Testé  BHearing

Des écouteurs pour mieux entendre

Des écouteurs Bluetooth qui non seulement permettent d’écouter de la musique et de parler au téléphone, mais encore amplifient le son ambiant pour pallier une faible surdité. Ce sont les BHearing, du fabricant américain Jabees, un produit étonnant, malgré quelques petits défauts, et 10 fois moins coûteux que les appareils auditifs.

On aime

Vous perdez la moitié des dialogues à la télévision, mettez la radio à un niveau ridicule dans la voiture et n’entendez pas vraiment bien au cours des réunions ? Vous êtes le client visé par Jabees avec ses BHearing : celui qui a une légère déficience auditive, pas assez grave pour porter de coûteux appareils, mais suffisante pour empoisonner la vie de temps en temps.

Nous entrons probablement dans ce groupe. Il s’agit, mine de rien, d’un problème qui afflige quatre adultes canadiens sur dix, et près de 80 % d’entre eux ignorent en être affectés, a révélé Statistique Canada en 2015. Pour cette critique, nous avons utilisé également les services d’un collègue qui porte, lui, de vrais appareils auditifs payés 3000 $.

En allumant les BHearing et en les connectant à notre téléphone, on est d’abord invité par l’application à passer un test d’audition qui permet d’évaluer nos faiblesses. Le test prend environ cinq minutes et permet à l’application d’adapter automatiquement le niveau sonore et l’égalisation du son des écouteurs. On peut par la suite les configurer manuellement ou choisir rapidement des modes programmés : Général, Restaurant, Circulation ou Extérieur.

Les BHearing sont deux petits boutons qu’on insère dans l’oreille, reliés par un fil à une espèce de collier qui contient tout l’appareillage, notamment le micro, la batterie et les contrôles de volume.

Le tout n’est pas très discret, mais bougrement efficace. Il est assez spectaculaire d’enfiler les écouteurs et de tout entendre autour, les conversations dans leurs moindres détails, jusqu’au cliquetis des claviers et le bruit des verres au restaurant. Nous les avons essayés dans diverses circonstances, par exemple pendant un film à la maison ou au cours d’une conférence de presse, et ils font leur travail sans faillir.

Nous avons trouvé au début le son un peu strident et le niveau bien trop élevé. Une promenade dans les configurations a permis de rendre leur utilisation plus confortable. Notons qu’on peut également activer un mode, INR, qui diminue les sons soudains très élevés.

Les écouteurs sont livrés avec deux piles rechargeables qui assurent chacune, grosso modo, une dizaine d’heures d’autonomie.

Comme écouteurs Bluetooth plus classiques, pour écouter de la musique ou répondre au téléphone, les BHearing sont assez bien équilibrés, avec une basse présente et des aiguës bien définies. Mais ce n’est manifestement pas leur spécialité, et ils entrent dans la catégorie milieu de gamme à ce chapitre.

On aime moins

Précisons-le tout de suite avant que les ordres des audioprothésistes, des audiologistes et des orthophonistes ne nous tombent dessus : non, les BHearings ne remplacent pas de « vrais » appareils auditifs discrets, moulés sur mesure, avec une pile qui peut durer une semaine.

Pas plus que le petit test de l’application de Jabees ne peut remplacer un véritable examen médical.

Si les BHearing sont relativement confortables, ils ne sont pas conçus pour être portés longtemps et bouchent l’oreille. N’espérez pas qu’ils passent inaperçus au cours d’une réunion, on vous demandera poliment d’enlever vos écouteurs… Et le micro dans le « collier » autour du cou a en outre le fâcheux défaut d’amplifier tous les sons de frottement des vêtements.

La configuration sonore par l’application BHearing est plutôt laborieuse, avec des barres de niveau qui refusent de répondre quand on glisse son doigt à l’écran. Même petit bogue avec le niveau de la batterie, indiqué sur notre téléphone : il semble peu fiable et passe de 70 % à 40 % d’un seul coup, puis à 0 % sans prévenir.

On achète ?

Qu’en pense notre collègue, bien placé pour savoir si les BHearing font un bon travail ? « Nul doute que le jeu en vaut la chandelle à ce prix, comparé aux appareils auditifs vendus par des audioprothésistes, estime-t-il. Les prothèses de ces derniers sont de bien meilleure qualité, mais coûtent beaucoup plus cher. Ce bidule est un bon compromis, en supposant qu’on soit capable de l’ajuster soi-même. Ce n’est pas si compliqué, mais ça demande tout de même un peu d’efforts. »

Donc, un achat intéressant pour utilisation à temps partiel, si vous ne pouvez vous faire rembourser les prothèses ou n’en avez tout simplement pas les moyens.

BHearing

Fabricant : Jabees

Prix : 199 $US (260 $CAN, livraison comprise), à store.jabees.com seulement

Note : 4 sur 5

Clins d’œil technologiques

Jeux en partage

Nicolas Cadilhac, informaticien montréalais et amateur de jeux de société, a trouvé sa façon de lutter contre la surconsommation : mettre sur pied une plateforme web de partage de jeux. Sur Coludik.com, 780 membres en France et au Québec se partagent quelque 7800 jeux, dont environ 400 dans la région de Montréal. On y trouve des classiques comme Monopoly ou Risk et des nouveautés plus obscures. Les « prêteurs », au nombre d’une centaine, dont certains offrent jusqu’à 600 jeux, ne tirent aucun revenu, seulement « le plaisir de faire jouer les autres, de découvrir de nouveaux jeux, par philanthropie », explique M. Cadilhac. Le prix de l’abonnement au site est « libre », avec une suggestion de 20 $ par année.

Images enrichies

Vous voulez tirer un agrandissement d’une photo numérique en basse résolution, zoomer fiston dans une photo de groupe ? À moins de disposer de logiciels spécialisés coûteux ou d’être un expert, l’opération est difficile. Mais l’intelligence artificielle s’en est mêlée : cette opération peut être réussie de façon étonnante sur le site Let’s Enhance. Nous avons réalisé plusieurs expériences à partir d’images ou de photos minuscules faisant à peine 200 pixels de large, en leur donnant une résolution suffisante pour pouvoir être imprimées, avec le bon vieux Photoshop puis avec Let’s Enhance. La différence est remarquable, comme vous pouvez le constater ci-dessus. On peut convertir gratuitement 10 images avant d’opter pour l’abonnement, offert à partir de 4,99 $US par mois ou pour 20 photos.

Évasion au Vieux-Port

Après l’Égypte antique, les passionnés de réalité virtuelle du studio Phenomena proposent une nouvelle expérience au Vieux-Port de Montréal, Horos. Dans ce « jeu d’évasion » de science-fiction, on visite trois planètes avant d’être capturé par une créature qui a besoin d’un corps. On peut manipuler des dizaines d’objets, notamment lancer un boomerang qui revient et sentir le vent grâce à un ventilateur bien placé. L’expérience d’une dizaine de minutes très immersive se vit à deux joueurs. « La collaboration est nécessaire pour régler l’“anomalie”, explique Charles-Eliott Miran, directeur des opérations. On voulait offrir une expérience grand public, qui pourrait très bien par exemple être jouée par un père et son garçon de 12 ans. » Jusqu’au 5 octobre, 15 $ par personne.

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