Lesotho

Scènes de boxe au Parlement au sujet du mohair

Les parlementaires du Lesotho en sont venus aux mains dans l’hémicycle au sujet d’une régulation controversée accordant à une entreprise chinoise le monopole de l’achat de mohair produit par ce petit pays pauvre d’Afrique australe, ont rapporté vendredi les médias locaux. Le Lesotho a introduit l’an dernier une nouvelle législation obligeant les agriculteurs à vendre leur laine, dont le mohair, à un entrepreneur chinois, soupçonné de les sous-payer. Après de vives protestations de la part de fermiers, le gouvernement a suspendu la régulation. Une nouvelle loi devait être présentée jeudi au Parlement pour officiellement abroger la précédente, mais le gouvernement y a finalement renoncé, en plaidant que le texte n’était pas prêt. « Des agriculteurs innocents souffrent pendant que le gouvernement refuse de présenter la loi », a lancé jeudi un député de l’opposition Serialong Qoo, avant que le Parlement ne se transforme en ring de boxe. Des élus en costume-cravate ont échangé des coups et se sont battus à coups de poubelles et de micros arrachés. Deux parlementaires, dont le ministre de l’Agriculture, ont été légèrement blessés.

— Agence France-Presse

Royaume-Uni

« Il n’y a pas de “mais”, nous ferons [le Brexit]. »

— Le premier ministre du Royaume-Uni, Boris Johnson, a appelé les électeurs vendredi, à moins de deux semaines des élections, à lui donner une majorité confortable pour tourner la page du Brexit, qui a plongé le pays dans une profonde crise politique. (AFP)

Meurtre d’une journaliste à Malte

La pression s’intensifie sur le premier ministre Muscat

Les appels à la démission se sont multipliés vendredi à Malte visant le premier ministre Joseph Muscat, accusé par la famille de la journaliste Daphne Caruana d’être intervenu dans l’enquête sur son assassinat en protégeant son chef de cabinet et en refusant de gracier un homme d’affaires qui voulait donner des informations sur le meurtre. La famille Caruana Galizia a dit, dans un communiqué, « partager la colère et le choc » des Maltais après la mise en liberté surprise, jeudi, de Keith Schembri, « ami proche du premier ministre et son ancien chef de cabinet ».« Nous demandons au premier ministre de céder sa place à un adjoint ne présentant pas de conflit » d’intérêts, a poursuivi la famille. « Au moins deux témoins et de multiples indices impliquent Schembri dans l’assassinat de notre femme et mère », a dénoncé la famille, en fustigeant le premier ministre qui « continue de jouer les juges, le jury et l’exécuteur [de peines] dans une enquête qui implique trois de ses plus proches collègues ». Le journal Times of Malta a affirmé que M. Muscat s’apprêtait à démissionner sous la pression de son gouvernement, mais celui-ci a assuré qu’il n’en était pas question : « Je veux que ce dossier soit bouclé sous ma supervision. » — Agence France-Presse

Camps de migrants en Grèce

Des maires exigent une décongestion « immédiate » de leurs îles

Les maires de cinq îles grecques où vivent des dizaines de milliers de demandeurs d’asile dans des conditions sordides se sont dits fermement opposés vendredi au projet gouvernemental de construire des camps « fermés » pour les migrants et ont réclamé la décongestion « immédiate » de leurs îles. « Nous n’acceptons pas le plan gouvernemental annoncé […], nous n’avons pas été informés », ont indiqué dans une déclaration commune les maires de Lesbos, de Chios, de Samos, de Kos et de Leros, en mer Égée, où se trouvent les camps d’accueil et d’enregistrement des demandeurs d’asile en provenance de la Turquie voisine. « Le gouvernement doit respecter les décisions prises par les conseils municipaux et désengorger de manière immédiate et massive les îles », estiment les maires dans cette même déclaration. Au total, plus de 37 000 personnes s’entassent dans les camps de ces îles, pour une capacité de 6200 seulement. Jeudi, à Athènes, le chef du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a qualifié, à l’instar de nombreuses ONG de défense des droits des réfugiés, les conditions dans ces camps d’« extrêmement préoccupantes ». — Agence France-Presse

Mexique

Pas d’intervention américaine contre les cartels, dit le président

Le Mexique a rejeté vendredi toute possibilité d’intervention américaine armée contre les cartels de la drogue sur son territoire, tout en veillant à préserver sa relation privilégiée avec son puissant voisin du nord.

Cette prise de position survient quelques jours après les propos du président des États-Unis, Donald Trump, assimilant les narcotrafiquants mexicains à des organisations terroristes, sans pour autant en expliciter les conséquences sur le terrain.

« Nous ne permettrons pas que des personnes armées opèrent sur notre territoire. Des étrangers armés ne peuvent pas intervenir sur notre territoire », a déclaré le président Andrés Manuel López Obrador lors de sa conférence de presse quotidienne.

Le président du Mexique répondait à un journaliste qui lui avait demandé ce qu’il comptait faire après les intentions exprimées mardi par son homologue américain à la suite du récent massacre de trois femmes et de six enfants, tous membres d’une communauté mormone américaine, dans le nord du Mexique.

« Souveraineté nationale »

Les familles des victimes ont accusé directement les cartels d’avoir pris au début de novembre pour cibles les mormons et le gouvernement de les avoir mal protégés, appelant les États-Unis à agir contre les cartels.

« Ce que nous voulons, c’est maintenir de très bonnes relations avec les États-Unis, bien que certains voudraient que nous nous disputions », a fait valoir M. López Obrador, qui avait pris soin de ne pas s’exprimer sur cette question durant les célébrations de l’Action de grâce aux États-Unis.

« Personnellement, j’ai de très bonnes relations avec le président Trump », a-t-il ajouté, en précisant que le chef de la Maison-Blanche lui avait proposé son aide.

« Il m’a dit : “Pensez-y et, si vous le souhaitez, appelez-moi”. Je ne l’ai pas appelé », a poursuivi « AMLO », acronyme du président du Mexique.

Lors d’une entrevue au téléphone diffusée sur le site internet du journaliste conservateur Bill O’Reilly, Donald Trump s’était vu demander s’il entendait « désigner les cartels comme des groupes terroristes ».

« Je vais les désigner, oui, absolument. J’y travaille depuis 90 jours », avait-il expliqué à Bill O’Reilly, ancien présentateur vedette de Fox News et proche du président.

À la suite de ces propos, le chef de la diplomatie mexicaine, Marcelo Ebrard, avait parlé de « violation de la souveraineté nationale ».

Un sentiment largement partagé au Mexique, où une telle intervention pourrait même être perçue comme insultante envers les Mexicains, qui n’ont toujours pas accepté d’avoir perdu une large portion du territoire au profit des États-Unis, en 1848, après la guerre qui a déchiré les deux pays.

Vendredi, AMLO a aussi tenté de calmer les esprits en jugeant peu probable que Washington se lance dans une opération armée au Mexique contre les cartels. « Il existe une grande coopération » entre les deux pays, a-t-il insisté.

— Agence France-Presse

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