Commerce international

Des honneurs pour les exportateurs

L’entreprise d’équipements de divertissement Triotech, de Joliette, a remporté le prix d’Exportateur de l’année au tout premier gala MercadOr Québec, tenu hier à Laval. L’événement, organisé par Commerce International Québec, veut souligner le rayonnement des exportateurs de la province. Les entreprises FilSpec (Sherbrooke), STAS (Saguenay), Intersand (Boucherville), Tortatech (Laval), DashThis (Québec), Transformer Table (Dorval), Mecademic (Montréal) et EXFO (Québec) ont également été honorées.  — La Presse

Finances personnelles

Le Québec sera rattrapé par les déficits chroniques

Même avec une croissance économique continue, une meilleure productivité et la loi sur le déficit zéro, les déficits réapparaîtront au Québec et deviendront chroniques à partir de 2028, en raison du vieillissement de la population.

C’est la conclusion d’une étude réalisée par les chercheurs de la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke sur ce qui attend le Québec dans 40 ans.

« Les prochaines générations ne pourront pas bénéficier du niveau de services publics qu’on a aujourd’hui, à moins de payer plus d’impôts ou de s’endetter davantage », résume Luc Godbout, qui cosigne le travail avec Yves St-Maurice, Matthieu Arseneau et Suzie St-Cerny.

Leur objectif était de savoir si le Québec était en mesure d’assurer le bien-être de sa population dans l’avenir en maintenant la dette et les impôts à un niveau comparable à ce qu’il est aujourd’hui. La réponse est non.

Des hypothèses optimistes

Les chercheurs ont posé des hypothèses de départ qui peuvent être qualifiées d’optimistes. Ils tablent sur une croissance économique constante de 1 % par année, sur une augmentation de la productivité de 1 % par année et sur le maintien des transferts fédéraux. Ils supposent aussi que la loi sur le déficit zéro sera respectée, qui oblige le gouvernement à équilibrer ses revenus et ses dépenses.

Ils font l’hypothèse que le Fonds des générations, créé justement pour ne pas laisser une dette écrasante aux générations futures, est utilisé entièrement à cette fin en 2026, ce qui réduit la dette de 30,5 milliards et génère des économies d’intérêt de 1,3 milliard.

Enfin, l’étude est faite au moment où les finances publiques du Québec n’ont jamais été en meilleur état, selon le Rapport préélectoral sur l’état des finances publiques publié en août 2017.

Une détérioration constante

Malgré ces hypothèses optimistes, la projection montre que le Québec réussit jusqu’en 2028 à s’en tirer sans retomber dans le rouge. Le remboursement de la dette par le versement de la totalité des sommes accumulées dans le Fonds des générations a un impact positif et renverse temporairement la tendance en 2026-2027.

Mais à partir de 2028, les déficits deviennent chroniques et croissants, à cause de la conjonction de deux facteurs : le nombre de travailleurs n’augmente plus, malgré le maintien de l’immigration à un niveau comparable à ce qu’il est actuellement, et la population vieillissante fait gonfler les dépenses de santé.

Malgré la croissance constante des revenus, les dépenses du gouvernement en santé et en éducation augmenteront plus vite et creuseront un trou de plus en plus profond. Dans 40 ans, « les dépenses en santé et en éducation représenteront respectivement 62,9 % et 20,9 %, soit une proportion totale de 83,8 % des revenus consolidés du gouvernement, comparativement à 60,3 % en 2022 ».

Des pistes de solution

Devant ces chiffres qui donnent le vertige, les auteurs de l’étude restent optimistes. « Ça nous donne une période de dix ans pour nous ajuster », tempère l’économiste Yves St-Maurice.

Pour Luc Godbout, les prévisions de l’étude ne se réaliseront probablement pas, parce que les gouvernements prendront les décisions qui s’imposent pour éviter les déficits à répétition.

L’objectif de l’étude était de faire un portrait de ce qui attend le Québec, pas de proposer des solutions. Des solutions, il y en a, assurent-ils.

Ça pourrait être le prolongement du Fonds des générations après 2026 ou la création d’un nouveau fonds, la hausse des seuils d’immigrations ou encore la révision du panier de services offerts à la population. « Mais plus on attend, plus ça va faire mal », dit Yves St-Maurice.

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