Tatar est prêt à briller

Pour les athlètes professionnels, la capacité de se concentrer et de se préparer est la clé de leur succès. Lorsque Tomas Tatar, auteur d'au moins vingt buts lors des quatre dernières saisons, a appris qu’il avait été échangé à l’aube du camp d’entraînement 2018-2019, son esprit était déjà passé en mode de préparation à la saison.

« Vos pensées sont partout. Vous essayez de savoir quoi faire en premier. Où habiter ? Comment allez-vous déplacer vos affaires ? Il y a beaucoup d’idées qui vous traversent l’esprit quand il y a un échange », a déclaré le vétéran de sept saisons dans la LNH, qui avait été en contact avec ses coéquipiers des Golden Knights de Vegas et ses futurs homologues montréalais.

« Vous quittez un groupe, vous en joignez un autre. C’est comme ça que la vie fonctionne, en rencontrant de nouveaux amis et de nouvelles personnes dans votre vie. »

— Tomas Tatar

Les joueurs de hockey peuvent s’attendre à être échangés durant l’été ou à divers moments de la saison, mais une fois que le début du camp d’entraînement est à l’horizon, ils sont prêts à se préparer pour la saison.

« C’est différent. C’est toujours le cas lorsque vous transférez toutes vos affaires. Je vis maintenant dans un autre pays. Il y a des règles différentes. Il suffit de s’ajuster », a partagé Tatar, venu à Montréal avec Nick Suzuki et un choix de deuxième ronde en 2019 en échange de Max Pacioretty. « Évidemment, ce serait bien mieux si cela se produisait un peu plus tôt, mais ce n’est pas le pire moment. Nous avons encore beaucoup de temps jusqu’à ce que la saison commence. Je pense que le temps que j’ai eu était suffisant pour m'adapter ici à Montréal »

Il n’y a pas d’endroit comme à la maison

Cela dit, le fait que Tatar, choix de deuxième tour des Red Wings de Detroit (60e au total) en 2009, ait été échangé à Montréal lui a permis d’avoir une transition encore plus facile tant sur le plan personnel que professionnel même si la transaction s’est complétée lors d’un moment inhabituel au calendrier.

« C’est génial. Les gars ont été très gentils avec moi. Je commence à mieux les connaître. Je commence à peine à découvrir la ville. Je n’ai jamais réalisé à quel point la ville de Montréal est belle », a déclaré.

Tatar a disputé 407 de ses 427 matchs dans la LNH avec les Red Wings.

« Lorsque nous avons joué ici auparavant, nous étions ici à peine quelques heures. Maintenant, je connais un peu mieux Montréal et jusqu’à présent, c’est génial. »

— Tomas Tatar

Originaire d’Ilava, une petite ville du nord-ouest de la Slovaquie avec une population d’environ 5 000 habitants, Tatar a expliqué, comme beaucoup de joueurs européens, que sa nouvelle maison d’adoption au Canada ressemble à sa ville d’origine.

« Ça ressemble vraiment à une ville européenne. Au cours de la saison, j’ai toujours un peu le mal du pays, mais il semble que cela n’arrive pas à Montréal », a souligné Tatar, qui a représenté son pays aux Jeux olympiques de 2014, lors de quatre championnats mondiaux de l’IIHF et au Championnat du monde de hockey junior en 2009 et 2010. « Cela me rappelle beaucoup chez moi. »

L’ailier de 5 pieds 10 pouces et 182 livres est arrivé à Montréal avec son air amical et son penchant pour mettre la rondelle dans le filet.

Après sept ans à Detroit et un court passage avec la nouvelle équipe de hockey de Vegas, nous voulions savoir une chose. Est-ce que Tatar aime les projecteurs ?

« Ouais. C’est toujours amusant de jouer pour l’une des six équipes originales. C’est quelque chose d’extraordinaire et c’est un honneur, bien sûr. Vous sentez le hockey autour de vous, ce qui est un peu différent des autres équipes du circuit », a-t-il décrit. « C’est la priorité numéro un ici. Je pense que les joueurs le savent. Ils veulent donner aux partisans tout ce qu’ils ont. Je pense qu’ils sont vraiment heureux d’avoir l’occasion de jouer ici. »

Leçons apprises

Malgré toute la promesse et l’énergie positive qu’apporte Tatar, le Slovaque a tout de même traversé une période difficile de sa carrière récemment. Après avoir été échangé à Vegas à la date limite des transactions, le joueur de 27 ans n’a réussi que quatre buts et deux passes lors des 20 derniers matchs de la saison et il n'a été utilisé que durant huit rencontres en séries éliminatoires.

Tatar a déjà déclaré que le fait qu’il ait été échangé pour la première fois de sa carrière explique bien pourquoi les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Quoi qu’il en soit, il sera toujours en mesure de se remémorer une expérience spéciale dans le désert et il a certainement tiré des leçons de ce court séjour.

« Je ferais certaines choses différemment, c’est certain. Après avoir été échangé pour la première fois, vous apprenez des choses. Surtout à la date limite des échanges, tout est en mouvement. La saison continue. Vous n’avez pas beaucoup de temps pour vous installer, mais ce fut une expérience formidable et, à la fin, nous sommes allés à la finale de la Coupe Stanley », a déclaré Tatar, qui a marqué le premier but du deuxième match de la finale de la Conférence de l’Ouest contre les Jets de Winnipeg.

« C’était un parcours incroyable. Maintenant, c’est un peu différent, être échangé avant le début du camp, ça permet de commencer avec une base de référence. Vous connaissez les gars avant le camp, alors je dirais que c’est beaucoup plus facile. Avec l’expérience que j’ai eue avant, je me sens plus à l’aise cette fois-ci. C’est un nouveau chapitre et un nouveau départ. »

Tomas Plekanec est l’un des joueurs que Tatar a affronté souvent sur la scène internationale et lors des affrontements entre les Red Wings et les Canadiens.

Les partisans des Canadiens n’ont toutefois rien à craindre, de vieux ennemis peuvent devenir des amis rapidement en portant le même uniforme.

« Pleky est Tchèque, je suis Slovaque, nous avons joué beaucoup l’un contre l’autre. Il est très compétitif, ce qui est génial pour une équipe », a félicité Tatar.

« Il est un excellent coéquipier. Lorsque vous affrontez des gars très compétitifs, les confrontations se passent sur la glace. C’est juste du hockey. »

— Tomas Tatar

« Ces premières rencontrent sont toujours amusantes. J’ai appris à connaître Pleky et il est un gars formidable. Je suis même assis à ses côtés dans le vestiaire, ce qui est amusant. Nous sommes devenus de bons amis. »

Talent de marqueur

Lors de sa conférence téléphonique avec les médias à la suite de la transaction, Tatar a fait une déclaration plutôt audacieuse, affirmant qu’il aimerait montrer qu’il pourrait peut-être marquer 30 buts.

Mais la déclaration n’était pas vraiment surprenante. En 2014-2015, Tatar a fait scintiller la lumière rouge à 29 reprises en plus d’ajouter 27 mentions d’aide. Bien qu’il préfère créditer ses coéquipiers, Tatar se dit capable de répéter cet exploit.

« C’était plus un effort d’équipe. Nous avons eu une bonne saison à Detroit. Quand l’équipe se porte bien, les individus réussissent aussi. De toute évidence, toutes les saisons ne seront pas comme ça. J’en ai marqué 21 et 25 après », a raconté Tatar, qui a marqué 119 buts en carrière et ajouté 109 mentions d’aide avant la campagne 2018-2019.

« Vous voulez marquer autant de buts que possible pour aider l’équipe autant que vous le pouvez, mais toutes les saisons ne sont pas comme ça. La barre est assez haute. »

— Tomas Tatar

Tatar a marqué 20 buts ou plus à chacune des quatre dernières saisons. Alors, quelle a été la clé de sa constance ?

« Il suffit de tirer la rondelle et d’être au bon endroit. Mais je pense que cela concerne plus l’équipe que l’individu. Lorsque l’équipe ne se porte pas très bien, il est difficile pour les individus de s’imposer. Chacun d’entre nous doit être bon pour l’équipe et intervenir au bon moment », a expliqué Tatar, qui a développé une bonne chimie avec Brendan Gallagher et Phillip Danault lors du calendrier préparatoire. « Le secret est de lancer au filet. Si vous ne tirez pas, vous ne marquerez pas. »

En raison de son amour pour Montréal, Tatar a appris certaines leçons à Las Vegas et grâce à sa solide réputation dans la LNH, il devrait connaître du succès avec le Tricolore. Tatar semble plus que prêt à relever le défi.

« Je suis dans la ligue depuis un bon bout de temps. Je connais la plupart des gars dans les vestiaires. Chaque équipe a des rivalités différentes. Ces matchs sont les plus amusants pour les joueurs. Les partisans les apprécient et sont bruyants. Même quand je portais l'uniforme des Red Wings et qu'on venait jouer à Montréal, c'était toujours une rencontre particulière. Les partisans des Canadiens sont géniaux. Beaucoup d’entre eux sont venus à Detroit. Je suis vraiment content de les avoir de mon côté maintenant. Je suis vraiment excité », a-t-il conclu. « C'est pour eux que vous vous entraînez tout l'été. »

Un texte de Dan Braverman

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