Chronique

Sortir de son cocon ouaté !

J’ai fait tout mon secondaire dans une petite école privée à Québec, dans un milieu, disons-le, privilégié. Un vrai cocon ouaté, quasi pure laine, avec un lac et des pentes de ski à proximité.

La docusérie 180 jours de Télé-Québec, toujours aussi pertinente et intelligente, montre exactement comment ça se passe à l’opposé du spectre, dans une grande polyvalente montréalaise de 1200 élèves, érigée en plein cœur d’un milieu pauvre, 100 % béton.

Pour sa deuxième saison, qui s’amorce demain à 20 h, 180 jours quitte la polyvalente Gérard-Filion de Longueuil pour s’installer à l’école secondaire Saint-Henri, dans le quartier défavorisé du même nom, que Gabrielle Roy a immortalisé dans son roman Bonheur d’occasion.

Jeunes obsédés par Fortnite, retards en cascade, élèves non médicamentés qui se couchent à des heures impossibles et cellulaires omniprésents, les journées ne se ressemblent jamais dans cette polyvalente fréquentée par une clientèle multiethnique.

Au deuxième épisode, une situation de plus en plus commune, hélas !, irritera – c’est un euphémisme – la direction de l’école. Après les heures de classe, 24 élèves ont encerclé un de leurs camarades, près des casiers, pour l’intimider et lui cracher dessus. Vingt-quatre jeunes contre un seul, je le rappelle.

Les caméras de surveillance ont capté la rixe et les 24 fautifs ont été suspendus. Avertissement : ce que vous lirez par la suite vous enragera probablement. Lors d’une rencontre contre l’intimidation organisée par la direction de l’école Saint-Henri, et à laquelle un policier du Service de police de la Ville de Montréal a participé, les parents des 24 fautifs se sont braqués. Montrez-nous des preuves ! Nos enfants nous disent que ce n’est pas vrai ! On veut voir la vidéo !

Bref, selon ces parents, le flic et le directeur ont tort. Et leur progéniture est complètement innocente. C’est franchement décourageant. D’autant plus que vous verrez la fameuse vidéo incriminante dans l’épisode.

Pour le moment, deux « personnages » de 180 jours ressortent clairement du lot. Il y a d’abord l’éducateur spécialisé Patrick Huot, un sympathique barbu tatoué qui a grandi dans Saint-Henri et qui a même participé aux manœuvres de réanimation d’une élève en arrêt cardiorespiratoire au premier épisode.

Puis, il y a la directrice adjointe en adaptation scolaire, Roxane Lincourt, une femme sévère, mais aimante, qui ne tolère pas que ses ouailles lui en passent des petites vites. Elle est super attachante.

Plusieurs portions de 180 jours nous transportent dans des classes d’accueil, où des ados nés en Iran, au Brésil ou en Corée apprennent le français.

L’histoire d’immigration d’une famille du Tchad vous serrera le cœur. Pour éviter un mariage forcé à sa fille adolescente, une mère a dû déraciner son fils et attend toujours l’arrivée de son mari à Montréal. Comme quoi ces histoires horribles ne se produisent pas que dans District 31. Vraiment, 180 jours, c’est de la bien bonne télévision.

En direct de quelqu’un !

Non, Radio-Canada ne diffusera pas de reprise. Et oui, il y aura un invité ou une invitée dans le fauteuil d’En direct de l’univers samedi à 19 h. Mais qui ? Bonne question. L’équipe de France Beaudoin se décarcasse depuis lundi pour rebâtir une nouvelle émission de A à Z.

« Patrick Bruel, on était là-dessus depuis six mois, a confié l’animatrice et productrice d’En direct de l’univers, France Beaudoin.. C’était un gros show. C’est la première fois que ça nous arrive en 11 saisons. Mais le téléphone sonne sans arrêt depuis hier. Les artistes appellent pour offrir leurs services et nous dépanner. »

« Présentement, nous avons assez de stock pour faire un show samedi. » — France Beaudoin

La question délicate, maintenant. France Beaudoin aurait-elle été à l’aise d’accueillir un artiste comme Patrick Bruel, que la police a récemment interrogé pour une affaire d’exhibitionnisme et de harcèlement sexuel ? « Ça allait de soi, de part et d’autre, qu’il fallait laisser le processus judiciaire aller. Nous ne sommes pas une émission de hot seat », rappelle France Beaudoin.

Gros lundi de rentrée

Le temps plus frais, en comparaison avec la chaleur du début de septembre 2018, a encabané les téléspectateurs, qui ont renoué massivement avec leurs émissions préférées lundi soir. District 31 a conservé son titre de champion toutes catégories avec ses 1 523 000 accros. La popularité du feuilleton policier ne se dément pas.

À 19 h 30, surprise, Discussions avec mes parents de Radio-Canada (956 000) a battu Boomerang de TVA (931 000). À 20 h, 1 147 000 mordus ont retrouvé L’échappée de TVA et assisté au grand retour de Noémie Francoeur (Anick Lemay) à Sainte-Alice-de-Rimouski. À Radio-Canada, Une autre histoire a rivé 728 000 personnes à leur écran. Puis, à 21 h, Alerte Amber de TVA a franchi de justesse la barre du million (1 001 000), contre 660 000 fans qui ont préféré Ruptures à Radio-Canada.

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