Critique resto

Un nouveau petit italien dans Villeray

Moccione

380, rue Villeray, Montréal

514 270-4441

Des anciens du Toqué ! décident ensemble d’ouvrir un restaurant de quartier dans Villeray, où l’on servira de la cuisine surtout d’inspiration italienne, mais préparée avec les produits d’ici.

Le concept a tout pour plaire.

Chaque fois que j’entends ce genre de description, j’ai envie de dire : « Mais pourquoi ce genre de chose n’arrive jamais près de chez moi ? »

Qui n’a pas envie d’une petite table sympathique, sans façon, à prix pas trop fous, où l’on peut aller à pied, où l’on mangera bien, surtout de l’italien, ce qui est si facile à aimer ?

L’idée derrière cette nouvelle adresse est donc excellente et l’expérience, de façon générale, assez chouette.

Le lieu n’est pas grand, mais décoré façon bistro, avec un bar où l’on peut s’asseoir pour prendre un verre et une bouchée, en regardant la cuisine ouverte. Une grande fenêtre assure la venue de la lumière. 

Réconfortant

Au menu, les valeurs sûres se succèdent. Mozzarella accompagnée de poivrons grillés et d’huile d’olive, éperlans frits tout simples, croulant aussi sous les herbes fraîches, palourdes dans leur coquille, avec une sauce légèrement tomatée à la chair de saucisse comme une chaudrée de terre et mer.

Ces plats sont tous exactement ce dont on a envie par les temps qui courent. C’est facile à aimer, réconfortant. L’omble servi avec sauce vierge – huile d’olive, tomates, citron… –, polenta et choux de Bruxelles frits est aussi un joli plat bien réussi, puisque le poisson est encore tout tendre, juste assez cuit. Et on a aimé les cavatelli au rapini et aux pleurotes.

Mais vous comprendrez qu’il y a un « mais ».

Le « mais », c’est que lorsqu’on entend dire que les cuisiniers ont déjà travaillé chez Toqué !, nos attentes deviennent un peu plus élevées que d’habitude. Or, la cuisine que l’on sert chez Moccione ne les comble pas. C’est délicieux, mais pas délirant.

La mozzarella n’est pas aussi crémeuse qu’on l’aimerait et la friture – dont l’odeur est assez présente quand on arrive dans le restaurant –, pas aussi fine qu’on le voudrait. On sourcille quand on voit les profiteroles arriver avec… un couteau à steak, même si ce n’est pas une mauvaise idée de vouloir les conjuguer sur le thème de l’argousier… Les cavatelli, on aurait aimé qu’ils soient plus originaux, avec plus de personnalité. Et le tiramisu ? Il était bon. Mais je ne saurais qu’en dire de plus. 

Deux services

Tout ça serait facile à accepter si le restaurant nous ouvrait ses portes comme on les ouvre pour tous nos meilleurs amis à toute heure du jour. Si l’adresse avait quelque chose de familial. Mais la direction a choisi l’approche « deux services à heures fixes ». 

Donc on mange à 18 h ou à 20 h 30, sauf le dimanche, où l’horaire est plus souple. 

Qui aime se faire dire qu’il faut quitter sa table après un certain temps ? Que non, il n’est pas possible de prendre un dernier café ou un autre verre de vin, car des gens attendent ? Surtout quand on vient manger à l’italienne…

Je sais que c’est une question financière qui n’a rien d’une coquetterie pour les restaurateurs fonctionnant avec des marges minuscules et qui veulent s’assurer de servir au moins deux repas par table par soir. Et je sais aussi que les proprios essaient de faire de leur mieux pour minimiser les inconvénients de leur approche.

Mais en fonctionnant ainsi, on élimine la possibilité de débarquer sous l’impulsion du moment, ou encore d’étirer un repas sans façon en soirée généreuse. Et pourtant, c’est ce qu’on aurait envie de faire dans ce petit restaurant.

NOTRE VERDICT

On paie : entrées entre 10 $ et 18 $, plats entre 18 $ et 23 $. 

On boit : des vins de petits producteurs plutôt humbles, mais bien choisis, que l’on peut prendre à la bouteille ou au verre. 

On se sent : accueil chaleureux et service sympathique même si la nécessité de quitter la table à une certaine heure peut décevoir. Décor de bistro du moment pas compliqué, avec des tables en bois, des tons pastel. 

On aime : les prix raisonnables et le concept.

On aime moins : les horaires fixes – et la cuisine pourrait être un petit peu plus spéciale.

On y retourne ? Sûrement, mais pas tout de suite.

Bouchées choisies

Quoi de neuf dans le monde de la restauration ?

Un nouveau Pub dans le Vieux

Après le Burgundy Lion et le pub Bishop & Bagg, voici le Wolf and Workman, un pub gastronomique d’inspiration britannique qui ouvrira bientôt ses portes dans le Vieux-Montréal. Installé dans le local de l’ancien Scarlett, dans un immeuble qui date de 1830, rue Saint-Paul Ouest, le Wolf and Workman pourra accueillir une centaine de personnes, plus une cinquantaine dans la cour intérieure par beau temps. L’endroit veut se distinguer en mettant l’accent sur les brasseurs, vignerons et distillateurs d’ici (sur la photo, l’équipe pose lors d’une visite à la Brasserie Farnham), histoire de les faire découvrir à une clientèle autant locale que touristique. Le chef et copropriétaire Louis-Philippe Camerlain y proposera des plats inspirés des grands pubs londoniens, créés avec des ingrédients locaux et saisonniers. L’endroit devrait être en ouverture progressive dès la semaine prochaine, avec ouverture officielle au début d’avril.

139, rue Saint-Paul Ouest, Montréal

Combats de chefs au Chasse-Galerie

L’automne dernier, le propriétaire du Chasse-Galerie, Vianney Godbout, n’était pas très content : certains s’étaient approprié, d’une façon qu’il considérait comme « peu éthique », le concept de bataille de sommeliers qu’il avait mis au monde. Qu’à cela ne tienne, il a décidé de rebondir en créant l’événement Chef Battle, afin de valoriser les cuisiniers et de favoriser les échanges derrière les fourneaux. Dès le lundi 1er avril, et pour plusieurs lundis subséquents, 16 chefs concourront au Chasse-Galerie pour remporter l’ultime honneur – et par le fait même un voyage à Chicago et un repas au réputé Alinea. Une belle brochette de chefs y participera, dont Danny St Pierre, Marc-André Jetté, Hakim Chajar, Fabrizia Rollo et Francis Wolf. Ça risque de chauffer ! Les billets sont en vente dès maintenant, au prix de 45 $, et donnent droit à deux consommations et à des bouchées.

4110, rue Saint-Denis, Montréal

Danny St Pierre au Boxotel

Le chef et restaurateur Danny St Pierre s’associe à des amis de longue date pour renouveler l’offre culinaire du Boxotel, un petit hôtel-boutique de 20 chambres à l’angle de la rue Ontario Est et de l’avenue de l’Hôtel-de-Ville. Hugo Potvin (Tapeo, Les Fillettes, etc.) sera chef de cuisine et Vanessa Gomes (anciennement gérante à la Buvette chez Simone) s’occupera du bon fonctionnement de la salle. L’aventure commence tout doucement en format café éphémère, avec un menu simple de smoothies, de muffins maison, de bols-déjeuners, de grilled cheese, etc., servis de 7 h à 19 h tous les jours. Le restaurant permanent est en pleine conception. On vous en dévoile les détails dès qu’ils se précisent ! 

— Ève Dumas, La Presse

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