Le « Ubergate » est déjà réglé

« Nous sommes passés à autre chose », dit l’entraîneur-chef Guy Boucher

Croyez-les ou pas, les Sénateurs d’Ottawa affirment que « l’affaire Uber » est déjà dans leur rétroviseur.

Il serait surprenant que ce soit vraiment le cas. L’équipe n’a pas laissé les six joueurs encore avec le club qui se sont fait prendre à critiquer l’entraîneur adjoint Martin Raymond pour son travail à la tête de l’unité de désavantage numérique parler aux médias, hier, après leur entraînement matinal.

Ils devront ultimement commenter cette discussion enregistrée à leur insu par le conducteur d’une camionnette à Glendale, mais quelques heures avant de signer une victoire de 7-3 contre les Devils du New Jersey, seuls l’entraîneur-chef Guy Boucher ainsi que quatre vétérans, Mark Stone, Craig Anderson, Mark Borowiecki et Zack Smith (ce dernier, blessé, n’était même pas en Arizona), ont discuté du sujet qui faisait jaser partout à travers la planète LNH.

Ils ont tous maintenu qu’ils avaient discuté de cet incident bien avant que la vidéo ne soit mise en ligne, lundi soir.

« Dès la minute où nous en avons pris connaissance, nous avons été rapides pour s’en occuper. On s’est dit cette année qu’on réglerait rapidement tout ce qui se présente, on a composé avec ça il y a quelques jours. L’organisation a composé avec ça, le personnel [d’entraîneurs] l’a fait, les joueurs. On l’a fait comme groupe et nous sommes passés à autre chose », a déclaré Boucher.

« Ce qui est très décevant pour moi personnellement, c’est que des personnes prennent la décision de faire mal à un être humain, surtout envers la meilleure personne que je connaisse [Martin Raymond] », a-t-il ajouté plus tard au sujet de son adjoint des trois dernières saisons à Ottawa, avec qui il a aussi travaillé avec le Lightning de Tampa Bay, en plus d’avoir joué sous ses ordres à l’Université McGill.

« Obstacle sur la route »

Alors que les six joueurs concernés – Matt Duchene, Thomas Chabot, Chris Wideman, Dylan DeMelo, Chris Tierney et Colin White (Alex Formenton a été renvoyé chez les juniors jeudi dernier – se sont réfugiés dans un secteur du vestiaire qui n’est pas accessible aux médias, leurs coéquipiers ont affronté la tempête pour eux.

« On s’est occupé de ça bien avant que cette vidéo soit rendue publique. Comme personnel d’entraîneurs, comme dirigeants et comme joueurs, on s’en est occupé à l’interne, comme ça devrait l’être. On va aller de l’avant maintenant, a dit Stone, un des assistants au capitaine de l’équipe. On ne veut pas de choses négatives autour de notre équipe. C’est un hoquet, mais les gars ont fait de gros efforts pour réparer les relations. Ça ne va que rendre notre équipe plus forte en allant de l’avant. »

Borowiecki a parlé d’un « obstacle sur la route », alors qu’il « faudrait être naïf pour croire que les joueurs ne tiennent pas parfois des commentaires négatifs à l’endroit des entraîneurs, comme ces derniers en ont à l’occasion sur les joueurs. Je peux vous dire que je me suis déjà fait varloper par eux pour certains jeux stupides que j’ai faits », a-t-il laissé entendre.

Smith a indiqué que ça ne le dérangeait pas de répondre à des questions qui auraient dû aller à ses coéquipiers.

« Il y avait six gars, mais pour être bien honnête, ça aurait pu être n’importe qui. Si vous prenez une caméra et suivez n’importe qui à la maison après le travail, vous allez entendre des choses au sujet des patrons. »

— Zack Smith

« Entre joueurs, c’était une conversation privée. Je me sens mal pour les six gars dans cette vidéo, et surtout pour Marty [Raymond]. Ce n’est pas juste pour lui et plusieurs gars. Cela dit, on en a parlé avant que ça sorte, et ce n’est pas notre identité. Ce n’est pas la responsabilité des six gars, c’est tout le groupe. Si vous aviez enregistré tout ce que j’ai dit au sujet des entraîneurs pendant ma carrière, je ne pense pas que je serais dans la ligue », a dit Smith.

Le gardien Craig Anderson ose espérer que ce triste épisode va rapprocher les joueurs et entraîneurs. « Nous sommes tous dans la même équipe, on tire tous la corde dans la même direction », a souligné celui qui avait dit l’été dernier qu’il était « trop vieux pour les mélodrames ».

Martin Raymond n’a pas rencontré les médias lui non plus, les adjoints de Boucher étant rarement disponibles.

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