Dans ma maison…

La Maison Théâtre reprend la très belle pièce de Philippe Dorin, Dans ma maison de papier, j’ai des poèmes sur le feu, qui avait été présentée ici aux Coups de théâtre, en 2014. Une production mise en scène par Éric Jean, qui met notamment en scène Louise Laprade dans le rôle d’une vieille femme revisitant ses souvenirs de jeune fille.

— Jean Siag, La Presse

À la Maison Théâtre, du 25 au 29 avril (pour les 8 à 12 ans)

Culture jeunesse

Les P’tites Poules à Montréal

Les P’tites Poules, c’est une série d’albums au succès bœuf. Près de quatre millions d’exemplaires ont été vendus dans la francophonie seulement – et les aventures des habitants de ce poulailler du Moyen Âge ont été traduites dans une vingtaine d’autres langues. Vingt millions d’exemplaires ont trouvé preneur en… Chine. « Les Chinois sont fans d’histoires écrites au fond de la Bourgogne », s’étonne Christian Heinrich, illustrateur de la série, rencontré lors de son premier passage à Montréal, la semaine dernière.

Son héroïne, Carméla, la petite poule blanche, est venue en Amérique avant lui. Dès le premier album paru en 2000, La petite poule qui voulait voir la mer, Carméla déclarait : « Pondre, toujours pondre ! Il n’y a pas que ça dans la vie ! »

Comment expliquer l’attachement des enfants pour Carméla, le coq Pitikok et leurs poussins Carmélito et Carmen ? « Si j’avais la recette, je vous la donnerais, ou peut-être pas, s’amuse Christian Heinrich. Très modestement, je peux trouver diverses raisons. » Le fait de transposer des problèmes contemporains dans un poulailler fait mouche. Le traitement par l’humour de sujets parfois durs, comme la mort, la maladie ou l’angoisse, plaît aussi aux lecteurs. Sans compter « que ces poules ont chacune leur caractère, avance l’illustrateur. L’enfant retrouve des morceaux de sa famille, ses parents, une tante, sa grand-mère, son grand-père ».

Liberté de poule

Autre atout : les poussins des P’tites Poules jouissent d’une liberté à faire rêver les nôtres.

« Comme le dit Mondiano, quand on écrit, on retourne dans le vestiaire de son enfance. Je suis un enfant de la campagne, j’avais des poules quand j’étais petit. Je partais parfois une journée entière à vélo avec des copains, sans que les parents sachent où on était. C’était une liberté incroyable, que je n’ai jamais donnée, même à mes enfants. »

— Christian Heinrich

Dans le plus récent album, Les P’tites Poules et la famille malpoulie, les gallinacés se font réveiller par une famille de ducs, qui squattent le grenier du poulailler. Bien que les petits oiseaux de nuit – nommés Aqueduc, Viaduc et Gazoduc – ne soient pas commodes, les poules ne les dénoncent pas quand le seigneur local est à leur recherche. Plusieurs expressions populaires françaises sont difficiles à décoder pour les jeunes Québécois (les poules se bouchent par exemple les oreilles avec des « poules kiès », en référence aux boules Quies, une marque française), mais la lecture reste amusante.

Deux Christian

Chacun des 16 albums est le fruit de la collaboration entre Christian Heinrich et son ami scénariste Christian Jolibois. Pour lancer un album, « je passe une petite semaine chez Christian Jolibois, en Bourgogne », raconte l’illustrateur, qui vit en Alsace, à 500 km.

« On est comme deux cuisiniers autour d’une même casserole. On se promène, on ouvre de bonnes bouteilles de vin… On reprend le fil, on discute de l’actualité du monde, de nos réflexions, de nos coups de gueule. »

— Christian Heinrich

L’illustrateur montre de grands cahiers, dans lesquels sont notées des idées et crayonnés de petits dessins. Après trois ou quatre mois à bosser à distance, ponctués de quelques rencontres, les deux Christian proposent une maquette détaillée, en noir et blanc, à l’éditeur. « Après, j’ai trois mois de travail », résume Christian Heinrich. Un album compte 48 pages « et au moins le double d’illustrations », calcule-t-il.

À la main

Vives et colorées, les œuvres sont faites à l’acrylique, « avec 3 ou 4 % de Photoshop, décrit l’illustrateur. Je rajoute de petits détails, comme les yeux, je mets un peu de contraste. Je préfère travailler à l’ancienne, à la main. J’aime ça. Je peux ensuite exposer les illustrations, c’est très agréable ». La série Pitikok, qui s’adresse aux plus petits, est quant à elle toute dessinée numériquement.

Comment Christian Heinrich décrit-il le style des P’tites Poules ? « C’est un mélange assez étrange entre le réalisme et les comics, estime-t-il. Aujourd’hui, je suis satisfait des dessins. Ce sont des personnages amusants, drôles, tendres et ronds, qui me font rire. Le dessin est vraiment au service des personnages. Les P’tites Poules ont une vie propre. Pour les enfants, il n’est d’ailleurs pas possible que ces poules ne vivent pas… »

Le retour d’Arthur L’aventurier

La deuxième saison des Trésors d’Arthur L’aventurier a repris il y a 10 jours sur ICI Radio-Canada Télé. Les prochains rendez-vous auront lieu le 21 avril (« La nature et le froid ») et le 28 avril (« Les surprises de l’érable »). Arthur (Pierre Tremblay) est accompagné de trois enfants dans ses habituelles chasses au trésor. Ça se passe tous les samedis à 7 h. Radio-Canada a aussi mis en ligne des balados, dont certains sont inspirés de ses précédents spectacles/DVD, comme Arthur dans les Rocheuses.

— Jean Siag, La Presse

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.