Mais je sais qu’il ressent la même chose devant moi ! »

L’Américain a remporté trois des quatre matchs qu’il a disputés contre Raonic en carrière, mais le Canadien a gagné le dernier, en 2016, à Cincinnati. « La marge est vraiment très petite entre nous. Je bouge peut-être un peu mieux, il a une plus grande portée… Nous allons probablement servir un nombre égal de jeux et la grande majorité d’entre eux vont aller très vite.

« Nous n’aurons pas beaucoup d’occasions dans les jeux où l’autre sera au service, et ce sera important de savoir en profiter, de savoir reconnaître ces moments et de hausser son intensité pour mettre un peu plus de pression sur l’adversaire. Ce sont les quelques fois où il va y avoir des échanges un peu plus longs qu’il va falloir être l’agresseur. »

Hier, justement, contre McDonald, le Canadien a encore imposé son jeu avec pas moins de 37 as et 74 coups gagnants. Il n’a jamais eu à défendre une balle de bris et n’a laissé échapper que deux services pendant le bris d’égalité de la troisième manche.

« J’ai amorcé le match avec la même intensité que j’avais montrée à la fin de mon match précédent. J’ai commis quelques erreurs en troisième manche, dans le bris notamment, et il en a profité, mais j’ai vite corrigé le tir. »

« Je n’ai jamais été menacé sur mon service et j’ai joué un match vraiment propre ! »

— Milos Raonic

Avec des services à plus de 200 km/h en moyenne, quelques premières balles à 230 km/h, le joueur de 6 pi 5 po est actuellement en pleine possession de ses moyens, et son corps le laisse tranquille pour l’instant. Et le gazon, « la seule surface vivante » du tennis, comme il l’a rappelé hier, lui procure une assurance particulière.

« J’aime jouer ici, c’est vrai, a-t-il convenu en conférence de presse. Je suis en confiance sur le gazon, je m’y déplace bien, je suis à l’aise pour monter au filet, pour effectuer mes coups à la volée. Avoir eu du succès par le passé y est pour beaucoup, c’est certain, mais j’ai toujours pensé que le gazon convenait parfaitement à mon jeu.

« C’est excitant d’être encore en quart de finale ici. Je le vois comme une autre occasion, et j’espère en profiter au maximum. »

Amateur d’art… et de soccer !

En plus du tennis, Raonic se passionne pour l’art moderne. Il a raconté hier avoir profité de ses récents séjours à Londres pour visiter les musées de la capitale britannique, le Tate Modern notamment, où il a apprécié l’exposition All to Human avec des œuvres de Francis Bacon et Lucian Freud, entre autres.

Le Canadien, qui est réputé pour bien gérer sa carrière, a aussi avoué son intérêt pour le marché de l’art, mais a déploré qu’on ne s’intéresse souvent qu’aux œuvres estimées à plusieurs centaines de millions.

Raonic n’a pas le temps cette semaine d’aller visiter les musées, mais il a reconnu avoir suivi les matchs de la Coupe du monde de soccer à la télévision. Originaire du Monténégro et entraîné par le Croate Goran Ivanisevic, le Canadien n’a pas caché sa satisfaction de voir les Croates en demi-finale, même s’ils devront affronter les Anglais !

« Pendant le tournoi, on passe tout notre temps entre les installations de Wimbledon et la maison que nous avons louée, a-t-il expliqué. Croyez-moi, c’est bien d’avoir la Coupe du monde pour nous occuper et meubler nos discussions ! »

Dabrowski continue… Deux fois !

Une seule Canadienne est encore en lice à Wimbledon, Gabriela Dabrowski, et elle brille en double, c’est le cas de le dire. La joueuse d’Ottawa s’est qualifiée pour les quarts de finale du double féminin avec sa partenaire chinoise Yifan Xu. La paire a remporté un sixième match d’affilée – elle avait enlevé le titre au tournoi d’Eastbourne, juste avant Wimbledon – avec une victoire de 6-3 et 6-3 contre l’Américaine Vania King et la Slovène Katarina Srebotnik. Elles affronteront maintenant l’Américaine Bethanie Mattek-Sands et la Tchèque Lucie Safarova, qui reviennent à Wimbledon cette année un an après la terrible blessure à un genou subie par l’Américaine (dans un match de simple) alors qu’elles tentaient de remporter un quatrième titre d’affilée en Grand Chelem. Dabrowski s’est aussi qualifiée avec le Croate Mate Pavic pour le troisième tour du double mixte. Le duo, champion aux Internationaux d’Australie et finaliste à Roland-Garros, est favori à Wimbledon.

Une victoire pour Fernandez

La jeune Lavalloise Leylah Fernandez a remporté hier le premier match de sa carrière à Wimbledon ! Elle a disposé de la Papouasienne Violet Apisah, 6-4 et 7-6 (2), au premier tour du tournoi junior. La joueuse de 15 ans a connu une journée laborieuse au service – cinq bris contre elle et seulement 45 % de premières balles réussies –, mais sa combativité lui a permis d’aller arracher la victoire. Demi-finaliste à Roland-Garros, Fernandez est la 11e favorite à Wimbledon.

Federer est intraitable

La série se poursuit pour le tenant du titre Roger Federer, qui n’a pas concédé une manche dans le « Temple » depuis 2016. C’était lors de la demi-finale perdue en cinq manches face au Canadien Milos Raonic, qu’il pourrait retrouver au même niveau de la compétition. Désormais, le maestro suisse a gagné 32 manches de suite après son succès (6-0, 7-5 et 6-4) contre le Français Adrian Mannarino, 26e mondial, hier. L’octuple lauréat du tournoi n’est plus qu’à deux longueurs de son record établi entre le troisième tour en 2005 et la finale de 2006, remportée contre l’Espagnol Rafael Nadal.

— Agence France-Presse

La voie royale pour Serena

Et maintenant Karolina Pliskova ! La dernière rescapée des 10 premières têtes de série a chuté à son tour, hier, devant la Néerlandaise Kiki Bertens, 3-6 et 6-7 (1). L’élimination de la Tchèque a déblayé un peu plus le terrain pour Serena Williams. Sans pitié avec la Russe Evgeniya Rodina (6-2 et 6-2), l’Américaine a atteint les quarts de finale en Grand Chelem pour la première fois depuis son retour de maternité. Elle affrontera aujourd’hui l’Italienne Camila Giorgi. La seule joueuse restante qui a déjà battu Williams est l’Allemande Angelique Kerber.

— Agence France-Presse

Vers un choc Nadal-Djokovic

Plus qu’une victoire et les spectateurs britanniques auront droit à un choc entre l’Espagnol Rafael Nadal et le Serbe Novak Djokovic. Pour la première fois depuis la finale perdue en 2011 face au Serbe, Nadal a dépassé le cap des huitièmes grâce à un succès devant le Tchèque Jiri Vesely, 6-3, 6-3 et 6-4.  Le « Djoker » s’est montré impitoyable (6-4, 6-2 et 6-2) devant le Russe Karen Khachanov. À confirmer demain face au Japonais Kei Nishikori. Nadal affrontera pour sa part le vainqueur du duel Gilles Simon–Juan Martín del Potro.

— Agence France-Presse

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