Un changement d’air grandement apprécié

Bouffée d’air frais

Pour certains, le grand froid de Montréal, l’abondance de neige et le nombre incalculable de nids de poule peuvent avoir un effet dissuasif. Ajoutez à cela la pression de répondre à un important contingent médiatique sur le quotidien et le poids de 110 années d’histoire avec la franchise la plus riche du hockey, et vous pourriez commencer à comprendre pourquoi jouer pour les Canadiens peut sembler un peu intimidant.

Mais soyons honnêtes: ceux qui préfèrent aller ailleurs ne savent tout simplement pas ce qu’ils manquent.

Les blizzards, les pneus crevés, l'attention accrue, et aussi difficiles soient-ils, sont en grande partie ce qui rend si spécial de jouer pour les Canadiens de Montréal. Tout le monde s’accorde à dire que cela fait partie de l’expérience qui crée la meilleure atmosphère dans l’ensemble de la Ligue nationale de hockey.

Il va donc de soi d’affirmer que venir à Montréal peut être une aubaine pour les joueurs à la recherche d'un coup de pouce ou d'un changement d’air.

Ce fut certainement le cas pour Dale Weise, qui a été acquis de nouveau par l'organisation le 9 février dernier des Flyers de Philadelphie avec le défenseur Christian Folin en échange de David Schlemko et de Byron Froese

L'ailier, qui a rejoint l’équipe à la date limite des transactions après un bref passage avec le Rocket de Laval dans la Ligue américaine (LAH) était un favori des partisans montréalais lors de son premier passage avec l'équipe au cours de trois saisons entre 2014 et 2016. Weise était heureux de raviver son histoire d'amour avec sa ville d'adoption après trois saisons en Pennsylvanie qui ne se sont pas déroulées comme prévu.

« Ces deux dernières années et demie, je ne veux pas utiliser le mot « difficile », mais ce ne fut pas facile pour moi. Que cela se produise et d'avoir bientôt des jumeaux, c'est tout simplement que du positif et je suis vraiment très excité », a dit Weise au site web canadiens.com peu de temps après l’échange. « Je me suis battu tout au long de ma carrière. Je ne crois pas que personne ne m'aurait imaginé jouer dans la LNH, c'est donc rien de nouveau pour moi. Tout ce dont je demande, c'est une opportunité et l'occasion d'avoir un nouveau départ. »

Environnement familier

L’attaquant de 6pi2p et 206lbs a ressenti une dose d’excitation et de rajeunissement après avoir marché dans le Complexe sportif quelques jours plus tard.

« C'est incroyable. Ça m'a ravivé. Je me suis senti ravivé directement sur le coup. Je ne veux pas vraiment parler du passé à Philadelphie ces deux dernières années. Je veux simplement regarder vers l'avant », a affirmé Weise. « Vous me connaissez, je suis un gars plutôt positif. Ça va être génial pour moi. Ça ne pouvait pas arriver à un meilleur moment. »

Bien sûr, on ne s’attendait pas à un autre genre de réaction de la part d’un joueur qui a maintenu un fort lien malgré une absence de trois ans de la ville. Mais ce lien continu va dans les deux sens, puisque le fils aîné de Weise est demeuré Montréalais dans l’âme, bien que la carrière de son père l’ait amené à Chicago puis à Philadelphie.

« Il est énervé. Lorsque nous étions à Montréal, Hunter n'avait que deux ou trois ans. Il avait en quelque sorte une idée de ce dont il s'agissait, mais maintenant, il comprend vraiment ce que je fais et comment tout cela fonctionne », a partagé Weise, qui a inscrit 27 buts et 59 points en plus de 73 minutes de pénalité à ses 152 premiers matchs avec les Canadiens. « Il peut jouer aux jeux vidéo et à d'autres choses du même genre. Nous avons la cible de Carey Price dans notre garage, donc lui annoncer la nouvelle fut vraiment cool. C'est à Montréal qu'il a réalisé pour la première fois ce que son père faisait. Chaque fois que nous jouons au jeu vidéo, il prend toujours les Canadiens de Montréal, il peut donc désormais choisir papa et avoir Carey Price devant le filet. »

Weise a gardé contact avec beaucoup de personnes qui étaient dans sa vie lors de son premier passage avec le Tricolore. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que l’adjoint au capitaine, Brendan Gallagher, n’a pas tardé à lui envoyer un message pour lui souhaiter bon retour.

« Gally a été le premier message texte que j'ai reçu. C'est le premier à m'avoir contacté », a admis Weise. « C'est plutôt le fun et cool. C'est l'un des gars avec qui j'étais vraiment proche lors de mon premier passage. Je suis très excité à l'idée d'avoir ma chance de jouer avec lui. »

Gallagher a disputé ses sept saisons en carrière avec les Canadiens et comprend mieux que quiconque la raison pour laquelle Weise était si enthousiaste à l'idée de relancer sa carrière au sein de l'organisation.

« Jouer dans la LNH est un privilège et quiconque qui joue dans la ligue ont déjà la chance de vivre leur rêve, mais pour nous, d'avoir cette opportunité de jouer pour les Canadiens de Montréal devant tous ces partisans qui prennent autant le hockey à cœur que nous, c'est vraiment spécial », a décrit Gallagher. « Il y a plusieurs arénas bruyants et des bassins de partisans fantastiques dans la LNH, mais le Centre Bell est dans une classe à part. »

Preuve à l’appui

Bien sûr, le mot « second souffle » va de pair avec l'édition 2018-2019 du Tricolore, et deux des meilleurs buteurs de l'équipe sont des exemples parfaits de la bonne énergie qui peut vous frapper une fois que vous êtes installé dans la métropole.

Max Domi est l’exemple parfait d’un joueur qui voulait évoluer dans un marché comme Montréal.

Après tout, il a grandi en regardant son père Tie jouer pour les Maple Leafs de Toronto pendant la majeure partie de sa carrière au cours des onze dernières années. Il a ensuite canalisé toute l’expérience de son père en une saison qui l'a propulsé au sommet des meilleurs pointeurs des Canadiens durant la saison. Il donne crédit aux membres de l’équipe pour lui avoir facilité la transition.

« C’était la première fois que j’ai été échangé. Lorsque tu as des coéquipiers comme ceux que nous avons ici et un groupe de dirigeants, du personnel et des entraîneurs, ça rend la transition assez facile », a-t-il décrit. « Pour moi, ce n'était pas grave. Cela étant dit, c'était durant l’entre-saison alors je crois que ça fait également une différence. »

Il a pu profiter de son nouvel environnement avec le nouveau venu, Tomas Tatar, qui vit également sa propre renaissance avec la ville. Les deux hommes ont récemment atteint le plateau des 20 buts. Il s’agissait de la sixième fois dans l'histoire de l’équipe que deux joueurs à leur première saison avec la formation récoltent 20 buts ou plus.

« Tuna et moi en avons beaucoup parlé, à quel point nous aimons jouer à Montréal. C’est un endroit spécial pour jouer et un chandail spécial à enfiler », a ajouté Domi. « C’est une grande ville; tout est hockey. Nous l'apprécions. C’est une grande scène. C’est le fun le regarder réussir comme il le fait présentement. »

Tatar aime son expérience de jouer à Montréal depuis le tout premier jour.

« C’est une ville qui est le fun à jouer. Le hockey est la chose la plus importante. Tout le monde vous regarde, tout le monde chante pour vous », a-t-il expliqué. « L’organisation est géniale, nous avons actuellement un excellent vestiaire. Nous avons une bonne saison et nous nous amusons beaucoup. Je parie que quiconque qui se joindrait à nous s'amuserait énormément. »

L'entraîneur-chef Claude Julien a certainement constaté l'effet que peut avoir le fait de jouer pour les Canadiens sur un joueur comme Tatar.

« J’ai vu un gars qui est arrivé ici et qui était content de venir à Montréal. Je vois un gars qui continue à être heureux d’être ici », a affirmé l’entraîneur des Canadiens à la suite d’un entraînement. « Je vois un gars qui aime jouer avec ses coéquipiers. Un joueur heureux souvent connaît du succès. Je pense qu’il se sent vraiment confortable dans notre système de jeu et l’environnement qu’il est présentement. C’est probablement la raison principale de son succès avec nous. »

Système et environnement

La date limite des échanges étant passée, le Tricolore a ajouté le joueur de centre Jordan Weal en plus de procéder au rappel de Weise dans la Ligue américaine.

« Il y a beaucoup de choses qui sont les mêmes avec toutes les équipes. Mais les petites choses qu’on fait différemment sur l’échec avant, par exemple, les sorties de zone sont un peu différentes des autres équipes », a souligné Julien. « On s’assure de les montrer. Ces choses-là aident le joueur à en savoir le plus possible pour qu’il s’ajuste le plus rapidement possible. Pour le reste, les gars sont assez intelligents pour bien voir les ajustements et les différences. Ça se fait quand même assez rapidement. »

En d’autres termes, l’aspect technique ne devrait pas être un problème pour les nouveaux venus, selon Julien. Et le vétéran de 16 saisons derrière un banc de la LNH ne pense pas que l’intégration constituerait une grande menace dans le vestiaire.

« Nous faisons tous partie de l’organisation. Nous comprenons ce qui vient avec le fait de faire partie d’une équipe. Les joueurs qui sont échangés ou ceux qui restent et voient certains de leurs coéquipiers émus le comprennent aussi. Je ne pense pas que ce soit nécessairement un gros problème et je ne pense pas que ce sera le cas avec notre club de hockey. »

Malgré les défis que représente le fait de jouer à Montréal, il n’en est pas moins fréquent d’entendre les joueurs nouvellement acquis parler de leur chance de s’habiller dans l’uniforme bleu-blanc-rouge et de faire partie de la longue et riche histoire du club.

Et s’ils ont besoin de plus de motivation, ils doivent jeter un œil à Weise et tenter de décrire ce qui lui avait manqué de jouer ici avant son retour.

« Je ne peux pas choisir qu'un seul truc. Il y a trop de bonnes choses ici. L'organisation est de première classe. C'est de loin la meilleure organisation pour laquelle tu peux jouer dans la LNH. Tout me manquait, l'équipe et les partisans ont été formidables avec ma famille et moi pendant mon séjour ici. Le simple fait d'être dans une ville canadienne et de jouer pour une équipe de passionnés comme les Canadiens », a conclu Weise. « Je pense juste qu'être dans un marché de hockey, c'est probablement ce qui m'a le plus manqué. »

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