EN VEDETTE

Rébecca Déraspe : enseigne et tais-toi !

Faire la leçon
Aux Écuries, du 12 au 29 novembre 

Dans le climat actuel de rectitude politique, un enseignant a-t-il le droit d’être lui-même, d’afficher devant ses élèves son sens critique, ses valeurs, ses peurs ? La question est au cœur de Faire la leçon, toute nouvelle pièce signée Rébecca Déraspe présentée aux Écuries. L’autrice (Gamètes, Deux ans de votre vie) a accepté l’invitation du Théâtre I.N.K. pour créer une œuvre alliant texte et mouvement, portant sur le devoir de réserve des enseignants. « J’ai voulu aussi explorer autour du sas de décompression qu’est une salle de profs », explique Rébecca Déraspe. Dans Faire la leçon, ce sas de décompression est un gymnase inadapté aux besoins de ceux qui s’y rassemblent entre deux cours. Les enseignants – Camille, Mireille, Simon et Étienne – s’y réunissent pour faire le bilan de leur journée, faire partager leurs craintes de début d’année, mais aussi faire étalage de leur compétence ou distribuer des conseils pas toujours sollicités. Rébecca Déraspe a imaginé ces quatre enseignants à partir de ses expériences personnelles, tant comme mère d’une enfant au primaire que comme médiatrice culturelle ayant beaucoup travaillé dans les écoles québécoises. « C’est une œuvre de fiction, pas une étude de cas », explique celle qui dit aussi s’être inspirée de la série documentaire 180 jours pour son écriture. « J’ai ressenti cette grande difficulté que les profs ont à être eux-mêmes en classe, l’absence d’espace qu’ils ont pour s’exprimer. J’ai voulu rappeler que ce sont aussi des humains qui vivent des affaires à l’extérieur de l’école. » La metteuse en scène, Annie Ranger, a ajouté des chorégraphies aux mots, restant fidèle à la mission d’I.N.K., soit le théâtre de mouvement. « Il y a eu beaucoup de va-et-vient entre elle et moi, dit l’autrice. C’était presque une écriture collective, puisque le propos de la pièce est porté tant par le texte que par les mouvements. » 

— Stéphanie Morin, La Presse

Théâtre

Les amours entêtées

Les amoureux
Au Théâtre Denise-Pelletier, du 6 au 30 novembre

Eugenia et Fulgenzio (interprétés par Maxime Genois et Catherine Chabot) sont très épris l’un de l’autre, mais leurs amours tumultueuses balancent sans cesse entre ruptures et réconciliations. Le sort des fiancés pourrait s’assombrir avec l’arrivée du comte Roberto, invité par l’oncle d’Eugenia, Fabrizio (Éric Bernier). Ce dernier, bourgeois naïf, ridicule et ruiné, pourrait être tenté de s’immiscer – pas pour le mieux – dans la vie de sa nièce… Écrite en 1759, cette comédie signée Carlo Goldoni est mise en scène par Catherine Vidal (Le grand cahier et Le miel est plus doux que le sang, notamment). Une occasion de rire des travers humains – jalousie, appât du gain, etc. –, qui n’ont pas tant changé malgré le passage des années.

— Stéphanie Morin, La Presse

À Québec

La duchesse revient à Québec

La duchesse de Langeais
Au Trident, du 12 novembre au 7 décembre

« Ce soir, on ne fait pas l’amour, on se soûle ! », lance la duchesse, coloré personnage de la pièce de Michel Tremblay, reprise à Québec avec le formidable comédien Jacques Leblanc. « Après sa performance exceptionnelle dans Amadeus, nous voulions revoir Jacques sur scène sans tarder », dit la directrice du Trident, Anne-Marie Olivier. Vingt ans après avoir joué le personnage d’Hosanna, il nous livrera toute la solitude de la duchesse mise en parallèle avec son désir de briller parmi les plus grands. » Anne-Marie Olivier a confié à Marie-Hélène Gendreau la direction de sa production fort attendue.

— Stéphanie Morin, La Presse

Carte blanche à Fanny Britt

Voix de la résistance

Au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, le 6 décembre 

Dans le cadre de la série Aujourd’hui, je passe à l’histoire !, Fanny Britt (Bienveillance, Les maisons) présentera Pièce de résistance, une soirée avec, entre autres, Émilie Bibeau, Alexia Bürger et Eveline Gélinas, pour commémorer la tragédie de Polytechnique Montréal, le 6 décembre 1989. Ce (sombre) jour-là, Fanny Britt avait 12 ans. Elle participait à un concert de Noël avec une chorale de filles. « À plusieurs égards, ce massacre a marqué la fin de l’innocence de l’autrice et de milliers de filles et de femmes québécoises, écrit-on sur le site du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. Trente ans plus tard, Fanny Britt revisite, à sa manière, cette expérience fondatrice pour tenter d’allier révolte et réconfort, solidarité et rage. » 

— Luc Boulanger, La Presse 

Art et citoyenneté 

Le Québec en scène 

Constituons !
Au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, du 12 au 30 novembre 

En plus d’être sur la liste des finalistes du prix Siminovitch 2019, Christian Lapointe reprend son spectacle Constituons !, créé en mai au Festival TransAmériques (FTA), dès mardi prochain au Théâtre d’Aujourd’hui. Pour le metteur en scène, cette pièce est l’aboutissement d’une vaste aventure s’échelonnant sur des années. Un projet porté par sa compagnie Carte blanche, en collaboration avec le FTA et une dizaine de théâtres partout sur le territoire québécois. La pièce est livrée et mise en scène avec « un brin de légèreté et cet humour particulier qui permet d’aborder tous les sujets », note Christian Lapointe. Elle juxtapose aussi art et citoyenneté dans « une mise à l’épreuve du théâtre comme agora populaire. Un projet ambitieux qui redonne au théâtre sa fonction d’agora et au citoyen son pouvoir politique », conclut le metteur en scène. Par ailleurs, le nom du lauréat du prix Siminovitch sera dévoilé le 21 novembre, au Centre national des Arts.

— Luc Boulanger, La Presse 

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