Trottinettes électriques

Et on roule à Montréal !

Préparez-vous : c’est aujourd’hui que les trottinettes électriques en location envahissent les rues de Montréal.

L’entreprise américaine Lime compte déployer 430 trottinettes dès ce matin. Si vous désirez en faire l’essai, sachez qu’il faut débourser 1 $ pour débloquer un engin et 30 cents la minute, soit 10 $ pour une balade d’une demi-heure.

Mais attention : trottoirs interdits et casque obligatoire sous peine d’amende. Vous devez avoir au moins 18 ans pour rouler en trottinette électrique, à défaut de posséder un permis de conduire un scooter. Et ne jamais dépasser 20 km/h.

Financée par Google et Uber, l’entreprise Lime, implantée dans environ 150 villes dans le monde, a obtenu son permis de la Ville le 5 août, un mois après avoir eu le feu vert de Québec.

Elle a entrepris, au cours des derniers jours, le marquage au sol des places réservées au stationnement de ses trottinettes à Montréal, deuxième municipalité canadienne où elle s’est enracinée après Calgary, le mois dernier. Les emplacements sont faciles à reconnaître : une trottinette blanche est dessinée sur la chaussée, entre deux places de stationnement ou au coin d’une rue.

Chacun des 239 sites autorisés par la Ville peut accueillir un maximum de quatre engins électriques, en position debout.

Les utilisateurs doivent photographier leur trottinette dans l’application de Lime à la fin de leur trajet pour prouver qu’elle est stationnée dans un endroit permis par Montréal.

RÈGLEMENT « TRÈS SÉVÈRE »

« On a un règlement très sévère qu’on compte bien faire appliquer », affirme le conseiller Éric Alan Caldwell, responsable de la mobilité au sein de l’administration municipale. Accompagné par la conseillère Sophie Mauzerolle, M. Caldwell avait convoqué les médias dans le Vieux-Montréal, hier midi, pour rappeler les règles mises en place.

« Toutes les informations seront dans l’application [de Lime], dit-il. On a un règlement où on responsabilise les opérateurs. On veut que les opérateurs s’assurent que le déploiement se fasse bien et que ces véhicules circulent de façon ordonnée. »

La Ville va évaluer la situation et ajuster son règlement au besoin, dit M. Caldwell.

« Le comité exécutif, qui se réunit chaque semaine, peut revoir la situation s’il y a des problèmes, assure l’élu. On fera des ordonnances pour moduler le règlement, s’il le faut. Mais on demande à tous les Montréalais de bien observer le phénomène, de nous faire parvenir leurs commentaires. C’est un nouveau mode de mobilité qu’on teste. Si ça ne se passe pas à notre goût, on réajustera le tir. »

L’arrondissement de Ville-Marie et Westmount seront les premiers secteurs à accueillir les trottinettes. Ils seront suivis par Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension et Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, dans les prochains jours, puis par ceux de Rosemont–La Petite-Patrie et de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Les autres arrondissements devraient s’ajouter l’an prochain, si le permis est reconduit.

PARTAGE DES INFORMATIONS

Comment Montréal fera-t-il respecter son règlement ?

« C’est aux opérateurs de bien donner les informations », répond M. Caldwell.

Les citoyens peuvent faire un signalement si une trottinette est mal garée ou abandonnée dans un endroit interdit. M. Caldwell dit l’avoir lui-même fait à quelques reprises pour signaler des vélos électriques Jump de l’entreprise Uber.

À la suite d’une plainte, les opérateurs, que ce soit Jump ou Lime, ont deux heures pour enlever le véhicule abandonné à un mauvais endroit.

Ils doivent aussi transmettre à la Ville les plaintes reçues, de même que tous les déplacements.

La Ville se réserve le droit de donner des amendes pour des trottinettes mal stationnées. Mais c’est à la police de faire appliquer le Code de la sécurité routière.

Pour l’instant, Lime est le seul opérateur à détenir un permis d’exploitation de trottinettes électriques à Montréal.

DES RATÉS DANS LE MONDE

Ailleurs dans le monde, où Lime est implantée, le déploiement de ces engins électriques a connu de nombreux ratés et continue à faire débat.

À Paris, un homme de 25 ans est mort en juin après avoir percuté un camion sur sa trottinette électrique. Une association de défense des victimes dénonce « l’anarchie urbaine » et demande des règles plus sévères pour mettre fin à la « loi de la jungle ». 

Elle se dit prête à lancer une action en justice contre la mairie de Paris en raison d’une législation insuffisante. Des membres de cette association devaient rencontrer des responsables du ministère de la Transition écologique et solidaire, hier, pour leur faire part de leur position.

Où garer sa trottinette Lime ?

À compter d’aujourd’hui, il est possible d’abandonner son engin électrique loué aux emplacements désignés par la Ville dans l’arrondissement de Ville-Marie, de même que dans la municipalité de Westmount. D’ici deux jours, d’autres zones s’ajouteront dans les arrondissements de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension et de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. Et d’ici quelques semaines, il sera possible de déposer sa trottinette dans Rosemont–La Petite-Patrie et Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Avis aux utilisateurs : ce ne sera pas permis ailleurs. Du moins, pas cette année. La saison prendra fin le 15 novembre 2019 et reprendra le 15 avril 2020.

Les règlements

Porter un casque

Avoir 18 ans ou détenir un permis de scooter

Ne pas rouler à plus de 20 km/h

Ne pas circuler sur les trottoirs

Ne pas emprunter des routes où la vitesse permise excède 50 km/h

Déposer sa trottinette à un emplacement permis par la Ville

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