SORTIE DE ZONE ÉPISODE 11

Faut-il rétrograder Kotkaniemi ?

Le dossier Jesperi Kotkaniemi en long et en large. Où en est-on dans son développement ? Devrait-il passer un peu de temps dans la Ligue américaine ou encore être envoyé au Championnat du monde junior ? Et à quoi s’attendre de Ryan Poehling ? Dans cet 11e épisode de notre balado Sortie de zone, Alexandre Pratt et Jean-François Tremblay, de La Presse, discutent avec l’animateur Mario Langlois et le journaliste Jeremy Filosa, du 98,5 FM. Parmi les sujets du jour : Keith Kinkaid est-il l’adjoint dont le Canadien avait besoin ? Le coup de poing gratuit de Milan Lucic a-t-il été suffisamment sanctionné avec une suspension de deux matchs ? Aussi, que penser du geste de Jakob Voracek, qui a annulé un avantage numérique des Flyers de Philadelphie grâce à son honnêteté ?

Ryan Poehling

Après Laval, le Centre Bell

Ryan Poehling ne voulait pas aller à Laval, mais par un heureux hasard de la vie, c’est dans un hôtel de Laval qu’il a reçu l’appel qui allait le sortir de là pour le ramener à Montréal.

« Je ne m’attendais pas à ça, a expliqué le jeune attaquant au terme de l’entraînement de lundi. C’était jour de congé [dimanche] et j’étais à l’hôtel avec des amis, on jouait à Fortnite et j’ai appris la nouvelle. Ça m’a surpris… »

C’est en plein ce dont rêvait Poehling, pour des raisons de hockey avant tout : sortir de Laval.

Ainsi, après 13 matchs dans la Ligue américaine avec le Rocket, l’attaquant de 20 ans aura mardi soir l’occasion de revenir sur les lieux de son plus grand triomphe à titre de joueur professionnel : le Centre Bell, là où il avait enfoncé quatre buts dans le filet des Maple Leafs de Toronto lors du dernier match de la dernière saison, en avril.

Les Bruins de Boston seront les visiteurs cette fois, mais dans ce cas-ci, l’identité de la visite importe bien peu, puisque Poehling attendait ce moment avec une grande impatience de toute manière.

Il faut dire que le jeune homme ne pouvait croire qu’un détour par la Ligue américaine allait lui être imposé, et il a d’ailleurs admis que c’est un peu en faisant la gueule qu’il est allé faire ce détour.

« J’ai connu un début de saison un peu lent avec le Rocket parce que je n’avais pas la tête à la bonne place. J’étais fâché d’être là, et ça a affecté mon jeu lors des deux premières semaines. Mais quand j’ai réalisé que ça ne me donnait rien d’être en colère, ça s’est mis à mieux aller. »

— Ryan Poehling

On peut en effet parler d’un début un peu lent de la part de Poehling avec le Rocket cette saison : trois buts, deux aides, et puis c’est tout. Voilà, on en conviendra, des chiffres qui ne sont pas dignes d’un choix de premier tour. De l’avis de Poehling lui-même, ce faux départ n’est pas attribuable à cette commotion cérébrale qu’il a subie lors du camp d’entraînement du Canadien en septembre.

« C’est surtout l’aspect psychologique de la blessure qui m’a affecté, parce que d’un point de vue physique, je me sentais bien. Mais je sais que je n’étais pas moi-même lors de ces deux premières semaines de jeu, et Joël [Bouchard] m’a aidé avec son attention aux petits détails là-bas lors des entraînements. »

« La blessure l’a retardé »

Est-ce que tout cela va rapporter ? Personne ne s’attend à ce que Poehling marque trois ou quatre buts tous les soirs, mais chez le Canadien, à tout le moins, on s’attend à quelque chose.

« On sait tous de quoi il est capable, a expliqué l’entraîneur-chef Claude Julien. Si ça n’avait pas été de cette blessure, il aurait probablement commencé la saison ici avec nous. La blessure l’a retardé un peu, mais on a pu remarquer de bonnes choses dans son jeu lors de son passage avec le Rocket. »

S’il faut se fier à ce que l’on a pu observer à l’entraînement, Poehling patinera mardi soir en compagnie d’Artturi Lehkonen et de Paul Byron avec le troisième trio. On peut, bien sûr, se demander si c’est une bonne idée que de lancer dans la mêlée un jeune premier avec deux joueurs qui se cherchent – Byron a trois points depuis le début de la saison, Lehkonen en a cinq –, mais c’est ce qui a été décidé. Pour le moment, du moins.

Poehling, lui, est juste content d’être ici.

« Les trois, on joue en ligne droite et on joue de manière simple, a-t-il répondu en parlant de son trio. C’est bien qu’on ait tous un peu le même style de jeu, je vais savoir où les trouver sur la glace. Mais en premier, on doit tout faire pour aider l’équipe. »

Kotkaniemi bientôt de retour ?

Jesperi Kotkaniemi n’a pas pris part à l’entraînement d’hier, mais il a tout de même patiné en solitaire avant le reste du groupe, ce qui laisse croire que son absence ne devrait pas trop durer. Blessé à l’aine, l’attaquant finlandais n’a pas joué depuis le match de mercredi dernier en Arizona. « Il semble avoir perdu de la confiance à l’attaque, alors on lui dit de s’amuser, a expliqué Claude Julien. Je pense qu’à un moment donné, il va retrouver cet aspect de son jeu. » En plus de Kotkaniemi, Jordan Weal va probablement rater le match de ce soir, puisque tout indique qu’il sera rayé de la formation face aux Bruins.

Match numéro 1200 pour Julien

Pour Claude Julien, le match de ce soir sera le 1200e de sa carrière en saison. Spécial ? Pas tant, s’il faut se fier à la réaction de l’entraîneur-chef sur le sujet hier. « D’un côté, ça passe vite, d’un autre côté, je me sens très chanceux d’être encore capable de diriger une équipe de la LNH et de faire ce métier-là, a dit Julien. Honnêtement, quand vous êtes en mesure de rester dans cette ligue aussi longtemps, c’est parce que vous êtes entouré de bonnes personnes. »

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