ALLEMAGNE

Allemagne-citation

« Nous, les Allemands, nous devons beaucoup à cette Amérique. À cette Amérique en tant que partenaire dans le respect mutuel, en tant que partenaire pour la démocratie et la liberté, contre l’égoïsme national. C’est ce que j’espère aussi à l’avenir. »

— Le président de l’Allemagne, Frank-Walter Steinmeier, samedi, dans une allusion à peine voilée à la dégradation des relations transatlantiques depuis l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche

Brésil 

Lula montre du doigt Bolsonaro

Pour sa première journée de liberté, l’ex-président du Brésil de gauche Lula a harangué plus d’un millier de sympathisants samedi près de São Paulo, attaquant violemment le président Jair Bolsonaro, qui l’avait traité de « canaille ». C’est un Luiz Inácio Lula da Silva vociférant, souvent rouge de colère, qui s’en est pris violemment au président d’extrême droite, moins de 24 heures après sa sortie de prison. « Jair Bolsonaro a été élu démocratiquement [en 2018], mais pour gouverner pour le peuple brésilien, et non pour les miliciens de Rio de Janeiro », a hurlé Lula sous les vivats de militants vêtus de rouge. Il faisait référence à la mort sous les balles en mars 2018 de la conseillère noire de Rio Marielle Franco, un assassinat encore non élucidé, mais pour lequel les milices de Rio ont été montrées du doigt. « Je suis de retour ! », a également lancé un Lula furieux à Sérgio Moro, qui l’avait condamné pour corruption. « Ce n’est pas un juge, c’est une canaille », a-t-il ajouté au sujet de celui dont l’impartialité a été contestée par des fuites et qui est devenu le ministre de la Justice de Bolsonaro. — Agence France-Presse

Irak

Mettre fin à la contestation « par tous les moyens »

Sept manifestants ont été tués samedi en Irak, où la capitale avait des airs de champ de bataille avec des manifestants pris sous les tirs, après un accord politique au plus haut niveau pour en finir avec la contestation « par tous les moyens ». Aux abords de la place Tahrir à Bagdad, quatre manifestants ont été tués, trois par des balles et le quatrième touché au visage par une grenade lacrymogène, selon des sources médicales et de sécurité. Plus tôt dans la journée, trois manifestants avaient été tués dans une dispersion à balles réelles à Bassora, ville du Sud où les forces de l’ordre arrêtent désormais quiconque tente de sortir dans les rues. Déclenchée le 1er octobre, la contestation réclame le départ de l’ensemble de la classe politique, inchangée depuis des années et jugée corrompue et incompétente. L’intervention plus musclée des forces de sécurité survient à la suite d’un accord des principales forces politiques qui prévoit de mettre fin aux protestations, y compris par la force, pour maintenir le pouvoir en place. — Agence France-Presse

Hong Kong

Trois parlementaires prodémocratie arrêtés

La police de Hong Kong a annoncé samedi avoir arrêté trois parlementaires prodémocratie et a demandé à quatre autres de se présenter au commissariat pour être placés en état d’arrestation. Ils sont accusés de violences lors d’échauffourées au Parlement en mai dernier, au moment où la dirigeante de Hong Kong, Carrie Lam, cherchait à faire passer en urgence une loi autorisant les extraditions vers la Chine. C’est ce projet de loi qui a provoqué les premières manifestations il y a cinq mois. Malgré le retrait du projet peu après, le mouvement s’est mué en un mouvement prodémocratie plus large et ses heurts avec la police sont devenus de plus en plus violents. Les parlementaires arrêtés risquent jusqu’à un an de prison. Un des parlementaires convoqués a annoncé lors d’une conférence de presse qu’il n’irait pas. « Si vous m’accusez d’avoir violé la loi au Parlement, alors venez ici et arrêtez-moi. Je vous attends », a lancé Lam Cheuk-ting. Le Parlement de Hong Kong est semi-démocratique : la moitié des parlementaires sont élus par la population, les autres sont choisis par des commissions largement pro-Pékin.

— Agence France-Presse

Inde

La justice autorise un temple hindou sur un site disputé

New Delhi — La Cour suprême indienne a autorisé samedi la construction d’un temple hindou à Ayodhya, dans le nord, sur un site disputé où une mosquée avait été détruite en 1992, une victoire éclatante pour le gouvernement nationaliste du premier ministre, Narendra Modi.

Cette décision fait cependant craindre de nouvelles violences entre les deux communautés. La destruction de l’ancienne mosquée en 1992 par des nationalistes hindous avait provoqué de sanglantes émeutes intercommunautaires et fait quelque 2000 morts.

La sécurité a été renforcée à Ayodhya, où des milliers de membres des forces de sécurité ont été déployés, dont des policiers antiémeutes, et tout rassemblement a été interdit.

Dans son arrêt, la plus haute juridiction indienne a ordonné que le site soit confié à un trust qui y construira, sous certaines conditions, un temple hindou, tandis qu’un autre terrain sera remis à des groupes musulmans pour y bâtir une nouvelle mosquée.

Selon la presse indienne, la Cour a estimé que des preuves archéologiques montraient qu’une structure « d’origine hindoue » avait été construite sur le site avant la mosquée.

Narendra Modi s’est immédiatement félicité de ce jugement, en affirmant qu’il réglait « à l’amiable » une querelle datant de plusieurs décennies entre la majorité hindoue et la minorité musulmane du pays.

« La justice a conclu à l’amiable une affaire qui durait depuis des décennies », a déclaré M. Modi sur Twitter. « Chacun des deux camps, chaque point de vue a eu l’occasion et le temps d’exprimer des opinions divergentes. »

Pour le chef du gouvernement, « ce verdict accroîtra encore la confiance de la population dans les processus judiciaires ».

Le ministre des Affaires étrangères du Pakistan, Shah Mehmood Qureshi, estime quant à lui que le jugement « plonge les musulmans d’Inde dans l’incertitude et les expose à un manque de sécurité et de protection ».

Des années de violences

Avant l’annonce de la décision de la Cour suprême, les autorités avaient renforcé la sécurité dans tout le pays, et le premier ministre avait appelé la population au calme et placé la police en état d’alerte.

Des milliers de membres des forces de sécurité avaient été déployés dans et autour d’Ayodhya, et les écoles avaient été fermées. Des barrages de police avaient également été érigés aux abords de la Cour suprême, à New Delhi.

— Agence France-Presse

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